samedi 17 décembre 2011

Une image vaut mille mots

Je vais m'amuser à faire des petits dessins pour aider les gens à visualiser la situation financière qu'on vit présentement à Granby et vers où on s'en va.  Pour tous les dessins, vous pouvez les double-cliquer pour les agrandir.  Les chiffres présentés ne représente pas nécessairement ceux de la ville de Granby, mais ils sont d'un même ordre de grandeur.

Cas général

Voici les échanges d'argent possibles pour un conseil:


Le conseil reçoit l'argent des taxes de la population et des emprunts de la banque, puis il doit rembourser une partie de sa dette de l'année dernière (capital et intérêts) à la banque.  Le restant, il l'investit dans la ville en biens et services.  La nouvelle dette à la fin de l'année sera la somme de la dette de l'année dernière et des emprunts de cette année, moins le capital remboursé.

Ère pré-Goulet

Voici ce qui se passait avant que Richard Goulet prenne le pouvoir:


Il n'y avait pas de dette l'année précédente, on n'avait donc aucun remboursement de capital, ni d'intérêts à payer.  La dette demeurait donc à zéro et 100% des taxes était investit dans la ville.  Simple.  Notez qu'à cette époque, il y avait une croissance:  la valeur des maisons augmentait, la population augmentait et il y avait de nouvelles constructions de toutes sortes.  Notez aussi qu'on ne parle pas ici de mettre de l'argent dans un compte de banque et d'attendre pour payer les investissements.

Goulet le héros

Richard Goulet prend les commandes du navire et décide d'emprunter pour la première fois:


En emprutant, on ajoute 10 M $ aux investissements dans la ville.  Comme la dette de l'année précédente était nulle, il n'y a pas de capital à rembourser ou d'intérêts à payer.  D'un point de vue citoyen, c'est la multiplication des pains: On paye 75 M $ et on obtient 85 M $ d'investissements.

Aujourd'hui:  La vie est toujours belle

Avançons quelques années plus tard et imaginons que la dette de l'année précédente est de 40 M $.  Si les taux d'intérêts sont de 5 %, alors les intérêts à payer seront 0.05 X 40 M $ = 2 M $; aussi simple que ça.  Disons que cette même année, la banque exige que nous remboursions 5 M $ sur ce que nous devons.  Nous obtiendrons pour cette année-là:


Deux choses à noter.  La dette augmente de 5 M $ (= emprunt - capital remboursé) et nous «créons» toujours des revenus additionnels, mais beacoup moins.  Avec le même 10 M $ d'emprunt, on obtient seulement 3 M $ d'argent supplémentaire à investir (= 78 M $ - 75 M $).  Le peuple est toujours heureux et il jouit:

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L'équilibre

Malgré tout, certaines personnes s'inquiètent de la dette qui augmente constamment.  Pas de problème, car un jour on atteindra un «équilibre» et la dette cessera alors d'augmenter.  Laissons le conseiller Michel Mailhot nous l'expliquer:

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Illustrons ce phénomène.  Pour ce faire, imaginons que nous avons atteint 100 M $ de dette, que la banque exige 10 M $ de rembousement sur le capital et, donc, nous décidons d'emprunter 10 M $, ce qui crée l'équilibre dont M . Mailhot parle:


Magie!  La dette demeure à 100 M $!  Par contre, à ce stade, même si les citoyens donnent 75 M $ au conseil, seulement 70 M $ sont investis dans la ville car il y a les intérêts à payer sur la dette de 100 M $ de l'année dernière, soit 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  En fait, puisqu'en situation d'équilibre l'emprunt est toujours égal au remboursement, on peut complètement les éliminer de l'équation:


Ici nous avons EXACTEMENT la même situation que lorsque nous payions comptant (voir plus haut), avec la différence que nous perdons 5 M $ par année et ce, tant et aussi longtemps que nous maintiendrons la dette stable.  Si quelqu'un vous disait qu'au temps où on payait comptant, on n'investissait pas assez, aujourd'hui vous investissez encore moins, avec le même argent provenant de la population.  Si on voudrait investir dans la ville comme à cette époque, il faudrait hausser les taxes de 5 M $ pour compenser.  C'est à ce moment qu'on commence à parler de hausse de taxes, pas avant.

Naturellement, vous pouvez choisir un montant moins élevé comme dette stable (disons 80 M $), le résultat sera que vous perdrez 4 M $ par année au lieu de 5 M $; Mince consolation.  En fait, avant Richard Goulet, nous avions une dette stable: elle était «stable et équilibrée» à 0 $.

Peu importe, le peuple jouit moins fort dans ces temps-là.

Je vous vois venir, il y a des malins parmi vous! Les taux d'intérêts sont bas, c'est le temps d'emprunter!  Écoutons un expert, avec preuve à l'appui:

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Wow! 2,6 %! Revoyons le tableau précédent avec une dette de 100 M $ et un taux d'intérêt de 2 % (beurrons épais):  On devra PERDRE 2 M $ par année (= 0.02 X 100 M $) au lieu de 5 M $ (= 0.05 X 100 M $).  Réjouissons-nous!  Un voleur est entré chez nous et il a prix le téléviseur mais il nous a laissé le système de son; Quelle chance nous avons!

Ce que notre expert a aussi oublié de mentionner, c'est que les taux d'intérêt, ça augmentent aussi.  Des taux d'intérêt à 7-8 %, ça ne sort pas de l'ordinaire.  Si cela se produit alors que nous avons déjà une dette «stable et équilibrée» de 100 M $, c'est 7-8 M $ que nous perdons chaque année et ce, sans avertissement.

Rembourser la dette

Mais je vois le brillant au fond de la classe qui lève la main et meurt d'envie de nous donner la solution au problème: On n'a qu'à ne plus emprunter pour cette année, ainsi la dette diminuera et les intérêts à payer seront diminués!  Brillant!  Voyons voir ce qui se passera:



Yikes!  La dette passe effectivement de 100 M $ à 90 M $, mais avec les 75 M $ de la population, on ne peut désormais qu'investir 60 M $ dans la ville.  Alors on peut couper dans les investissements ou augmenter les taxes pour compenser.  Ça semble pas mal moins amusant que dans le temps de Goulet.  En fait, il n'y a plus personne qui parle de jouissance à ce stade-ci, car c'est le retour du balancier.  Rien ne se crée, rien ne se perd.

Vous noterez que je dis «dans le temps de Goulet» car, effectivement, Richard Goulet ne sera plus là à ce moment-là.  Les problèmes commencerons lorsque la dette cessera d'augmenter et en ce moment elle augmente plus de 10 M $ par année et il compte le faire au moins encore jusqu'aux élections.  La magie demeure.

Le rattrapage

Voilà la bonne excuse pour emprunter: On doit faire du rattrapage.  Voyons voir ce que le conseiller Bonin avait à dire lors du dépôt du budget 2012:

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120 M $ de projets à faire.  Malgré tout le «rattrapage» effectué, il y a encore des tonnes de projets à réaliser.  La réalité, c'est qu'il y en aura toujours. Vous êtes mieux de bien choisir et, surtout, bien faire ceux que vous réalisez, plutôt que d'aller au plus vite et tenter de tous les faire en même temps et être pris pour les recommencer plus tard.  Ça, ça diminue encore plus la capacité de payer des gens qui devront payer vos dettes dans le futur en plus de recommencer le travail (ex.: la rue Grove).  Gérer une ville, ce n'est pas un sprint, c'est un marathon qui ne finira jamais.

J'espère que cela facilite la compréhension de l'endettement.  Ce sont  des propos similaires - et plus encore - que vous retrouverez dans:

1 commentaire:

  1. Très bien illustrer! Le problème n'est pas d'avoir une dette mais c'est de jamais la rembourser. Voilà pourquoi toutes les villes du Québec ont des dettes......parce que c'est très difficile a rembourser. Soit il faut augmenter les taxes soit il faut couper drastiquement dans les dépenses. Aucun politicien ne veut prendre cette route.

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