samedi 31 décembre 2011

Les vrais enjeux

Continuons d'écouter les visions de nos conseillers afin de justifier leurs dépenses.  D'abord, M. Mailhot:


Les «ti-n-enfants»

«Une ville ça ne s'arrête pas à des travaux d'infrastructures.  Une ville, il faut que ça desserve tout le monde.  On a des enfants.  Si on n'a plus d'enfants, pis si on n'y voit pas à nos enfants, je pense qu'il n'y aura plus de ville.»

S'il y a une dépense dans une municipalité dont tout le monde profite, ce sont les infrastructures.  Pire encore, ce sont les seules dépenses que les citoyens ne peuvent faire eux-même;  En fait, c'est probablement la raison première pour laquelle les gens se sont réuni en groupe qu'on appelle «municipalité»: partager les coûts des infrastructures.

Mais qu'advient-il des «ti-n-enfants»?  Une excuse très populaire auprès de nos élus pour venir nous chercher quelques larmes.  C'est tellement disgracieux.  Premièrement, qu'on le veule ou non, les enfants profitent des infrastructures directement et indirectement, comme tout le monde à Granby.  Deuxièmement, les citoyens sont capables de s'occuper de leurs enfants par eux-même (surtout en terme de loisirs).  D'ailleurs, plusieurs le font dans des domaines que la Ville ne touche pas (ex.: les écoles privées de danse ou de karaté) et pourtant ces gens paient les mêmes taxes que tout le monde.  Quand on nous parle d'équité, on oublie souvent ce point.  Pire encore, pour ces commerces, les loisirs de Granby est un compétiteur subventionné.  Je vous rappelle que les loisirs de Granby termine souvent l'année (pour ne pas dire toujours) avec un déficit comblé avec le budget de la Ville.  Les commerçants doivent non seulement éviter les déficits, mais ils doivent aussi faire un profit s'ils veulent survivre (et nourrir leurs «ti-n-enfants»).

C'est bien beau nous servir l'excuse des «ti-n-enfants», mais je vous rappelle que le discours de M. Mailhot est en réaction à celui de M. Bonin qui s'oppose à la place publique.  Revoyez les coûts de la place publique:  8 M $.  Vous pouvez voir les détails du projet ici.  Lisez bien ce projet, essayez d'imaginer qui va profiter de cette place publique - les commerçants (avec la terrasse pour le quartier FC et le marché public) et pour le reste, cet endroit sera en compétition avec les parc Daniel-Johnson (patinoire, jeux d'eau, etc.), Victoria (pique-nique) et boisé Miner (nature) - et dites-vous que ça va coûter 8 M $.  C'est beaucoup 8 M $.  On en fait des choses avec 8 M $.  Le boisé Miner (250 acres) a coûté 7,5 M $, INCLUANT un golf et 200 acres de terrains zonés blancs avec bâtiments.

Des parcs -  naturels, avec infrastructures sportives, de quartier, pour les grands rassemblements -, on est loin d'en manquer à Granby.  Ce sont des DIZAINES de millions de dollars qui ont été investi depuis 5 ans.  Et la ville de Granby était déjà reconnue comme «la ville des parcs et des fontaines».  8 M $ supplémentaires sont-ils vraiment nécessaires?  Et on veut aussi développer (en parc) une rive de la rivière Yamaska au centre-ville, un projet dont on ne connait pas toute l'ampleur encore.

À votre avis, les «ti-n-enfants», lorsqu'ils payeront les dettes que vous leur laisserez, préféront-ils avoir une place publique et de l'eau dans leur sous-sol ou avoir les pieds au sec et être obligés de se «contenter» des parcs Daniel-Johnson, Victoria, boisé Miner, Terry-Fox, Dubuc, Avery, Pelletier, ... ?

Il faut garder l'oeil sur la balle et ne pas perdre de vue les enjeux.

vendredi 30 décembre 2011

Conséquences de signer un registre

Voici une vidéo tirée de la séance du 19 décembre dernier, alors qu'on parlait d'un emprunt global pour plusieurs projets de 2012, dont la place publique.  Le registre contre cet emprunt devrait, se tenir les 11 et 12 janvier prochains (malgré que, officiellement, l'avis public n'a toujours pas été publié):


Un règlement d'emprunt, ça se change

Au début du vidéo, Pascal Bonin nous dit qu'il a demandé aux autres conseillers de faire deux règlements d'emprunts séparés, un pour la place publique et un autre pour les infrastructures; ce qui a été refusé par les autres conseillers.

Qu'arrivera-t-il si suffisamment de personnes signent le registre?  Les conseillers devront revoir leur décision et une des options possibles serait qu'ils décident de faire deux règlements d'emprunt distincts et ainsi tenir deux nouveaux registres.  Naturellement, ils pourraient aussi décider de ne plus faire certains projets cette année ou même de payer comptant et ainsi ne pas avoir à tenir de registre.  Ils peuvent aussi décider de tenir un référendum afin de demander démocratiquement l'appuie de la population sur leur projet de règlement d'emprunt.  Dans ce cas, advenant qu'une majorité de la population ne souhaite pas supporter les élus dans ce projet d'emprunt, nous revenons à la case départ:  Les conseillers peuvent choisir de faire deux règlements d'emprunt distincts, éliminer certains projets ou les payer comptant.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que signer le registre - même voter contre le règlement dans un éventuel référendum - ne signifie pas l'abandon de TOUS les projets prévus dans le dit règlement.  Ça signifie simplement que les conseillers doivent revoir leur décision sur la façon de FINANCER le projet.  Je vous rappelle qu'il vous est impossible d'empêcher un conseil de faire un projet ... à condition qu'il le paye comptant, c'est-à-dire qu'il vous présente la facture (En fait, il peut le faire aussi avec des emprunts de moins de 5 ans, ce qui est logique puisqu'ils sont élus pour 4 ans et qu'avec de tels emprunts, le conseil devra en défrayer la majeure partie des coûts durant son mandat).

Les mensonges de Richard Goulet

Ça continue, Richard Goulet nous raconte encore une perception tordue de la réalité:

«La seule fois en 6 ans qu'on a séparé les registres, les dépenses, ç'a été l'an passé alors qu'on a fait la caserne de pompier, ça été la seule fois.»

Voici la liste des registres pour 2010 et 2011, selon ce que j'ai recensé sur ce blog.  Il y a eu 13 registres sur 2 ans, dont celui de l'aréna où il y a eu suffisamment de signature pour forcer le conseil à revoir sa décision.

2010:

28 et 29 janvier (pour l'aréna; il y a eu 1519 signatures)
11 et 12 mai (2 registres distincts; 1 troisième a été annulé et reporté aux 26 et 27 mai)
26 et 27 mai (2 registres distincts)

2011:

13 et 14 janvier (2 registres distincts)

Le simple fait qu'un élu ment d'une façon aussi flagrante qui induit la population en erreur, c'est qu'il a une idée derrière la tête et je ne lui fait confiance.

jeudi 22 décembre 2011

Étape 1: Reconnaître le problème

Richard Goulet fait de l'intimidation.  Pour se corriger, encore faut-il qu'il reconnaisse qu'il a un problème.

Rappelons les faits:

À la séance du 7 novembre, le citoyen Richard Dubé fait une intervention à la période de questions;

Le 9 novembre, j'ai écrit le blog intitulé:  «Respect du citoyen»;

La même journée, un membre du conseil de quartier #2 (dont je fais partie, tout comme Richard Dubé) envoyait ce courriel à tous les membres:

Monsieur Denny, tout à fait d'accord avec vos propos !!

Monsieur Normand
[Le président du conseil de quartier #2],

À la séance, j'étais là.

Je crois qu'il importe, cette fois, que les membres et participants du conseil de quartier no 2 s'expriment de quelconque façon. Ça a été Richard, ça pourrait bien être un autre ou une autre l'attitude de monsieur le maire est tout à fait I-N-A-C-C-E-P-T-A-B-L-E.

Est-ce que les conseillers comptent intervenir seule ou collectivement ? J'en doute.

Je propose une réunion virtuelle :

a. Je lève ma main pour préparer une lettre adressée à monsieur le maire
b. ou au conseil
c. ou à chacun des conseillers.
d. Lettre déposée au Service juridique
e. avec cc. à la Lettre d'opinion de La Voix de l'Est
f. lettre signée par monsieur le président du conseil de quartier avec l'approbation, unanime j'espère, des membres et participants.
g. ne pas oublier Lise.
h. pour publication entre le 23 et 26 novembre.
i. permettez-moi de vous offrir un premier jet d'ici lundi le 14 novembre. Il resterait une dizaine de jours pour la corriger.
j. cette lettre pourrait être lue et déposée en séance publique de décembre par la conseillère du quartier 2.
k. que demande-t-on ? des excuses. Ça dépend surtout de Richard.

Monsieur Normand, membres, participants, s.v.p. me transmettre vos commentaires. Merci !

Les gens ont tellement réagi à ce courriel, que le conseil à dû tenir une séance extraordinaire pour discuter uniquement de ce point.

Une lettre a été écrite et approuvée par le conseil et le président l'a lue à la période de questions du 5 décembre.  Sur le coup, le maire n'a eu aucune réaction.

Le 19 décembre dernier, Richard Goulet a fait une «mise au point».  Ce sera le sujet principal de ce blog.  Mais il y plus.

Tout d'abord, prenons le temps de voir l'intervention complète de M. Dubé.  Je la commenterai à mesure de façon à vous faire remarquer les points importants à retenir lorsque vous écouterez les commentaires de Richard Goulet.


Notez que M. Dubé n'a que bons mots pour les conseillers.  Il ne les traite pas comme des «tapis de porte».


J'arrête ici pour faire remarquer le petit commentaire de Richard Goulet qu'on entend en bruit de fond.  Au propos de M. Dubé qui dit «Il nous donne des renseignements, je ne sais pas où il les prend», Richard Goulet dit: «Ah! On en a une idée, nous autres».  Une bête tactique pour déstabiliser son interlocuteur.  En ce qui concerne les insinuations du maire, j'y ai déjà répondu dans le blog «Ça va faire, les théories de complot!». 


OK, le visage de l'homme que vous voyez plus haut, ce n'est pas celui d'un homme qui se sent insulté, mais bien celui d'un homme qui s'amuse.


Ici, on commence à entrer dans le domaine de l'intimidation soit mettre de la pression en imposant sa force, son autorité.  La réplique du maire est tout à fait inappropriée.  C'est le président de l'assemblée qui dirige l'assemblée (c'est-à-dire qu'il décide qui a le droit de parole et à quel moment), mais le citoyen peut s'adresser à n'importe quel membre du conseil et ce dernier peut choisir de répondre ou de ne pas répondre, mais seulement lorsque le président lui aura donné le droit de parole, s'il le fait.  Mais M. Goulet interprète les choses comme ça l'arrange et, encore une fois, ça permet de déstabiliser son interlocuteur (en d'autres mots, l'intimider).


Jusqu'ici, je crois que M. Dubé est parfaitement poli et d'un calme exemplaire, malgré que, avouons-le, il ne reçoit aucune réponse pour le rassurer sur le processus de décision du conseil puisque tout est confidentiel et que même la conseillère de son quartier n'est pas au courant de la situation.

À partir d'ici, voyez maintenant comment c'est l'attitude du maire qui change, qu'il tient des propos de plus en plus condescendant et que le visage souriant qu'on a vu précédemment est complètement disparu.


À partir de ce moment, ce que vous allez entendre ce sont des propos d'un homme déstabilisé et c'est pourquoi ils semblent si confus.  De plus, pour bien comprendre la difficulté de s'exprimer à la période de questions, je vous rappelle les mots de madame Leduc Berthiaume:

«Mais la majorité de la population, la grosse majorité, n'a pas leurs moyens. Elle subit, sans avoir la compétence pour s'exprimer. Je le sais, j'en fais partie. L'exercice à lui seul demande un bon bagage de vocabulaire de style argumentatif que la plupart d'entre nous ne possédons pas. S'exprimer correctement est un jeu auquel il faut être entraîné et malheureusement nous, le petit peuple, n'avons ni le temps, ni le mode de vie ou la formation pour l'exercer.

Exprimer notre mécontentement avec nos mots nous fait paraître comme des émotifs qui disent n'importe quoi et nos propos sont alors évalués comme sans valeur, ni fondement. En d'autres termes, on nous prend pour des cons. »

Garder cela en tête en regardant le prochain extrait:


Est-ce que M. Dubé a été impoli ou a exprimé de la hargne?  Je ne vois rien de cela.  Il est cordial, son ton est calme et respectueux.  En ce qui concerne le maire, je vous laisse juger.  Notez aussi que ce n'était pas la première fois que le maire faisait de l'intimidation et j'oserais dire qu'il n'était pas à son pire non plus.

Le point de vue du maire

Après avoir été accusé d'intimidation par le conseil de quartier #2, le maire a fait une «mise au point».  Je vous rappelle que certains membres, même si le conseil ne l'a pas exigé, aurait voulu entendre des excuses de la part du maire.  Voyez la voie qu'il a plutôt choisie.


De qui parle-t-il?  Jamais M. Dubé a traité un membre du conseil comme «un tapis de porte sur lequel on vient s'essuyer les pieds parce qu'il n'était pas d'accord avec eux».  En fait, il reprend exactement les reproches que le conseil du quartier #2 lui fait et les renvoie vers les citoyens, sans aucun fondement.


Ce citoyen qu'il donne en exemple, est un autre membre de conseil de quartier #2 et je connais donc son opinion sur le sujet.  Ce qu'il demandait c'était «Est-ce qu'il serait possible, avant de recevoir un projet bien attaché, bien ficelé, comme on aime souvent peut-être en préparer par les gens en place à l'hôtel de ville, de lancer une consultation publique pour aller chercher les intérêts, les souhaits, les idées de la population?»  Lorsque Richard Goulet répond qu'il y pensera, on sait tous que c'est faux.  Il ne la jamais fait par le passé et avec les propos tenus par M. Ruel à l'émission Mise à jour, il est clair que ce n'est pas avec la bibliothèque qu'il commencera.  Mais confronter le maire avec cette réalité en période de questions est quelque chose de difficile et Richard Goulet est bien content lorsque les citoyens n'osent pas poser trop de questions, disons, plus incisives (ce qui ne veut pas dire «impolies»).


Encore une fois − vous avez vu l'intervention complète de M. Dubé − à qui fait référence M. Goulet?  Qui a insulté qui?  Pire:  Avec quel conseiller est-ce que M. Dubé a exprimé un désaccord?  Tout ça n'est que de la pure fabulation afin de détourner l'attention qui est sur lui.


Jamais M. Dubé a parlé du golf Miner, des terres Miner ou des dettes dans son allocution.  C'est notre maire qui mélange tout et met tout le monde dans le même panier.  Pour lui, un chialeux, c'est un chialeux et ils sont tous pareil.

Lorsque M. Dubé qualifiait la Ruche de «nid à feu», je crois que tout le monde a clairement compris qu'il imageait la désuètude du bâtiment versus les centres culturels des autres villes et personne, absolument personne, ne s'imagine que la Ruche est un édifice qui est propice aux incendies.  Un ton hargneux, choqué, fâché?  Revoyez la vidéo.  M. Goulet n'a visiblement jamais vu M. Dubé choqué.


Ici, j'arrête la vidéo et je saute par-dessus la lecture de ce rapport.  Non seulement c'est long et inutile, mais c'est d'une condescendance incroyable.  Comme je l'ai dit plutôt, personne ne s'imagine que la Ruche représente un danger d'incendie, tout le monde avait compris l'image de M. Dubé.  Avoir fait perdre le temps au directeur des incendies pour faire ce rapport (il a dû aller faire une visite sur place pour ce rapport) n'est qu'un autre témoignage du gaspillage des fonds publics fait par Richard Goulet.


Ça, c'est user de son autorité pour intimider le monde.  Il n'y a rien dans ces propos d'invitant à aller se présenter à la période de questions.


Voilà, ça ce termine sur ces mots:  «Pour ce qui en est du blogueur de La Voix de l'Est, je m'arrangerai avec son patron.  Pour la recherche qu'il fait, j'ai rien à dire sur lui.»  Intimidation?  Quelle intimidation?  En passant, le regard que vous voyez à la fin du vidéo, il semble être dirigé vers la table des journalistes.

Voilà ce sont les propos que vous avez lu dans les différents journaux.  Mais attendez, il y a pourtant eu une intervention à la 2e période de questions.

En suivant la séance du conseil, je ne pouvais accepter que Richard Goulet banalise à ce point l'intervention que nous avions fait.  Je ne pouvais accepter qu'il ait encore usé de tactiques que certaines personnes qualifieraient de fourberies en prenant nos propres propos et les utiliser contre les citoyens qui osent s'affirmer.  Plus que jamais, je me sentais intimidé, comme un petit garçon de 8 ans qui se fait niaiser par les plus vieux dans la cour d'école.  Mais je n'ai pas 8 ans et il fallait dénoncer ça au plus tôt, car je voyais dans ma tête toutes ces personnes que je rencontre et qui disent constamment: «Je ne suis pas d'accord, mais je ne veux pas parler ou écrire des lettres car je ne suis pas capable et je n'aime pas me faire niaiser.»  Il venait de les faire taire à jamais.  J'ai donc agit:


Malgré que j'ai été poli et respectueux, le maire m'a menacé de me couper la parole - j'appelle ça de l'intimidation - et après avoir répondu à une question qui demandait un simple oui ou non, il a continué à parler tout seul devant une tribune du citoyen vide, s'adressant non seulement à moi, mais à toute personne qui s'oppose à sa façon de gérer, les invitant, à peine à mots couverts, de rester chez eux et attendre la prochaine élection.  Ça, j'appelle ça de l'intimidation.

Mais ça, les journalistes ne l'ont pas mentionné.  Ils n'ont sûrement pas été intimidés par le « je m'arrangerai avec son patron », ce fût probablement un oubli.

mardi 20 décembre 2011

Les assurances du golf

Rappelons d'abord de quoi on parle.  Le chalet du golf que la Ville de Granby a acheté en 2007 avec les terres Miner a brûlé le 7 janvier dernier.  Selon le bail de location entre la Ville et le club de golf Miner, le club avait l'obligation d'assurer la propriété, car la Ville ne voulait subir aucun dommage en cas d'accident.

Le club de golf a effectivement reçu un chèque de 230 000 $ de la part de son assureur.  Or, la Ville n'a pas exigé d'être dédommagé pour sa perte.  Il n'y aucune résolution à ce propos et une ville ça parle par résolution.  À l'aide de sources qui veulent demeurer anonymes et de plusieurs demandes d'accès à l'information, j'ai pu mettre à jour ces faits qui n'ont jamais été divulgués publiquement et dont même la majorité des conseillers n'étaient pas au courant.

Après un questionnement des journalistes, le maire et le directeur général ont tentés de banaliser l'affaire en disant que l'argent avait servi à acheter de l'équipement et que, dans une entente à venir, ces équipements seront donnés à la Ville de Granby (enfin, ça reste encore à voir si cela arrivera, j'y reviendrai).

Le problème c'est qu'il n'y a aucun document public de ces achats.  En avons-nous pour notre argent?  Y a-t-il eu des appels d'offres?  Encore une fois, il n'y a aucune résolution.  Dans les faits, au mieux, ce qui  se passe c'est qu'on a contourné le processus d'achat légitime qui devait être public; Au pire, on aura donné la valeur de notre bâtiment au club de golf Miner.

Le maire, s'apercevant qu'il était de plus en plus dans l'eau chaude décide en pleine séance publique, le 5 décembre dernier, que le chalet n'appartient pas à la Ville, mais bien au club de golf.  Au départ, on comprend que le chalet ne nous appartient pas pour des fins d'assurance, mais que nous sommes tout de même les propriétaires:


Par la suite, Richard Goulet déclarera que le club de golf est le propriétaire du chalet:


Finalement, après une demande de précision de ma part, on nous dira «Je pense que c'est ça»:



Résumé des faits

22 mai 2007


Le vendeur vend à l'acheteur, tous ses droits, titres et intérêts qu'il a ou pourrait prétendre avoir dans les immeubles dont les désignations suivent:

(...)

Site 3 et 4, 155, rue Lyman, Granby (Québec).

(...)

Sachez, qu'après consultation auprès d'un notaire, chaque désignation cadastrale est présumée inclure les bâtiments. Mais, pour les sceptiques, continuons.  Quel sont ces droits, titres et intérêts que le vendeur avait?  Lisons un peu plus loin:

2.  ORIGINE DU DROIT DE PROPRIÉTÉ

Le vendeur, Miner Estate Granby Holdings Inc., est propriétaire de l'immeuble pour l'avoir acquis aux termes des actes suivants:

- De Alice Joan Redpath Markham aux termes d'un acte sous seing privé signé le 30 décembre 1998 et publié au bureau de la publicité des droits de la circonscription foncière de Shefford, le 4 juin 1999 sous le numéro 410 714.

(...)

Allons voir ce contrat.  À la fin de la description des lots, on peut lire:

With the buildings thereon erected, including those bearing civic numbers 100 Mountain Street, 155 Lyman Street and 92 Robitaille Street, in Granby, Province of Quebec, members and appurtenances.

C'est on-ne-peut-plus-clair, les bâtiments du 155 Lyman (le chalet du golf) sont inclus dans le titre de propriété.  Ce n'est donc pas le club de golf qui est le propriétaire.

7 juillet 2008

Dans la résolution 08/07/0707, la ville déclare:

ATTENDU QUE la Ville de Granby est devenue propriétaire du terrain de golf opéré par le Club de golf Miner inc. et des bâtiments s’y trouvant lors de l’acquisition en 2007 des terres Miner;


13 décembre 2010

Dans la résolution 10/12/1343, la ville déclare:

ATTENDU QUE la Ville de Granby est devenue propriétaire du terrain de golf opéré jusqu’à maintenant par le Club de golf Miner inc. et des bâtiments s’y trouvant lors de l’acquisition, le 22 mai 2007, des terres Miner;

7 janvier 2011

Le chalet brûle.

15 octobre 2011


«La Ville de Granby était propriétaire de l'ancien pavillon du club de golf Miner.»

«Michel Pinault affirme que lorsque la Ville a fait l'acquisition des terres Miner en 2007, elle est devenue, par conséquent, propriétaire du terrain et du pavillon de golf

Aucun correctif ne sera apporté.

19 octobre 2011

Le Journal l'Express écrit:

«(...) la Ville n'avait pas touché de compensation pour la perte de l'ancien chalet dont elle était légalement propriétaire

«C'est ce document qui aurait donné le mandat à l'organisme sans but lucratif de s'assurer sur ses biens et sur le bâtiment dont il est locataire

«Or, cette somme n'a jamais été remise à la Ville de Granby, pourtant propriétaire des lieux.»

Aucun correctif ne sera apporté.

5 décembre 2011

En séance publique, le maire semble nous dire que le club de golf est propriétaire du bâtiment.  On vérifiera et on reviendra sur le sujet.  (Voir vidéo précédent)

Séance du 19 décembre 2011

Le maire s'est très bien préparé.  Il a cherché des façons de prouver que le bâtiment ne nous appartenait pas.  Il nous lira un texte écrit à l'avance afin de s'assurer de ne pas dire de niaiseries.  Analysons cette explication, bout par bout.  Je la commenterai à mesure.



Petite pause pour démontrer la transparence du processus:  C'est le devoir du citoyen d'enregistrer la séance  pour savoir ce que le conseil dit.  Heureusement qu'elle est télévisée.


Le maire dit: «Le juge indique à son paragraphe [50] que les bâtisses appartiennent à l'association qui opère le club de golf.»

Voyons ce que dit le paragraphe [50] du jugement:

[50] Site N03 (972 000 $): C'est un terrain de golf de 9 trous (54,51 acres) que la ville évalue à 13 632 $ l'acre. Le terrain est loué à une association, mais les bâtisses appartiendraient à l'association qui opère le club de golf.

«Appartiendraient» ce n'est pas la même chose que «appartiennent».  C'est du conditionnel présent et le Larousse 1981 nous dit:  «mode du verbe qui exprime une action éventuelle dépendant d'une condition, par ex.: "si j'étais riche, je vous aiderais"; ou une simple supposition, par ex.: "j'y retounerais les yeux fermés"».  Je crois que le terme «supposition» est celui qui s'applique ici.

De plus, le paragraphe [47] nous dit que ce sont «quelques commentaires sur chacun des sites, commentaires que je tire du rapport.»  Le rapport en question a été écrit par M. Claude Métras, un évaluateur agréé, donc ce n'est ni un notaire, ni un avocat.

Continuons:


Deux choses importantes:  Richard Goulet nous dit qu'il lit les notes de la directrice des services juridiques (une avocate) et il nous dit aussi que: «Dans ce bail, le club de golf avait l'obligation d'assurer leur bâtiment et leurs opérations.»

Pourquoi le locateur du terrain (la Ville) obligerait le propriétaire du bâtiment (soi-disant le club de golf Miner) à assurer le bâtiment dont le club de golf est lui-même propriétaire?  Ça n'a pas de sens.  La réalité c'est que, comme pour nous tous, il est tellement évident que le bâtiment nous appartient que c'est difficile pour eux de se convaincre du contraire.

Continuons:


Encore une fois, notons ici la transparence du conseil.  On nous donne pour preuve un procès-verbal d'une séance préparatoire qui est confidentielle (selon des règles internes et non des lois gouvernementales).  On doit se fier à la parole de Richard Goulet pour savoir ce qui est écrit dans ce document.  Comme on l'a vue précédemment avec le jugement, on peut «arranger» les temps de verbe comme on veut et omettre certaines informations.

De plus, sachez que le point qui avait été soulevé le 5 décembre dernier n'était pas que les conseillers n'étaient pas au courant de «l'intention de gestion» et de «tout ce qu'on était pour faire au club de golf Miner», mais bien que les conseillers n'étaient pas au courant que le club de golf avait reçu un montant d'assurance pour le bâtiment qui avait brûlé.

Continuons:


Ici, on nous dit que la résolution du 13 décembre 2010 (voir plus haut), qui dit que la Ville se considère propriétaire des bâtiments, n'est pas contradictoire avec le fait qu'elle n'est pas propriétaire.  Mais elle sert à protéger les intérêts de la Ville ?!?  Ça n'a aucun sens.  Quels intérêts protègeons-nous en spécifiant qu'on est propriétaire d'un bâtiment, si on prétend par la suite qu'il appartient à un autre?

Continuons:


Pourquoi le club nous donnerait ses biens?  S'il était propriétaire de la bâtisse, que l'assurance lui revient de droit et qu'il nous doit rien, pourquoi nous les donner?  Pire que ça, ce n'est pas lorsque l'entente sera signée qu'ils nous donneront leurs biens, seulement en «cas de dissolution» de l'organisme.  Ça veut dire que tous les biens resteront la propriété du club de golf et rien n'empêche la Ville et le club de golf de réviser cette entente plus tard (je vous rappelle qu'elle sera d'au plus 5 ans, peut-être 1 an ou 2 ans selon le maire) et de faire sauter cette clause. Dites-moi, qui vérifiera que cette clause sera toujours là au renouvellement de l'entente?

Continons:


Voici maintenant les propos d'une avocate.  Premièrement, elle n'a pas répété les propos du maire.  C'est très important, car elle est membre du barreau et elle ne peut pas dire n'importe quoi; le maire, lui, il peut.   Deuxièmement, elle n'a pas dit que la Ville n'a pas les titres de propriété du bâtiment, ni qu'elle les a, elle n'a pas dit que le club de golf en avait et elle n'a pas dit qu'il n'en avait pas non plus!  Tout ça, c'est louche, affreusement louche.

Selon vous, la Ville était-elle propriétaire du chalet de golf qui a été incendié en janvier dernier ou croyez-vous notre maire?

En passant, voici ce que Richard Goulet faisait 5-10 minutes avant les extraits que vous avez vu:


Vive la transparence!

samedi 17 décembre 2011

Une image vaut mille mots

Je vais m'amuser à faire des petits dessins pour aider les gens à visualiser la situation financière qu'on vit présentement à Granby et vers où on s'en va.  Pour tous les dessins, vous pouvez les double-cliquer pour les agrandir.  Les chiffres présentés ne représente pas nécessairement ceux de la ville de Granby, mais ils sont d'un même ordre de grandeur.

Cas général

Voici les échanges d'argent possibles pour un conseil:


Le conseil reçoit l'argent des taxes de la population et des emprunts de la banque, puis il doit rembourser une partie de sa dette de l'année dernière (capital et intérêts) à la banque.  Le restant, il l'investit dans la ville en biens et services.  La nouvelle dette à la fin de l'année sera la somme de la dette de l'année dernière et des emprunts de cette année, moins le capital remboursé.

Ère pré-Goulet

Voici ce qui se passait avant que Richard Goulet prenne le pouvoir:


Il n'y avait pas de dette l'année précédente, on n'avait donc aucun remboursement de capital, ni d'intérêts à payer.  La dette demeurait donc à zéro et 100% des taxes était investit dans la ville.  Simple.  Notez qu'à cette époque, il y avait une croissance:  la valeur des maisons augmentait, la population augmentait et il y avait de nouvelles constructions de toutes sortes.  Notez aussi qu'on ne parle pas ici de mettre de l'argent dans un compte de banque et d'attendre pour payer les investissements.

Goulet le héros

Richard Goulet prend les commandes du navire et décide d'emprunter pour la première fois:


En emprutant, on ajoute 10 M $ aux investissements dans la ville.  Comme la dette de l'année précédente était nulle, il n'y a pas de capital à rembourser ou d'intérêts à payer.  D'un point de vue citoyen, c'est la multiplication des pains: On paye 75 M $ et on obtient 85 M $ d'investissements.

Aujourd'hui:  La vie est toujours belle

Avançons quelques années plus tard et imaginons que la dette de l'année précédente est de 40 M $.  Si les taux d'intérêts sont de 5 %, alors les intérêts à payer seront 0.05 X 40 M $ = 2 M $; aussi simple que ça.  Disons que cette même année, la banque exige que nous remboursions 5 M $ sur ce que nous devons.  Nous obtiendrons pour cette année-là:


Deux choses à noter.  La dette augmente de 5 M $ (= emprunt - capital remboursé) et nous «créons» toujours des revenus additionnels, mais beacoup moins.  Avec le même 10 M $ d'emprunt, on obtient seulement 3 M $ d'argent supplémentaire à investir (= 78 M $ - 75 M $).  Le peuple est toujours heureux et il jouit:



L'équilibre

Malgré tout, certaines personnes s'inquiètent de la dette qui augmente constamment.  Pas de problème, car un jour on atteindra un «équilibre» et la dette cessera alors d'augmenter.  Laissons le conseiller Michel Mailhot nous l'expliquer:


Illustrons ce phénomène.  Pour ce faire, imaginons que nous avons atteint 100 M $ de dette, que la banque exige 10 M $ de rembousement sur le capital et, donc, nous décidons d'emprunter 10 M $, ce qui crée l'équilibre dont M . Mailhot parle:


Magie!  La dette demeure à 100 M $!  Par contre, à ce stade, même si les citoyens donnent 75 M $ au conseil, seulement 70 M $ sont investis dans la ville car il y a les intérêts à payer sur la dette de 100 M $ de l'année dernière, soit 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  En fait, puisqu'en situation d'équilibre l'emprunt est toujours égal au remboursement, on peut complètement les éliminer de l'équation:


Ici nous avons EXACTEMENT la même situation que lorsque nous payions comptant (voir plus haut), avec la différence que nous perdons 5 M $ par année et ce, tant et aussi longtemps que nous maintiendrons la dette stable.  Si quelqu'un vous disait qu'au temps où on payait comptant, on n'investissait pas assez, aujourd'hui vous investissez encore moins, avec le même argent provenant de la population.  Si on voudrait investir dans la ville comme à cette époque, il faudrait hausser les taxes de 5 M $ pour compenser.  C'est à ce moment qu'on commence à parler de hausse de taxes, pas avant.

Naturellement, vous pouvez choisir un montant moins élevé comme dette stable (disons 80 M $), le résultat sera que vous perdrez 4 M $ par année au lieu de 5 M $; Mince consolation.  En fait, avant Richard Goulet, nous avions une dette stable: elle était «stable et équilibrée» à 0 $.

Peu importe, le peuple jouit moins fort dans ces temps-là.

Je vous vois venir, il y a des malins parmi vous! Les taux d'intérêts sont bas, c'est le temps d'emprunter!  Écoutons un expert, avec preuve à l'appui:


Wow! 2,6 %! Revoyons le tableau précédent avec une dette de 100 M $ et un taux d'intérêt de 2 % (beurrons épais):  On devra PERDRE 2 M $ par année (= 0.02 X 100 M $) au lieu de 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  Réjouissons-nous!  Un voleur est entré chez nous et il a prix le téléviseur mais il nous a laissé le système de son; Quelle chance nous avons!

Ce que notre expert a aussi oublié de mentionner, c'est que les taux d'intérêt, ça augmentent aussi.  Des taux d'intérêt à 7-8 %, ça ne sort pas de l'ordinaire.  Si cela se produit alors que nous avons déjà une dette «stable et équilibrée» de 100 M $, c'est 7-8 M $ que nous perdons chaque année et ce, sans avertissement.

Rembourser la dette

Mais je vois le brillant au fond de la classe qui lève la main et meurt d'envie de nous donner la solution au problème: On n'a qu'à ne plus emprunter pour cette année, ainsi la dette diminuera et les intérêts à payer seront diminués!  Brillant!  Voyons voir ce qui se passera:



Yikes!  La dette passe effectivement de 100 M $ à 90 M $, mais avec les 75 M $ de la population, on ne peut désormais qu'investir 60 M $ dans la ville.  Alors on peut couper dans les investissements ou augmenter les taxes pour compenser.  Ça semble pas mal moins amusant que dans le temps de Goulet.  En fait, il n'y a plus personne qui parle de jouissance à ce stade-ci, car c'est le retour du balancier.  Rien ne se crée, rien ne se perd.

Vous noterez que je dis «dans le temps de Goulet» car, effectivement, Richard Goulet ne sera plus là à ce moment-là.  Les problèmes commencerons lorsque la dette cessera d'augmenter et en ce moment elle augmente plus de 10 M $ par année et il compte le faire au moins encore jusqu'aux élections.  La magie demeure.

Le rattrapage

Voilà la bonne excuse pour emprunter: On doit faire du rattrapage.  Voyons voir ce que le conseiller Bonin avait à dire lors du dépôt du budget 2012:


120 M $ de projets à faire.  Malgré tout le «rattrapage» effectué, il y a encore des tonnes de projets à réaliser.  La réalité, c'est qu'il y en aura toujours. Vous êtes mieux de bien choisir et, surtout, bien faire ceux que vous réalisez, plutôt que d'aller au plus vite et tenter de tous les faire en même temps et être pris pour les recommencer plus tard.  Ça, ça diminue encore plus la capacité de payer des gens qui devront payer vos dettes dans le futur en plus de recommencer le travail (ex.: la rue Grove).  Gérer une ville, ce n'est pas un sprint, c'est un marathon qui ne finira jamais.

J'espère que cela facilite la compréhension de l'endettement.  Ce sont  des propos similaires - et plus encore - que vous retrouverez dans:

vendredi 16 décembre 2011

Planifier le futur

Vous savez, Richard Goulet aime s'auto-déclaré visionnaire.  Il aime nous dire à quel point il sait où il s'en va.  La réalité, c'est qu'il planifie dépenser l'argent 15 ans en avance, mais il n'a jamais établi de plan de remboursement à long terme.  Et même si quelqu'un, en quelque part, croit qu'il a un plan, chose certaine, il ne le partage pas.  Ce blog servira à démontrer ce fait.

Voici des extraits de la période de questions de la dernière séance ordinaire.  Vous noterez qu'il y a des coupures, puisque Richard Goulet aime bien répondre à côté de la question pour diriger la discussion ailleurs, là où il est plus confortable.  Afin de garder le cap sur le sujet de ce blog je n'ai gardé que l'important; Mais la majorité des extraits manquants ont été présentés ailleurs dans d'autres blogs.


Voici les extraits importants que je voulais vous faire remarquer:

MOI:  [Lorsqu'on va arrêter d'emprunter,] est-ce qu'on augmente les taxes ou on va couper dans les services?

R.G.:  Ça c'est les décisions qui vont être prises par les conseils municipaux. (...) On va faire en sorte qu'on ait une dette raisonnable, à être déterminée, on trouvera la façon de la déterminer. (...) On va analyser la situation sur une base quotidienne, mensuelle, pis annuelle.

MOI:  Avez-vous un ordre d'idée de combien d'intérêts on va payer par année un coup ça va être équilibré?

R.G.:  Ah ça, on n'a pas ça avec nous ce soir.

MOI:  C'est parce que quand on va arrêter d'emprunter, d'augmenter [la dette], vous allez être obligé de le faire [augmenter les taxes]. Ou bien on va être obligé de couper dans les services, un des deux.

R.G.:  On verra à ce moment là.

Vous voyez, lorsqu'on demande à Richard Goulet ce qui va arriver lorsqu'on cessera d'augmenter la dette, il fuit la question:  «Les décisions vont être prises par les autres conseils municipaux», «on verra», «on n'a pas ça avec nous», «on va analyser sur une base quotidienne» (Par contre, je vous rappelle qu'on emprunte sur une base de 15 ans).  Aucun plan.  Rien. Niet. Ou pire, il sait très bien ce qui arrivera et tente de le cacher.

C'est quoi une dette raisonnable?

Ma préférée est «on trouvera la façon de la déterminer [la dette raisonnable]».  Non seulement Richard Goulet nous dit ici qu'il ne sait pas ce qu'est une dette raisonnable, mais il nous dit qu'il cherche la «façon de la déterminer».  WOW!  Ça c'est de la planification et de la vision!  Peut-être que le jour où il trouvera la «façon de la déterminer», il s'apercevra qu'il a dépassé l'endettement raisonnable?

Faites-vous vraiment confiance à cet homme pour s'occuper de vos finances?  Personne ne peut honnêtement dire qu'il connaît les intentions de Richard Goulet et où il s'en va, car même lui ne le sait pas.  Comme un enfant dans un magasin de jouets.

En attendant qu'il trouve comment ça se gère une ville et quelles sont les conséquences de ses décisions, allez-donc signer les registres.

jeudi 15 décembre 2011

C'est combien la dette?

Sujet du blog:  La première question que j'ai posée à la séance du conseil du 5 décembre dernier, soit:  Quelle sera la dette au 31 décembre 2011 et 2012.  J'avais besoin de ces chiffres pour pouvoir ajuster mon horloge de la dette que vous voyez dans la colonne de droite de ce blog.

Il faut d'abord savoir que je connaissais déjà la réponse:  le 79,5 M $ avait été mentionné dans un article de La Voix de l'Est un mois auparavant et le 94,5 M $, Pascal Bonin venait de le dire dans son allocution, à peine 2 minutes avant que je pose la question.

Mais je veux vous montrer comment Richard Goulet a répondu à cette question, seulement pour vous démontrer que Richard Goulet, la dette, ça ne l'intéresse pas.  Je vous rappelle qu'il vient tout juste de terminer la présentation du budget et que ça doit faire plusieurs semaines que lui et les fonctionnaires en peaufinent les détails:



C'est combien la dette?

Ma deuxième question, n'était pas innocente non plus.  Basé sur un article de La Voix de l'Est de juin dernier:

«En contrepartie, la dette à long terme de la Ville payable par l'ensemble des citoyens est en augmentation. Elle s'est établie à 37,1 millions$ au 31 décembre 2010. À la fin de 2011, elle devrait atteindre 59 millions$, a également noté M. Renaud.»

«"La Ville est en excellente position financière. À 59 millions$, ça représente 1,18% de la richesse foncière uniformisée, alors que la moyenne provinciale des villes est de 2,24%", a déclaré le maire Richard Goulet.»

Si vous regardez la question posée par le sondage de La Voix de l'Est (p.13):

«Depuis l'arrivée M. Richard Goulet à la mairie de Granby, la dette de la Ville qui était de 21 millions le 30 décembre 2007 va atteindre à 59 millions à la fin 2011 ?  Laquelle des affirmations suivantes correspond le mieux à votre opinion sur cette situation: (...)  »

Toute personne raisonnable ne peut que conclure que la dette officielle de Granby à la fin de 2011 sera de 59 M $, vrai?

Comme vous avez vu dans l'article mentionné plus tôt, La Voix de l'Est s'est ravisée − sans offrir d'explications − et le montant a soudainement augmenté à 79,5 M $.

Comme vous tous, je ne pouvais expliquer cette différence.  Je savais que la Ville nous servait les chiffres de la dette «émise» et non pas la totalité des emprunts engagés, mais je ne savais pas qu'ils avaient «décidé» de changer les chiffres présentés.  Voici une tentative d'explication que je proposais à quelqu'un qui m'avait posé la question le 16 novembre dernier:

Bonjour Mme Rodier,

J'ai repensé à la provenance du 20 M $ supplémentaire sur la dette cette année et j'avais une théorie.

La dette officielle qu'on nous présente ne représente pas toutes les dépenses engagées par la Ville. Lorsque la Ville fait des travaux (une rue par exemple) pour lesquels elle compte emprunter, elle se sert d'abord d'une sorte de «marge de crédit» pour payer les travaux à mesure qu'ils se réalisent. Une fois les travaux complétés et que toutes les factures sont payées, elle fait le véritable emprunt sur 10, 15 ou 20 ans.

Donc, si des travaux sont prévus au budget 2011 et qu'ils débutent en juillet 2011, mais que la fin des travaux (ou la dernière facture payée) n'arrive qu'en février 2012, l'emprunt officiel ne paraîtra dans les livres qu'en 2012. C'est pourquoi normalement la dette inclut rarement les travaux fait dans le courant de l'année.

Le 59 M $ de dette annoncé n'incluait pas les 20 M $ emprunté cette année. Théoriquement, il était logique que ces emprunts n'apparaissent qu'en 2012. À mon avis, certains travaux ce sont finalisés plus vite que prévu et ils ont dû les rajouter au budget 2011.
Ajouter à ça les imprévus comme l'incubateur industriel et les nouveaux bancs de l'aréna ...

Voilà la solution que je propose pour le jeu «Cherchez la dette» !

Denny O'Breham

De plus, une autre personne qui scrute en ce moment les dépenses de la Ville me disait que le 79 M $ annoncé représentait la dette «totale» de la Ville, c'est-à-dire, celle qui inclut la dette supportée par le gouvernement du Québec (via ses subventions) et celle des riverains (qui payent une partie des travaux de leurs rues).  J'ai voulu poser la question clairement à la période de questions pour en avoir le coeur net, car j'étais convaincu du contraire.

D'abord, voici la question que j'ai posée (regardez bien le visage de Richard Goulet à la fin de ma question):


Voyez-vous la grimace qu'il fait?  Ça, c'est le visage de quelqu'un qui n'a aucune idée de quoi je parle.  Je vous l'ai dit, Richard Goulet, la dette, ça ne l'intéresse pas.  C'est pourquoi il demandera à M. Renaud de répondre:



C'est long, hein?  Mais ça veut dire exactement ce que je croyais et maintenant c'est clair:  la dette totale nette à long terme de la Ville de Granby au 31 décembre 2011, c'est 79,5 M $ et ça inclut TOUTES les dépenses par emprunt - déjà engagées - remboursées via le compte de taxes.  Le 59 M $ qu'on parlait au mois de juin, c'est la dette émise.

Êtes-vous bien informé?

Je vous rappelle ce que M. Renaud a dit dans le précédent vidéo à propos de la dette totale nette à long terme:

«C'est le seul portrait, c'est le seul qu'on doit utiliser.  Toutes les autres notions de dettes, ce sont des notions qui sont trop variables.»

Maintenant, pourquoi la Ville - et La Voix de l'Est -, nous parlait de dette émise et que maintenant ils nous parlent de dette totale nette?

La réponse est simple:  Quelqu'un (ce n'est pas moi, mais je ne vous dit pas qui) a dit à La Voix de l'Est que la Ville ne donnait pas les bons chiffres.  Ainsi, aujourd'hui, la Ville ne peut plus dire des chiffres «plus petits» pour mieux paraître.  Malheureusement, personne n'a avisé les lecteurs du changement et, au grand plaisir du maire, la confusion règne à propos de la dette.  Well, no more!

Ça fait longtemps qu'on avertit les journalistes de bien scruter les choses dites par la Ville, d'aller au fond des dossiers et ne pas prendre pour du «cash» tout ce qu'ils disent, ne faisant que rapporter bêtement leurs propos.  Je crois qu'ils se réveillent tranquillement pas vite, le temps de marcher sur leur orgueil ... 

mercredi 14 décembre 2011

Ça se fait, M. Goulet!

Petit retour sur la bibliothèque de Cowansville.  D'abord, vous pouvez écouter - ou ré-écouter - les propos de la conseillère Robert à Cowansville, à propos de leur bibliothèque sur mon blog «Réflexion sur la bibliothèque?».

Par la suite, lisez ce petit article, cacher dans la p. 17 de La Voix de l'Est d'aujourd'hui:


Maintenant vous devriez comprendre que les Cowansvillois ont la jouissance d'une nouvelle bibliothèque aujourd'hui et qu'ils mettent de l'argent de côté pour la  payer comptant dans 5 ans (pas 15 ans).  Écoutons la petite leçon d'économie que je me suis fait servir par M. Goulet:


Je tiens vraiment à rappeler que depuis 2007, on boucle le budget grâce à un emprunt moyen annuel de 15 M $.  Avec le programme triennal, il est prévu que ça durera - au moins - jusqu'en 2014 assurément.  C'est une période de 7 ans où l'on nous dit que c'est ça que ça prend pour gérer la Ville.  15 M $, c'est 30 ¢ sur le compte de taxes, ce qui signifie que, pendant au moins 7 ans - selon le conseil actuel - on devrait avoir un taux de taxes de 1,10 $.  Richard Goulet nous dit «Ça ne se fait pas» et il a raison.  Le problème n'est pas qu'on doit avoir un taux de taxes à 1,10 $, c'est qu'on gaspille beaucoup trop dans des dépenses inutiles.

En passant, je veux aussi mentionner que, malgré une diminution du taux de taxes de 1,04 $ à 0,98 $,  Cowansville a haussé leurs comptes de taxes de 7,8%.  Bravo à ce conseil qui n'a pas peur de dire combien ça coûte vivre à Cowansville.

Il faut dire aussi que la population de Cowansville est 5 fois plus petite que celle de Granby.  5 fois 700 000 $, ça fait 3.5 M $, soit 3 fois moins que les 10+ M $ prévus pour notre bibliothèque.  Quand on doit payer comptant - ou qu'on a «loadé» la carte de crédit avant vous - on doit réviser nos priorités et user d'imagination pour boucler les budgets.  Richard Goulet n'a pas ce problème en ce moment.

Petite politicaillerie

Pour vous démontrer à quel point Richard Goulet ne fait que de la petite politicaillerie, un être sans vision qui cherche seulement à «pelleter» ses dépenses farfelues auprès d'un gouvernement déjà sur-endetté, voici un autre article de La Voix de l'Est d'aujourd'hui qui se passe de commentaires (double-cliquez l'image pour l'agrandir):


Édition 19 décembre 2011:

Voici la caricature du jour de La Voix de l'Est:


mardi 13 décembre 2011

120 millions $ comptant

À la demande de Richard Goulet lors de la dernière séance du conseil, j'écris dans ce blog que Richard Goulet a déclaré que La Ville de Granby a payé 120 M $ comptant sur 200 M $ d'investissements dans les infrastructures depuis les 6 dernières années.  Pourquoi l'écrire?  Voici la vidéo:


Analysons tous ces propos:

- 200 M $ dans les infrastructures

Pas tout à fait vrai.  Voici une description de travaux d'infrastructures et de leurs coûts estimatifs lors d'un projet d'emprunt de cet été.  Pour chacun des 3 projets, j'attire votre attention à la ligne «Frais de financement» où il est indiqué « ±2.00 % ».  Ces frais, ce sont l'équivalent des frais que vous avez lors de l'ouverture d'un dossier d'hypothèque à la banque.  Pour avoir le «privilège» d'emprunter, vous devez payer des frais.  Deux pour cent du montant à emprunter, c'est la norme.  Le plus drôle, c'est qu'on inclus toujours ces frais dans l'emprunt, ce qui signifie que vous devez payez les intérêts sur 15 ans pour ces frais aussi.

En analysant les documents, vous voyez des montants de 24 292 $, 30 613 $ et même 5 772 $;  Ça semble anondin.  Mais pour des emprunts totalisant 80 M $, 2.00 %, ça représente 1.6 M $, soit l'équivalent des travaux d'infrastructure pour une rue supplémentaire.  Tout ça en seulement 5 ans d'endettement.

Aussi, dans les 200 M $ dont M. Goulet cite, je vous garanti que la rue Grove est incluse dans ce montant.  Vous savez, celle qu'on doit recommencer en partie (1 M $ est prévu pour 2012), à peine 5 ans après l'avoir reconstruite au complet.  Quand on gaspille, c'est facile de «booster» les montants.  

Richard Goulet a aussi la fâcheuse habitude d'oublier trop souvent les intérêts à payer.  Emprunter sur 15 ans, même avec un taux d'intérêt de 3.5 %, représente une augmentation de la facture de 30%.  Avec 80 M $ d'emprunt, ça représente 24 M $ supplémentaire.  Cet argent ne servira pas à construire des infrastructures.  Il faudra donc le déduire des budgets futurs pour payer le luxe et le privilège que nos élus se sont offert, soit celui d'emprunter.

Le 200 M $ fond rapidement lorsqu'on tient compte de tous les coûts.

- 80 M $ d'emprunt

Pas tout à fait vrai.  En fait, il RESTE 80 M $ à rembourser.  Nous avons emprunté plus que ça.  Depuis 2008, nous faisons des paiements et donc nous remboursons le capital de nos emprunts petit à petit.  Le montant exact je ne le connais pas, mais j'estimerais que nous avons remboursé environ 7 M $ depuis le début de notre endettement.  Donc, 87 M $ emprunté serait déjà un peu plus juste comme montant total emprunté.

-120 M $ comptant

En ne tenant pas compte de ce qui vient d'être dit: Pas tout à fait vrai.  Richard Goulet le dit clairement d'où vient cet argent.  En résumé deux endroits distincts: Le compte de taxes et les subventions.  Le compte de taxes, c'est clair, c'est de l'argent comptant.  Les subventions, ce n'en est pas.  Même si les subventions seraient payées comptant, ce ne serait pas de l'argent comptant du point de vue de la Ville.  C'est un investissement des gouvernements fédéral et provincial, un point c'est tout.  Les promoteurs construisent les rues résidentielles de Granby et les donnent à la Ville après avoir vendu leurs terrains.  Personne ne considère ça comme de l'«argent comptant» pour la Ville, même si ces rues sont comptabilisées selon leur valeur réelles dans les livres de la Ville.

Pire encore, les gouvernements supérieurs empruntent toujours pour leurs subventions et ils les financent grâce à l'argent des contribuables.  On est loin du concept de l'«argent comptant».

- «On devrait être même applaudi pour ça»

Pas tout à fait vrai.  La raison pour laquelle l'administration Goulet peut payer autant d'infrastructures comptant, c'est parce que les administrations précédentes ne leurs ont pas laissé de dettes.  Ce sont eux qui devrait être applaudis.

Par exemple, en 2007, 14 M $ comptant ont été investi dans les immobilisations de la Ville, alors que la dette était à zéro.

Voyons voir ce que M. Renaud, directeur des finances pour la Ville de Granby, avait à dire en comparant le budget 2012 avec le budget 2011:


2007: 14 M $
2011: 9,6 M $
2012: 6,6 M $

Ce n'est pas un hasard qu'à chaque année la part payée comptant pour nos immobilisations diminue: la dette augmente.  Rappelez-vous aussi que les budgets de 2011 et 2012 sont, respectivement, de 79 M $ et 85 M $, alors que celui de 2007 était, de mémoire, aux alentours de 60 M $.  Comment ce fait-il qu'on a plus de revenus, mais qu'on met moins d'argent comptant dans les immobilisations ?

L'année dernière, pour le budget 2011, j'avais invité tout le monde à aller signer le registre contre l'emprunt en sortant une phrase-choc:  «Nous augmentons l'hypothèque pour payer l'épicerie.»

Je voudrais vous faire entendre un commentaire de M. Renaud lors de la présentation du budget 2012. Petite mise en contexte:  M. Renaud explique d'où proviennent les hausses dans les dépenses comparativement au budget 2011 (hausse de la TVQ, fond de pension, écocentre, service de la dette, etc.).  Le dernier point est celui que je vous présente dans la vidéo.  M. Renaud nous dit pourquoi on paye 3 M $ de moins en argent comptant pour nos immobilisations:


«De façon à financer les dépenses que vous voyez.»

Après avoir expliqué quelles seront les hausses des dépenses, il nous dit où il trouve l'argent pour payer l'épicerie:  On diminue la part comptant des immobilisations, donc on augmente les emprunts, c'est-à-dire l'hypothèque.  Je maintiens toujours pour cette année:

Nous augmentons l'hypothèque pour payer l'épicerie.

Ajout, 19 juin 2012:

 Est-ce 200 millions $ sur 6 ans, c'est beaucoup?  Je vous invite à lire le discours d'un autre maire de la Ville de Granby que je viens de trouver récemment sur l'Internet.  Le discours, fait le 21 août 1999, a été dit durant l'inauguration du parc du millénaire, soulignant ainsi le remboursement complet de la dette de Granby en 5 ans et demi.  En autre, on y mentionne:

«Cette longue quête d'excellence au niveau de la gestion municipale nous aura permis d'économiser des millions et des millions de dollars pendant toute ces années. En 1993, il en coûtait 29,5 millions de $ pour faire fonctionner notre ville, alors qu'aujourd'hui, en 1999, moins de 25,5 millions $ suffiront pour assurer les mêmes services et même plus, pour une ville qui a tout de même bénéficié de nouvelles constructions totalisant 200 millions de $ depuis 1993.»

Je vous rappelle qu'à l'époque, tout était payé comptant et, en plus, on remboursait la dette.  La Ville n'était pas encore fusionnée et elle comptait seulement 45 000 habitants plutôt que 60 000.  Sa richesse foncière uniformisé était environ 1,5 milliard $ plutôt que les 5 milliards $ qu'elle vaut aujourd'hui.  Comparer les budgets de 25-30 millions $ d'hier avec ceux de 70-80 millions $ d'aujourd'hui démontre bien la valeur du 200 millions $ d'hier.

lundi 12 décembre 2011

Qui a payé pour nous?

Je m'attaque au cas de M. Pronosvost.  C'est le cas le plus triste, car c'est celui qui représente une grande partie de ma génération; un constat d'égoïsme ingrat.

D'abord un rappel de ce que M. Bonin avait dit plutôt:

«Nous devons laisser aux futures générations de Granbyens et Granbyennes des finances publiques dans un état tel que eux aussi pourront choisir leurs propres rêves.»

M. Pronosvost, faisant référence à ces propos ainsi qu'à ceux de M. Ruel (voir blog précédent), nous a dit:


«Qui a payé pour moi?»  M. Pronovost se réfère à son collègue Ruel pour justifier cette question.  Mais M. Ruel trouve «normal» que les élus partagent la facture des infrastructures avec les générations futures.  Or, ceux qui étaient là avant M. Pronovost ont payé la facture qu'on leur avait léguée ET, en plus, ils ont payé toutes leurs factures, ne laissant aucune dette pour vous M. Pronovost.  Qui a payé pour vous?  Ce sont ceux qui ont remboursé la dette.  C'est tellement ingrat comme attitude par rapport à tout le travail qui a été fait avant vous et c'est d'un égoïsme incroyable de vouloir prendre aujourd'hui la gloire de faire des «investissements» qui seront remboursés par les générations futures.

Qu'on me dise que ceux qui étaient là avant vous n'ont pas investi assez dans la Ville de Granby, c'est une opinion qui peut se défendre, mais c'était leur choix.  Aujourd'hui des gens comme MM. Goulet et Pronovost ont la liberté de choisir d'aller dans la direction qu'ils veulent grâce à ces choix.  Mais en empruntant, ils enlèvent cette liberté à la prochaine génération d'élus.

Dette: 5 ou 25 ans?

Serges Ruel nous a, de nouveau, démontré à quel point il ne maîtrise pas le concept d'une dette.  Voici la première partie de son intervention, où il démontre sa préoccupation à l'endettement:


J'ouvre une parenthèse sur l'administration Girard:  Pour ceux qui ne sont pas au courant de ce qui se passait à cette époque, Mario Girard est la personne qui détenait le titre du pire maire de Granby avant la venue de Richard Goulet.  Mario Girard est un grand supporteur de Richard Goulet, les deux ont un style de gestion similaire et certains prétendent que Richard Goulet «termine» les projets de Mario Girard (ex.: la piste cyclable et le pont flottant du parc Daniel-Johnson).  Deux maires ont contribué de façon massive à l'endettement de la Ville: Paul-O. Trépanier et Mario Girard.  Le premier avait l'excuse qu'il suivait la mode de l'époque (on se rappelle Montréal avec l'Expo 67 et les Olympiques).   Mais outre le fait qu'il a emprunté pour les financer, il a fait plusieurs bons projets pour Granby.  Pour sa part, Mario Girard a fait les pires «deals» qu'on aurait pu imaginer.  Non seulement il a emprunté, mais il a gaspillé cet argent qu'il n'avait pas, tout comme Richard Goulet le fait présentement.  Alors parler de l'administration Girard comme étant celle qui a «renfloué» la dette est un non-sens.  Fin de la parenthèse.

Ceci étant dit, je veux noter cet argument qui est de faire des emprunts avec des termes de 5 ans comme étant plus positif que de contracter des emprunts de 25 ans.  Premièrement, ceci ne diminue pas la dette, ça projète moins loin dans le temps les conséquences fâcheuses de l'endettement.  Si Richard Goulet aurait fait des emprunts de 5 ans au lieu de 15 ans, ça aurait pris 3 ou 4 ans − au lieu de 10-12 ans − pour qu'une augmentation de taxes ou une coupe massive dans les budgets fasse son apparition.  Je mets MM. Ruel et Goulet de faire des emprunts sur 5 ans.  J'y reviendrai.

Mais retenons ceci:  Selon M. Ruel, un emprunt de 5 ans est plus positif qu'un emprunt de 25 ans, puisque que ça permet de «renflouer» la dette.  Voyons voir ce qu'il a à dire par la suite:


Maintenant, question de «justice», plus les remboursements d'emprunt sont longs, meilleur c'est.  Ma question est la suivante:  Si une infrastructure dure 25, 30 ou 50 ans, pourquoi ne pas prendre un terme de 25, 30 ou 50 ans?  Les gens qui arriveront à Granby dans 15 ans, alors que les prêts seront remboursés, ne vont-ils pas jouir de ces infrastructures − sans y avoir contribué − pendant 10, 15 ou même 35 ans?  Après tout, l'article 1 de la Loi sur les dettes et les emprunts municipaux dit qu'une municipalité peut emprunter sur 40 ans en autant que ça n'excède pas la durée de vie utile.  Pourquoi se gêner?  Pourquoi seulement 15 ans?

Je vous rappelle, qu'à peine une minute plutôt, M. Ruel s'auto-félicitait pour avoir été membre d'un conseil qui avait réduit la longueur des termes de 25 ans à 10 ans et même à 5 ans.  Pourquoi se félicitait-il d'être membre d'un conseil «injuste»?

Se poser toutes ces questions, c'est y répondre:  M. Ruel tente lamentablement de justifier des décisions injustifiables et  M. Ruel ne comprend pas clairement toutes les implications de l'endettement.

De plus, M. Ruel nous dit: «Les gens qui arriveront à Granby sauront aussi qu'ils auront à contribuer aux infrastructures.»  Mais c'est absolument le contraire!  Pourquoi quelqu'un viendrait s'installer à Granby pour payer l'aréna ou la bibliothèque alors qu'il peut s'installer dans la municipalité voisine, là où les taxes sont plus basses, tout en profitant de ces mêmes infrastructures?  C'est exactement pour cette raison qu'il y a eu l'exode des Granbyens durant les années «Trépanier» et «Girard».  Exode qui a été renversé avec la baisse du compte de taxes.  Nier cette caractéristique de la nature humaine est de l'utopie.

dimanche 11 décembre 2011

Coût de la place publique

Pour les prochains blogs, je vais revenir sur la séance du conseil du 5 décembre dernier, particulièrement l'endettement.  Ce blog se veut un témoin de la façon dont les décisions sont prises aujourd'hui, de sorte que plus tard on ne se demande pas pourquoi nous subissons des augmentations de taxes.

Voici un extrait où Pascal Bonin nous énonce les coûts estimés de la future place publique:


Donc on parle entre 7,2 M $ et 8,9 M $ pour la place publique.  Je vous rappelle que la part payée par la Ville pour l'aréna s'élève à environ 6 M $.  Avec 8 M $, on en fait en torieux des égoûts et des aqueducs.

Jamais ce projet a été une promesse électorale, même de la part d'un conseiller.  Comme trop de projets de l'administration Goulet, il est sorti d'un chapeau sans qu'on sache vraiment qui l'a demandé.

L'important à retenir, c'est qu'il va y avoir un registre à signer contre ce projet; enfin une partie du projet.  Car l'achat des bâtiments qu'on a démoli, on ne peut plus rien y faire.  La poursuite qui en a découlé, on ne peut plus y changer grand chose non plus.  On ne peut qu'attendre et subir.

Je veux aussi que vous vous rappeliez que jamais on ne vous avait parlé de 8 M $ lorsque les discussions à propos de la place publique ont commencées.  En fait, lorsqu'on a exproprié les bâtiments, on nous disait: «Une fois que ce sera démoli, on verra ce qu'on fait».  On nous disait aussi:

Dans le cas du Studio, Richard Goulet croit que les démarches légales pourraient s'étirer sur «quelques semaines», voire «quelques mois». «Si on peut le faire à l'intérieur de l'année en cours [2008], ça serait très bien», dit-il.

Je veux que vous vous souveniez de ça pour les prochains blogs, car je vais revenir sur cette façon évasive et/ou peu réaliste de planifier le futur.