samedi 31 décembre 2011

Les vrais enjeux

Continuons d'écouter les visions de nos conseillers afin de justifier leurs dépenses.  D'abord, M. Mailhot:

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Les «ti-n-enfants»

«Une ville ça ne s'arrête pas à des travaux d'infrastructures.  Une ville, il faut que ça desserve tout le monde.  On a des enfants.  Si on n'a plus d'enfants, pis si on n'y voit pas à nos enfants, je pense qu'il n'y aura plus de ville.»

S'il y a une dépense dans une municipalité dont tout le monde profite, ce sont les infrastructures.  Pire encore, ce sont les seules dépenses que les citoyens ne peuvent faire eux-même;  En fait, c'est probablement la raison première pour laquelle les gens se sont réuni en groupe qu'on appelle «municipalité»: partager les coûts des infrastructures.

Mais qu'advient-il des «ti-n-enfants»?  Une excuse très populaire auprès de nos élus pour venir nous chercher quelques larmes.  C'est tellement disgracieux.  Premièrement, qu'on le veule ou non, les enfants profitent des infrastructures directement et indirectement, comme tout le monde à Granby.  Deuxièmement, les citoyens sont capables de s'occuper de leurs enfants par eux-même (surtout en terme de loisirs).  D'ailleurs, plusieurs le font dans des domaines que la Ville ne touche pas (ex.: les écoles privées de danse ou de karaté) et pourtant ces gens paient les mêmes taxes que tout le monde.  Quand on nous parle d'équité, on oublie souvent ce point.  Pire encore, pour ces commerces, les loisirs de Granby est un compétiteur subventionné.  Je vous rappelle que les loisirs de Granby termine souvent l'année (pour ne pas dire toujours) avec un déficit comblé avec le budget de la Ville.  Les commerçants doivent non seulement éviter les déficits, mais ils doivent aussi faire un profit s'ils veulent survivre (et nourrir leurs «ti-n-enfants»).

C'est bien beau nous servir l'excuse des «ti-n-enfants», mais je vous rappelle que le discours de M. Mailhot est en réaction à celui de M. Bonin qui s'oppose à la place publique.  Revoyez les coûts de la place publique:  8 M $.  Vous pouvez voir les détails du projet ici.  Lisez bien ce projet, essayez d'imaginer qui va profiter de cette place publique - les commerçants (avec la terrasse pour le quartier FC et le marché public) et pour le reste, cet endroit sera en compétition avec les parc Daniel-Johnson (patinoire, jeux d'eau, etc.), Victoria (pique-nique) et boisé Miner (nature) - et dites-vous que ça va coûter 8 M $.  C'est beaucoup 8 M $.  On en fait des choses avec 8 M $.  Le boisé Miner (250 acres) a coûté 7,5 M $, INCLUANT un golf et 200 acres de terrains zonés blancs avec bâtiments.

Des parcs -  naturels, avec infrastructures sportives, de quartier, pour les grands rassemblements -, on est loin d'en manquer à Granby.  Ce sont des DIZAINES de millions de dollars qui ont été investi depuis 5 ans.  Et la ville de Granby était déjà reconnue comme «la ville des parcs et des fontaines».  8 M $ supplémentaires sont-ils vraiment nécessaires?  Et on veut aussi développer (en parc) une rive de la rivière Yamaska au centre-ville, un projet dont on ne connait pas toute l'ampleur encore.

À votre avis, les «ti-n-enfants», lorsqu'ils payeront les dettes que vous leur laisserez, préféront-ils avoir une place publique et de l'eau dans leur sous-sol ou avoir les pieds au sec et être obligés de se «contenter» des parcs Daniel-Johnson, Victoria, boisé Miner, Terry-Fox, Dubuc, Avery, Pelletier, ... ?

Il faut garder l'oeil sur la balle et ne pas perdre de vue les enjeux.

vendredi 30 décembre 2011

Conséquences de signer un registre

Voici une vidéo tirée de la séance du 19 décembre dernier, alors qu'on parlait d'un emprunt global pour plusieurs projets de 2012, dont la place publique.  Le registre contre cet emprunt devrait, se tenir les 11 et 12 janvier prochains (malgré que, officiellement, l'avis public n'a toujours pas été publié):

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Un règlement d'emprunt, ça se change

Au début du vidéo, Pascal Bonin nous dit qu'il a demandé aux autres conseillers de faire deux règlements d'emprunts séparés, un pour la place publique et un autre pour les infrastructures; ce qui a été refusé par les autres conseillers.

Qu'arrivera-t-il si suffisamment de personnes signent le registre?  Les conseillers devront revoir leur décision et une des options possibles serait qu'ils décident de faire deux règlements d'emprunt distincts et ainsi tenir deux nouveaux registres.  Naturellement, ils pourraient aussi décider de ne plus faire certains projets cette année ou même de payer comptant et ainsi ne pas avoir à tenir de registre.  Ils peuvent aussi décider de tenir un référendum afin de demander démocratiquement l'appuie de la population sur leur projet de règlement d'emprunt.  Dans ce cas, advenant qu'une majorité de la population ne souhaite pas supporter les élus dans ce projet d'emprunt, nous revenons à la case départ:  Les conseillers peuvent choisir de faire deux règlements d'emprunt distincts, éliminer certains projets ou les payer comptant.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que signer le registre - même voter contre le règlement dans un éventuel référendum - ne signifie pas l'abandon de TOUS les projets prévus dans le dit règlement.  Ça signifie simplement que les conseillers doivent revoir leur décision sur la façon de FINANCER le projet.  Je vous rappelle qu'il vous est impossible d'empêcher un conseil de faire un projet ... à condition qu'il le paye comptant, c'est-à-dire qu'il vous présente la facture (En fait, il peut le faire aussi avec des emprunts de moins de 5 ans, ce qui est logique puisqu'ils sont élus pour 4 ans et qu'avec de tels emprunts, le conseil devra en défrayer la majeure partie des coûts durant son mandat).

Les mensonges de Richard Goulet

Ça continue, Richard Goulet nous raconte encore une perception tordue de la réalité:

«La seule fois en 6 ans qu'on a séparé les registres, les dépenses, ç'a été l'an passé alors qu'on a fait la caserne de pompier, ça été la seule fois.»

Voici la liste des registres pour 2010 et 2011, selon ce que j'ai recensé sur ce blog.  Il y a eu 13 registres sur 2 ans, dont celui de l'aréna où il y a eu suffisamment de signature pour forcer le conseil à revoir sa décision.

2010:

28 et 29 janvier (pour l'aréna; il y a eu 1519 signatures)
11 et 12 mai (2 registres distincts; 1 troisième a été annulé et reporté aux 26 et 27 mai)
26 et 27 mai (2 registres distincts)

2011:

13 et 14 janvier (2 registres distincts)

Le simple fait qu'un élu ment d'une façon aussi flagrante qui induit la population en erreur, c'est qu'il a une idée derrière la tête et je ne lui fait confiance.

jeudi 22 décembre 2011

Étape 1: Reconnaître le problème

Richard Goulet fait de l'intimidation.  Pour se corriger, encore faut-il qu'il reconnaisse qu'il a un problème.

Rappelons les faits:

À la séance du 7 novembre, le citoyen Richard Dubé fait une intervention à la période de questions;

Le 9 novembre, j'ai écrit le blog intitulé:  «Respect du citoyen»;

La même journée, un membre du conseil de quartier #2 (dont je fais partie, tout comme Richard Dubé) envoyait ce courriel à tous les membres:

Monsieur Denny, tout à fait d'accord avec vos propos !!

Monsieur Normand
[Le président du conseil de quartier #2],

À la séance, j'étais là.

Je crois qu'il importe, cette fois, que les membres et participants du conseil de quartier no 2 s'expriment de quelconque façon. Ça a été Richard, ça pourrait bien être un autre ou une autre l'attitude de monsieur le maire est tout à fait I-N-A-C-C-E-P-T-A-B-L-E.

Est-ce que les conseillers comptent intervenir seule ou collectivement ? J'en doute.

Je propose une réunion virtuelle :

a. Je lève ma main pour préparer une lettre adressée à monsieur le maire
b. ou au conseil
c. ou à chacun des conseillers.
d. Lettre déposée au Service juridique
e. avec cc. à la Lettre d'opinion de La Voix de l'Est
f. lettre signée par monsieur le président du conseil de quartier avec l'approbation, unanime j'espère, des membres et participants.
g. ne pas oublier Lise.
h. pour publication entre le 23 et 26 novembre.
i. permettez-moi de vous offrir un premier jet d'ici lundi le 14 novembre. Il resterait une dizaine de jours pour la corriger.
j. cette lettre pourrait être lue et déposée en séance publique de décembre par la conseillère du quartier 2.
k. que demande-t-on ? des excuses. Ça dépend surtout de Richard.

Monsieur Normand, membres, participants, s.v.p. me transmettre vos commentaires. Merci !

Les gens ont tellement réagi à ce courriel, que le conseil à dû tenir une séance extraordinaire pour discuter uniquement de ce point.

Une lettre a été écrite et approuvée par le conseil et le président l'a lue à la période de questions du 5 décembre.  Sur le coup, le maire n'a eu aucune réaction.

Le 19 décembre dernier, Richard Goulet a fait une «mise au point».  Ce sera le sujet principal de ce blog.  Mais il y plus.

Tout d'abord, prenons le temps de voir l'intervention complète de M. Dubé.  Je la commenterai à mesure de façon à vous faire remarquer les points importants à retenir lorsque vous écouterez les commentaires de Richard Goulet.

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Notez que M. Dubé n'a que bons mots pour les conseillers.  Il ne les traite pas comme des «tapis de porte».

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J'arrête ici pour faire remarquer le petit commentaire de Richard Goulet qu'on entend en bruit de fond.  Au propos de M. Dubé qui dit «Il nous donne des renseignements, je ne sais pas où il les prend», Richard Goulet dit: «Ah! On en a une idée, nous autres».  Une bête tactique pour déstabiliser son interlocuteur.  En ce qui concerne les insinuations du maire, j'y ai déjà répondu dans le blog «Ça va faire, les théories de complot!». 

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OK, le visage de l'homme que vous voyez plus haut, ce n'est pas celui d'un homme qui se sent insulté, mais bien celui d'un homme qui s'amuse.

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Ici, on commence à entrer dans le domaine de l'intimidation soit mettre de la pression en imposant sa force, son autorité.  La réplique du maire est tout à fait inappropriée.  C'est le président de l'assemblée qui dirige l'assemblée (c'est-à-dire qu'il décide qui a le droit de parole et à quel moment), mais le citoyen peut s'adresser à n'importe quel membre du conseil et ce dernier peut choisir de répondre ou de ne pas répondre, mais seulement lorsque le président lui aura donné le droit de parole, s'il le fait.  Mais M. Goulet interprète les choses comme ça l'arrange et, encore une fois, ça permet de déstabiliser son interlocuteur (en d'autres mots, l'intimider).

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Jusqu'ici, je crois que M. Dubé est parfaitement poli et d'un calme exemplaire, malgré que, avouons-le, il ne reçoit aucune réponse pour le rassurer sur le processus de décision du conseil puisque tout est confidentiel et que même la conseillère de son quartier n'est pas au courant de la situation.

À partir d'ici, voyez maintenant comment c'est l'attitude du maire qui change, qu'il tient des propos de plus en plus condescendant et que le visage souriant qu'on a vu précédemment est complètement disparu.

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À partir de ce moment, ce que vous allez entendre ce sont des propos d'un homme déstabilisé et c'est pourquoi ils semblent si confus.  De plus, pour bien comprendre la difficulté de s'exprimer à la période de questions, je vous rappelle les mots de madame Leduc Berthiaume:

«Mais la majorité de la population, la grosse majorité, n'a pas leurs moyens. Elle subit, sans avoir la compétence pour s'exprimer. Je le sais, j'en fais partie. L'exercice à lui seul demande un bon bagage de vocabulaire de style argumentatif que la plupart d'entre nous ne possédons pas. S'exprimer correctement est un jeu auquel il faut être entraîné et malheureusement nous, le petit peuple, n'avons ni le temps, ni le mode de vie ou la formation pour l'exercer.

Exprimer notre mécontentement avec nos mots nous fait paraître comme des émotifs qui disent n'importe quoi et nos propos sont alors évalués comme sans valeur, ni fondement. En d'autres termes, on nous prend pour des cons. »

Garder cela en tête en regardant le prochain extrait:

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Est-ce que M. Dubé a été impoli ou a exprimé de la hargne?  Je ne vois rien de cela.  Il est cordial, son ton est calme et respectueux.  En ce qui concerne le maire, je vous laisse juger.  Notez aussi que ce n'était pas la première fois que le maire faisait de l'intimidation et j'oserais dire qu'il n'était pas à son pire non plus.

Le point de vue du maire

Après avoir été accusé d'intimidation par le conseil de quartier #2, le maire a fait une «mise au point».  Je vous rappelle que certains membres, même si le conseil ne l'a pas exigé, aurait voulu entendre des excuses de la part du maire.  Voyez la voie qu'il a plutôt choisie.

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De qui parle-t-il?  Jamais M. Dubé a traité un membre du conseil comme «un tapis de porte sur lequel on vient s'essuyer les pieds parce qu'il n'était pas d'accord avec eux».  En fait, il reprend exactement les reproches que le conseil du quartier #2 lui fait et les renvoie vers les citoyens, sans aucun fondement.

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Ce citoyen qu'il donne en exemple, est un autre membre de conseil de quartier #2 et je connais donc son opinion sur le sujet.  Ce qu'il demandait c'était «Est-ce qu'il serait possible, avant de recevoir un projet bien attaché, bien ficelé, comme on aime souvent peut-être en préparer par les gens en place à l'hôtel de ville, de lancer une consultation publique pour aller chercher les intérêts, les souhaits, les idées de la population?»  Lorsque Richard Goulet répond qu'il y pensera, on sait tous que c'est faux.  Il ne la jamais fait par le passé et avec les propos tenus par M. Ruel à l'émission Mise à jour, il est clair que ce n'est pas avec la bibliothèque qu'il commencera.  Mais confronter le maire avec cette réalité en période de questions est quelque chose de difficile et Richard Goulet est bien content lorsque les citoyens n'osent pas poser trop de questions, disons, plus incisives (ce qui ne veut pas dire «impolies»).

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Encore une fois − vous avez vu l'intervention complète de M. Dubé − à qui fait référence M. Goulet?  Qui a insulté qui?  Pire:  Avec quel conseiller est-ce que M. Dubé a exprimé un désaccord?  Tout ça n'est que de la pure fabulation afin de détourner l'attention qui est sur lui.

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Jamais M. Dubé a parlé du golf Miner, des terres Miner ou des dettes dans son allocution.  C'est notre maire qui mélange tout et met tout le monde dans le même panier.  Pour lui, un chialeux, c'est un chialeux et ils sont tous pareil.

Lorsque M. Dubé qualifiait la Ruche de «nid à feu», je crois que tout le monde a clairement compris qu'il imageait la désuètude du bâtiment versus les centres culturels des autres villes et personne, absolument personne, ne s'imagine que la Ruche est un édifice qui est propice aux incendies.  Un ton hargneux, choqué, fâché?  Revoyez la vidéo.  M. Goulet n'a visiblement jamais vu M. Dubé choqué.

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Ici, j'arrête la vidéo et je saute par-dessus la lecture de ce rapport.  Non seulement c'est long et inutile, mais c'est d'une condescendance incroyable.  Comme je l'ai dit plutôt, personne ne s'imagine que la Ruche représente un danger d'incendie, tout le monde avait compris l'image de M. Dubé.  Avoir fait perdre le temps au directeur des incendies pour faire ce rapport (il a dû aller faire une visite sur place pour ce rapport) n'est qu'un autre témoignage du gaspillage des fonds publics fait par Richard Goulet.

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Ça, c'est user de son autorité pour intimider le monde.  Il n'y a rien dans ces propos d'invitant à aller se présenter à la période de questions.

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Voilà, ça ce termine sur ces mots:  «Pour ce qui en est du blogueur de La Voix de l'Est, je m'arrangerai avec son patron.  Pour la recherche qu'il fait, j'ai rien à dire sur lui.»  Intimidation?  Quelle intimidation?  En passant, le regard que vous voyez à la fin du vidéo, il semble être dirigé vers la table des journalistes.

Voilà ce sont les propos que vous avez lu dans les différents journaux.  Mais attendez, il y a pourtant eu une intervention à la 2e période de questions.

En suivant la séance du conseil, je ne pouvais accepter que Richard Goulet banalise à ce point l'intervention que nous avions fait.  Je ne pouvais accepter qu'il ait encore usé de tactiques que certaines personnes qualifieraient de fourberies en prenant nos propres propos et les utiliser contre les citoyens qui osent s'affirmer.  Plus que jamais, je me sentais intimidé, comme un petit garçon de 8 ans qui se fait niaiser par les plus vieux dans la cour d'école.  Mais je n'ai pas 8 ans et il fallait dénoncer ça au plus tôt, car je voyais dans ma tête toutes ces personnes que je rencontre et qui disent constamment: «Je ne suis pas d'accord, mais je ne veux pas parler ou écrire des lettres car je ne suis pas capable et je n'aime pas me faire niaiser.»  Il venait de les faire taire à jamais.  J'ai donc agit:

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Malgré que j'ai été poli et respectueux, le maire m'a menacé de me couper la parole - j'appelle ça de l'intimidation - et après avoir répondu à une question qui demandait un simple oui ou non, il a continué à parler tout seul devant une tribune du citoyen vide, s'adressant non seulement à moi, mais à toute personne qui s'oppose à sa façon de gérer, les invitant, à peine à mots couverts, de rester chez eux et attendre la prochaine élection.  Ça, j'appelle ça de l'intimidation.

Mais ça, les journalistes ne l'ont pas mentionné.  Ils n'ont sûrement pas été intimidés par le « je m'arrangerai avec son patron », ce fût probablement un oubli.

mardi 20 décembre 2011

Les assurances du golf

Rappelons d'abord de quoi on parle.  Le chalet du golf que la Ville de Granby a acheté en 2007 avec les terres Miner a brûlé le 7 janvier dernier.  Selon le bail de location entre la Ville et le club de golf Miner, le club avait l'obligation d'assurer la propriété, car la Ville ne voulait subir aucun dommage en cas d'accident.

Le club de golf a effectivement reçu un chèque de 230 000 $ de la part de son assureur.  Or, la Ville n'a pas exigé d'être dédommagé pour sa perte.  Il n'y aucune résolution à ce propos et une ville ça parle par résolution.  À l'aide de sources qui veulent demeurer anonymes et de plusieurs demandes d'accès à l'information, j'ai pu mettre à jour ces faits qui n'ont jamais été divulgués publiquement et dont même la majorité des conseillers n'étaient pas au courant.

Après un questionnement des journalistes, le maire et le directeur général ont tentés de banaliser l'affaire en disant que l'argent avait servi à acheter de l'équipement et que, dans une entente à venir, ces équipements seront donnés à la Ville de Granby (enfin, ça reste encore à voir si cela arrivera, j'y reviendrai).

Le problème c'est qu'il n'y a aucun document public de ces achats.  En avons-nous pour notre argent?  Y a-t-il eu des appels d'offres?  Encore une fois, il n'y a aucune résolution.  Dans les faits, au mieux, ce qui  se passe c'est qu'on a contourné le processus d'achat légitime qui devait être public; Au pire, on aura donné la valeur de notre bâtiment au club de golf Miner.

Le maire, s'apercevant qu'il était de plus en plus dans l'eau chaude décide en pleine séance publique, le 5 décembre dernier, que le chalet n'appartient pas à la Ville, mais bien au club de golf.  Au départ, on comprend que le chalet ne nous appartient pas pour des fins d'assurance, mais que nous sommes tout de même les propriétaires:

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Par la suite, Richard Goulet déclarera que le club de golf est le propriétaire du chalet:

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Finalement, après une demande de précision de ma part, on nous dira «Je pense que c'est ça»:

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Résumé des faits

22 mai 2007


Le vendeur vend à l'acheteur, tous ses droits, titres et intérêts qu'il a ou pourrait prétendre avoir dans les immeubles dont les désignations suivent:

(...)

Site 3 et 4, 155, rue Lyman, Granby (Québec).

(...)

Sachez, qu'après consultation auprès d'un notaire, chaque désignation cadastrale est présumée inclure les bâtiments. Mais, pour les sceptiques, continuons.  Quel sont ces droits, titres et intérêts que le vendeur avait?  Lisons un peu plus loin:

2.  ORIGINE DU DROIT DE PROPRIÉTÉ

Le vendeur, Miner Estate Granby Holdings Inc., est propriétaire de l'immeuble pour l'avoir acquis aux termes des actes suivants:

- De Alice Joan Redpath Markham aux termes d'un acte sous seing privé signé le 30 décembre 1998 et publié au bureau de la publicité des droits de la circonscription foncière de Shefford, le 4 juin 1999 sous le numéro 410 714.

(...)

Allons voir ce contrat.  À la fin de la description des lots, on peut lire:

With the buildings thereon erected, including those bearing civic numbers 100 Mountain Street, 155 Lyman Street and 92 Robitaille Street, in Granby, Province of Quebec, members and appurtenances.

C'est on-ne-peut-plus-clair, les bâtiments du 155 Lyman (le chalet du golf) sont inclus dans le titre de propriété.  Ce n'est donc pas le club de golf qui est le propriétaire.

7 juillet 2008

Dans la résolution 08/07/0707, la ville déclare:

ATTENDU QUE la Ville de Granby est devenue propriétaire du terrain de golf opéré par le Club de golf Miner inc. et des bâtiments s’y trouvant lors de l’acquisition en 2007 des terres Miner;


13 décembre 2010

Dans la résolution 10/12/1343, la ville déclare:

ATTENDU QUE la Ville de Granby est devenue propriétaire du terrain de golf opéré jusqu’à maintenant par le Club de golf Miner inc. et des bâtiments s’y trouvant lors de l’acquisition, le 22 mai 2007, des terres Miner;

7 janvier 2011

Le chalet brûle.

15 octobre 2011


«La Ville de Granby était propriétaire de l'ancien pavillon du club de golf Miner.»

«Michel Pinault affirme que lorsque la Ville a fait l'acquisition des terres Miner en 2007, elle est devenue, par conséquent, propriétaire du terrain et du pavillon de golf

Aucun correctif ne sera apporté.

19 octobre 2011

Le Journal l'Express écrit:

«(...) la Ville n'avait pas touché de compensation pour la perte de l'ancien chalet dont elle était légalement propriétaire

«C'est ce document qui aurait donné le mandat à l'organisme sans but lucratif de s'assurer sur ses biens et sur le bâtiment dont il est locataire

«Or, cette somme n'a jamais été remise à la Ville de Granby, pourtant propriétaire des lieux.»

Aucun correctif ne sera apporté.

5 décembre 2011

En séance publique, le maire semble nous dire que le club de golf est propriétaire du bâtiment.  On vérifiera et on reviendra sur le sujet.  (Voir vidéo précédent)

Séance du 19 décembre 2011

Le maire s'est très bien préparé.  Il a cherché des façons de prouver que le bâtiment ne nous appartenait pas.  Il nous lira un texte écrit à l'avance afin de s'assurer de ne pas dire de niaiseries.  Analysons cette explication, bout par bout.  Je la commenterai à mesure.

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Petite pause pour démontrer la transparence du processus:  C'est le devoir du citoyen d'enregistrer la séance  pour savoir ce que le conseil dit.  Heureusement qu'elle est télévisée.

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Le maire dit: «Le juge indique à son paragraphe [50] que les bâtisses appartiennent à l'association qui opère le club de golf.»

Voyons ce que dit le paragraphe [50] du jugement:

[50] Site N03 (972 000 $): C'est un terrain de golf de 9 trous (54,51 acres) que la ville évalue à 13 632 $ l'acre. Le terrain est loué à une association, mais les bâtisses appartiendraient à l'association qui opère le club de golf.

«Appartiendraient» ce n'est pas la même chose que «appartiennent».  C'est du conditionnel présent et le Larousse 1981 nous dit:  «mode du verbe qui exprime une action éventuelle dépendant d'une condition, par ex.: "si j'étais riche, je vous aiderais"; ou une simple supposition, par ex.: "j'y retounerais les yeux fermés"».  Je crois que le terme «supposition» est celui qui s'applique ici.

De plus, le paragraphe [47] nous dit que ce sont «quelques commentaires sur chacun des sites, commentaires que je tire du rapport.»  Le rapport en question a été écrit par M. Claude Métras, un évaluateur agréé, donc ce n'est ni un notaire, ni un avocat.

Continuons:

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Deux choses importantes:  Richard Goulet nous dit qu'il lit les notes de la directrice des services juridiques (une avocate) et il nous dit aussi que: «Dans ce bail, le club de golf avait l'obligation d'assurer leur bâtiment et leurs opérations.»

Pourquoi le locateur du terrain (la Ville) obligerait le propriétaire du bâtiment (soi-disant le club de golf Miner) à assurer le bâtiment dont le club de golf est lui-même propriétaire?  Ça n'a pas de sens.  La réalité c'est que, comme pour nous tous, il est tellement évident que le bâtiment nous appartient que c'est difficile pour eux de se convaincre du contraire.

Continuons:

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Encore une fois, notons ici la transparence du conseil.  On nous donne pour preuve un procès-verbal d'une séance préparatoire qui est confidentielle (selon des règles internes et non des lois gouvernementales).  On doit se fier à la parole de Richard Goulet pour savoir ce qui est écrit dans ce document.  Comme on l'a vue précédemment avec le jugement, on peut «arranger» les temps de verbe comme on veut et omettre certaines informations.

De plus, sachez que le point qui avait été soulevé le 5 décembre dernier n'était pas que les conseillers n'étaient pas au courant de «l'intention de gestion» et de «tout ce qu'on était pour faire au club de golf Miner», mais bien que les conseillers n'étaient pas au courant que le club de golf avait reçu un montant d'assurance pour le bâtiment qui avait brûlé.

Continuons:

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Ici, on nous dit que la résolution du 13 décembre 2010 (voir plus haut), qui dit que la Ville se considère propriétaire des bâtiments, n'est pas contradictoire avec le fait qu'elle n'est pas propriétaire.  Mais elle sert à protéger les intérêts de la Ville ?!?  Ça n'a aucun sens.  Quels intérêts protègeons-nous en spécifiant qu'on est propriétaire d'un bâtiment, si on prétend par la suite qu'il appartient à un autre?

Continuons:

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Pourquoi le club nous donnerait ses biens?  S'il était propriétaire de la bâtisse, que l'assurance lui revient de droit et qu'il nous doit rien, pourquoi nous les donner?  Pire que ça, ce n'est pas lorsque l'entente sera signée qu'ils nous donneront leurs biens, seulement en «cas de dissolution» de l'organisme.  Ça veut dire que tous les biens resteront la propriété du club de golf et rien n'empêche la Ville et le club de golf de réviser cette entente plus tard (je vous rappelle qu'elle sera d'au plus 5 ans, peut-être 1 an ou 2 ans selon le maire) et de faire sauter cette clause. Dites-moi, qui vérifiera que cette clause sera toujours là au renouvellement de l'entente?

Continons:

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Voici maintenant les propos d'une avocate.  Premièrement, elle n'a pas répété les propos du maire.  C'est très important, car elle est membre du barreau et elle ne peut pas dire n'importe quoi; le maire, lui, il peut.   Deuxièmement, elle n'a pas dit que la Ville n'a pas les titres de propriété du bâtiment, ni qu'elle les a, elle n'a pas dit que le club de golf en avait et elle n'a pas dit qu'il n'en avait pas non plus!  Tout ça, c'est louche, affreusement louche.

Selon vous, la Ville était-elle propriétaire du chalet de golf qui a été incendié en janvier dernier ou croyez-vous notre maire?

En passant, voici ce que Richard Goulet faisait 5-10 minutes avant les extraits que vous avez vu:

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Vive la transparence!

samedi 17 décembre 2011

Une image vaut mille mots

Je vais m'amuser à faire des petits dessins pour aider les gens à visualiser la situation financière qu'on vit présentement à Granby et vers où on s'en va.  Pour tous les dessins, vous pouvez les double-cliquer pour les agrandir.  Les chiffres présentés ne représente pas nécessairement ceux de la ville de Granby, mais ils sont d'un même ordre de grandeur.

Cas général

Voici les échanges d'argent possibles pour un conseil:


Le conseil reçoit l'argent des taxes de la population et des emprunts de la banque, puis il doit rembourser une partie de sa dette de l'année dernière (capital et intérêts) à la banque.  Le restant, il l'investit dans la ville en biens et services.  La nouvelle dette à la fin de l'année sera la somme de la dette de l'année dernière et des emprunts de cette année, moins le capital remboursé.

Ère pré-Goulet

Voici ce qui se passait avant que Richard Goulet prenne le pouvoir:


Il n'y avait pas de dette l'année précédente, on n'avait donc aucun remboursement de capital, ni d'intérêts à payer.  La dette demeurait donc à zéro et 100% des taxes était investit dans la ville.  Simple.  Notez qu'à cette époque, il y avait une croissance:  la valeur des maisons augmentait, la population augmentait et il y avait de nouvelles constructions de toutes sortes.  Notez aussi qu'on ne parle pas ici de mettre de l'argent dans un compte de banque et d'attendre pour payer les investissements.

Goulet le héros

Richard Goulet prend les commandes du navire et décide d'emprunter pour la première fois:


En emprutant, on ajoute 10 M $ aux investissements dans la ville.  Comme la dette de l'année précédente était nulle, il n'y a pas de capital à rembourser ou d'intérêts à payer.  D'un point de vue citoyen, c'est la multiplication des pains: On paye 75 M $ et on obtient 85 M $ d'investissements.

Aujourd'hui:  La vie est toujours belle

Avançons quelques années plus tard et imaginons que la dette de l'année précédente est de 40 M $.  Si les taux d'intérêts sont de 5 %, alors les intérêts à payer seront 0.05 X 40 M $ = 2 M $; aussi simple que ça.  Disons que cette même année, la banque exige que nous remboursions 5 M $ sur ce que nous devons.  Nous obtiendrons pour cette année-là:


Deux choses à noter.  La dette augmente de 5 M $ (= emprunt - capital remboursé) et nous «créons» toujours des revenus additionnels, mais beacoup moins.  Avec le même 10 M $ d'emprunt, on obtient seulement 3 M $ d'argent supplémentaire à investir (= 78 M $ - 75 M $).  Le peuple est toujours heureux et il jouit:

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L'équilibre

Malgré tout, certaines personnes s'inquiètent de la dette qui augmente constamment.  Pas de problème, car un jour on atteindra un «équilibre» et la dette cessera alors d'augmenter.  Laissons le conseiller Michel Mailhot nous l'expliquer:

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Illustrons ce phénomène.  Pour ce faire, imaginons que nous avons atteint 100 M $ de dette, que la banque exige 10 M $ de rembousement sur le capital et, donc, nous décidons d'emprunter 10 M $, ce qui crée l'équilibre dont M . Mailhot parle:


Magie!  La dette demeure à 100 M $!  Par contre, à ce stade, même si les citoyens donnent 75 M $ au conseil, seulement 70 M $ sont investis dans la ville car il y a les intérêts à payer sur la dette de 100 M $ de l'année dernière, soit 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  En fait, puisqu'en situation d'équilibre l'emprunt est toujours égal au remboursement, on peut complètement les éliminer de l'équation:


Ici nous avons EXACTEMENT la même situation que lorsque nous payions comptant (voir plus haut), avec la différence que nous perdons 5 M $ par année et ce, tant et aussi longtemps que nous maintiendrons la dette stable.  Si quelqu'un vous disait qu'au temps où on payait comptant, on n'investissait pas assez, aujourd'hui vous investissez encore moins, avec le même argent provenant de la population.  Si on voudrait investir dans la ville comme à cette époque, il faudrait hausser les taxes de 5 M $ pour compenser.  C'est à ce moment qu'on commence à parler de hausse de taxes, pas avant.

Naturellement, vous pouvez choisir un montant moins élevé comme dette stable (disons 80 M $), le résultat sera que vous perdrez 4 M $ par année au lieu de 5 M $; Mince consolation.  En fait, avant Richard Goulet, nous avions une dette stable: elle était «stable et équilibrée» à 0 $.

Peu importe, le peuple jouit moins fort dans ces temps-là.

Je vous vois venir, il y a des malins parmi vous! Les taux d'intérêts sont bas, c'est le temps d'emprunter!  Écoutons un expert, avec preuve à l'appui:

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Wow! 2,6 %! Revoyons le tableau précédent avec une dette de 100 M $ et un taux d'intérêt de 2 % (beurrons épais):  On devra PERDRE 2 M $ par année (= 0.02 X 100 M $) au lieu de 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  Réjouissons-nous!  Un voleur est entré chez nous et il a prix le téléviseur mais il nous a laissé le système de son; Quelle chance nous avons!

Ce que notre expert a aussi oublié de mentionner, c'est que les taux d'intérêt, ça augmentent aussi.  Des taux d'intérêt à 7-8 %, ça ne sort pas de l'ordinaire.  Si cela se produit alors que nous avons déjà une dette «stable et équilibrée» de 100 M $, c'est 7-8 M $ que nous perdons chaque année et ce, sans avertissement.

Rembourser la dette

Mais je vois le brillant au fond de la classe qui lève la main et meurt d'envie de nous donner la solution au problème: On n'a qu'à ne plus emprunter pour cette année, ainsi la dette diminuera et les intérêts à payer seront diminués!  Brillant!  Voyons voir ce qui se passera:



Yikes!  La dette passe effectivement de 100 M $ à 90 M $, mais avec les 75 M $ de la population, on ne peut désormais qu'investir 60 M $ dans la ville.  Alors on peut couper dans les investissements ou augmenter les taxes pour compenser.  Ça semble pas mal moins amusant que dans le temps de Goulet.  En fait, il n'y a plus personne qui parle de jouissance à ce stade-ci, car c'est le retour du balancier.  Rien ne se crée, rien ne se perd.

Vous noterez que je dis «dans le temps de Goulet» car, effectivement, Richard Goulet ne sera plus là à ce moment-là.  Les problèmes commencerons lorsque la dette cessera d'augmenter et en ce moment elle augmente plus de 10 M $ par année et il compte le faire au moins encore jusqu'aux élections.  La magie demeure.

Le rattrapage

Voilà la bonne excuse pour emprunter: On doit faire du rattrapage.  Voyons voir ce que le conseiller Bonin avait à dire lors du dépôt du budget 2012:

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120 M $ de projets à faire.  Malgré tout le «rattrapage» effectué, il y a encore des tonnes de projets à réaliser.  La réalité, c'est qu'il y en aura toujours. Vous êtes mieux de bien choisir et, surtout, bien faire ceux que vous réalisez, plutôt que d'aller au plus vite et tenter de tous les faire en même temps et être pris pour les recommencer plus tard.  Ça, ça diminue encore plus la capacité de payer des gens qui devront payer vos dettes dans le futur en plus de recommencer le travail (ex.: la rue Grove).  Gérer une ville, ce n'est pas un sprint, c'est un marathon qui ne finira jamais.

J'espère que cela facilite la compréhension de l'endettement.  Ce sont  des propos similaires - et plus encore - que vous retrouverez dans: