mercredi 3 décembre 2014

Vous ne lirez pas cet article

Non, vous ne lirez pas cet article.  La raison est simple: ça n'intéresse personne.  J'ai pourtant tenter de travailler avec les autres pour faire avancer les choses, mais on m'a clairement dit que ça n'intéresse personne.  Aujourd'hui, je me dois de démontrer que mon travail avait de la valeur;  Ne serait-ce que pour préserver ma santé mentale.

Budget 2013

En décembre 2012, le conseiller Michel Mailhot présentait le budget 2013.  Dans la vidéo suivante, il nous explique comment on doit voir l'augmentation de 8% du compte de taxes (je suis désolé pour les 10 premières secondes sans image, c'est un problème technique de la station de télévision):

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Pour lui, une augmentation de 8% dès la première année pour une durée de 3 ans est l'équivalent de 2,6% par année.  À l'époque, j'étais dans l'assistance et j'ai sursauté en entendant ça.  Le tableau suivant montre ce qu'aurait été sur le compte de taxes une augmentation de 2,6% par année par rapport à 2012 comparativement à ce que M. Mailhot a présenté (8% dès la première année):


annéeScénario 8%Scénario 2.6%
2013154 $50 $
2014154 $101 $
2015154 $154 $

Il me semble que la différence est simple à voir:  On prend l'augmentation qu'on devrait avoir en 2015 et on l'applique aux années précédentes.  C'est comme si vous alliez chez votre épicier et qu'il vous dirait:

«Aujourd'hui je te vends ma canne de petits pois 1.00 $.  Mais à cause de l'inflation, l'année prochaine je vais devoir te la vendre 1.10 $, l'année suivante je te la vendrai 1.20 $ et la troisième année, ça sera probablement 1.30 $.

Sais-tu quoi? Étant donné que je devrais augmenter à 1.30$ dans 3 ans, je ne perdrais pas de temps et je vais l'augmenter à 1.30 $ dès l'année prochaine.»

C'est le raisonnement le plus stupide que j'ai jamais entendu.  Et pourtant nos élus le font sans que personne ne réagisse.  Personne ?  En fait, je l'ai fait.  Bon je suis le seul, mais quand même.  La vidéo suivante présente le résultat de mon intervention à peine quelques minutes après les propos de M. Mailhot.  Admirez la technique d'équipe pour me ridiculiser:

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J'aime bien les accusations de M. Mailhot:

«Vous faites une allusion à la population - Vous avez la chance d'avoir le micro - que ça va être 8 % par année.  J'aime pas votre allusion.  Vous travaillez dans cette façon là, pis c'est pas l'fun de passer des mauvais messages à la population.»

Celle de Mme Éliette Jenneau n'est pas meilleure:

«Alors l'insécurité que vous essayez de mettre dans la tête de nos citoyens, nos citoyennes, ce soir, j'en vois pas l'utilité en fait.»

Apparemment, je cherchais à faire peur aux gens et ce, sans fondement.

La réalité

Voilà, aujourd'hui nous somme à l'aube de 2015.  Surprise, il y aura une augmentation du taux de taxes!  On nous a dit 53 $ de plus.  Le tableau précédent n'est donc plus vrai.  La dernière ligne doit être modifiée:

annéeScénario 8%Scénario 2.6%
2013154 $50 $
2014154 $101 $
2015207 $154 $

Non seulement nous avons payé une augmentation équivalente aux prévisions de l'augmentation pour 2015 pour les années 2013 et 2014, mais un coup rendu en 2015, on augmente l'augmentation prévue!

Pensez-vous que M. Mailhot qui m'accusait de faire des allusions en 2012, va défendre ses propos de 2012, soit:

«C'est sur 3 ans, je le répète,  parce que je ne veux pas entendre que les gens disent qu'on augmente notre coût de taxes de 7% cette année, c'est vraiment sur 3 ans, ça fait uniquement 2,3 % d'augmentation.»

Meeeeeeeeuh Non, voyons!

Il ne parlera pas, comme d'habitude.  Et si jamais quelqu'un le forcerait à parler, il mettra l'accent sur le fait qu'il avait aussi dit (grâce à mon intervention) que rien n'était garanti.  Le 2.3 % par année? C'est le passé.  Regardons plutôt vers l'avenir les augmentations qu'on vous propose, question de vous faire avaler celle de cette année.

Mais ce n'est pas le même maire, me direz-vous?  Oui mais il était là lors du dépôt du budget 2013 par M. Mailhot.  Voulez-vous entendre ce qu'il avait à dire sur l'augmentation du compte de taxes lors de cette même réunion?  Vous allez voir, écouter les propos d'hier de M. Bonin et comparez-les avec ses actions d'aujourd'hui, c'est pissant:

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Vous l'avais-je dit?  Tordant.  M. Bonin ne semble plus parler de diminution de taxes aujourd'hui.

Et si les hausses de taxes étaient justifiées?

Soyons neutre et objectif pour un instant.

Comme M. Bonin nous le rappelle dans la vidéo précédente, M. Goulet et ses acolytes nous ont toujours dit que Granby en bas de 80¢, c'est ingérable.  Aujourd'hui, M. Bonin, qui a maintenant le loisir de prendre les décisions, semble démontrer la même chose.  Tout ceci semble indiquer que M. Bonin avait tort.  Et si M. Bonin avait tort alors qu'il était déjà sur le conseil à l'époque (Et même sur le comité des finances à une certaines époque), alors M. O'Breham a probablement tort aussi et ne pourrait certainement pas faire mieux lui aussi.

M. Bonin présente beaucoup d'avantages comparativement à son prédécesseur, notamment ses relations cordiales avec ses citoyens et son honnêteté intellectuelle du fait qu'il augmente les taxes pour les dépenses qu'il fait plutôt que d'augmenter la dette et de faire croire aux citoyens que tout est gratuit.  Espérons qu'il continuera sur cette voie.

Mais est-ce que l'argent est bien dépensé?  Je crois qu'il a encore des croûtes à manger.  Je ne sais pas ce qui se passe lorsqu'on dépose son derrière dans un siège à la table du conseil, mais on dirait que ç'a un effet très négatif sur le gros bon sens.

Laissez-moi vous démontrez que M. Bonin aurait pu vous annoncer une baisse du taux de taxes au lieu d'une augmentation et ce, seulement en vous démontrant à quel point l'achat de l'usine Cresswell pour la future piscine est une très mauvaise affaire pour les contribuables granbyens.

La piscine

Je ne veux même pas mettre en doute la nécessité de construire une piscine.  On prend pour acquis que c'est une nécessité.

Le conseil vient tout juste de donner son accord pour l'achat de l'usine Cresswell en vue d'y installer cette piscine.  Prix d'achat: 2.9 millions $.  Les coûts de démolition sont aux frais du vendeur, et ceux de décontamination sont 50/50 entre la ville et le vendeur, jusqu'à concurrence de 500 000 $ pour la ville.  Ce qui signifie que le coût final pour la ville pourrait être de 3.4 millions $.

La Voix de l'Est nous dit que «La valeur marchande du terrain, selon les évaluations obtenues par la Ville, oscille entre 2,6 et 2,9 millions$, dit le maire.».

Le terrain vaut 2.9 millions $ selon les évaluations.  Vraiment?  Vérifions donc la propre évaluation de la ville du 553 Léon-Harmel:

Valeur du terrain:            195 000 $
Valeur du bâtiment:         743 000 $
Valeur de l'immeuble:     938 500 $

Visiblement, on est loin de l'évaluation de la Ville (surtout si on ne considère que le terrain, comme l'article le mentionne).  L'évaluation de la Ville est pourtant représentative de la valeur marchande et vous n'avez qu'à regarder des sites d'agent immobilier pour vous apercevoir que les prix demandés (et non les prix vendus) et les évaluations de la Villes sont très similaires.  La compétence du service d'évaluation ne peut donc être remise en cause.

Alors pourquoi payer 3 fois plus ?  C'est vrai, le terrain doit être décontaminé.  Mais depuis quand est-ce la responsabilité de l'acheteur de payer la décontamination ?  Normalement, on vit plutôt la situation inverse:  Un acheteur prend possession du terrain, il s'aperçoit qu'il est contaminé, puis il poursuit le vendeur pour vice caché afin de se faire rembourser les coûts de décontamination.  Et si le vendeur le déclare lors de l'achat, son terrain vient perdre énormément de valeur.  Ici, au lieu que le pollueur paye, c'est encore le contribuable.

C'est vrai aussi qu'en cas d'expropriation, on doit payer les frais pour le déménagement imposé; et c'est normal.  Ici, il n'y a pas d'expropriation, mais s'il n'y avait pas eu d'entente, la Ville y aurait été contrainte et elle aurait dû en faire une.  Mais l'usine en question vit des temps difficiles car le potentiel de croissance n'est plus là.  Elle va concenter ses opérations dans son autre usine, réduire ses effectifs d'une quinzaine de personnes et prendre l'argent pour réinvestir dans ses équipements.  La situation semble plus être une fermeture inévitable qu'un déménagement imposé.  Un acheteur sérieux aurait su jouer cette carte pour faire son offre d'achat au moment opportun (un bâtiment vide aurait eu une moins grande valeur).  Mais il y en a qui ne peuvent pas attendre.  Finalement, on vient de subventionner indirectement les activités industrielles d'une usine.

Bref, cet immeuble est loin - très loin - de valoir 2,9 millions $.

Comme pour le conseil précédent, on a aussi la mauvaise habitude de dire à tout le monde qu'il n'y a qu'une seule possibilité:  On veut la Cresswell, c'est ça ou rien.  Bonne chance dans vos négociations avec de tels propos.

Au fait, combien ça vaut un terrain de 263 000 pi.ca., sans bâtiment?  Celui de la Cresswell est évalué à 195 000 $.  C'est environ 3 millions $ de moins que ce qu'on s'apprête à payer (On ne s'enfargera pas dans les virgules).

Vous rappelez-vous, il y a un jour pas si lointain, la ville était propriétaire d'un terrain qu'elle a vendu 1,25$/pi. ca.?  Le «deal» du siècle nous disait-on.  Même un juge de la Cour Supérieure avait une opinion allant dans ce sens.  Bon, c'est un «deal» tellement payant qu'on doit maintenant augmenter les taxes ... mais je m'éloigne du sujet.  Ce terrain est un des quartiers chauds de la Ville.  Les gens de ce quartier doivent traverser un pont chaque fois qu'ils veulent utiliser les services de la Ville, au point que certains sont prêt à construire un autre pont.  Il y a aussi dans ce secteur, le complexe Artopex (C'est drôle, c'est financé par le privé ... Aaaaargh, j'ai dit que je ne parlerais pas de la nécessité pour une ville d'investir dans une piscine!).  On pourrait donc y développer un «quadrilatère des sports» à cet endroit.  À l'époque où la Ville était propriétaire, on avait même eu la générosité de donner un terrain à la commission scolaire pour qu'elle y construise une école.  Ah, le bon vieux temps où l'on était riche!

Bref, si on aurait garder 263 000 pi. ca. des terres Miner (si vous n'aviez pas encore compris de quel terrain je parlais) avant de les vendre (ou si on en ferait l'expropriation aujourd'hui), à 1,25 $/pi. ca., ça nous aurait coûté que 330 000 $.  Encore 3 millions $ de moins que ce que ça coûte pour la Cresswell.

Oui, on peut avoir une belle argumentation en faveur de la Cresswell pour y établir une piscine.  Mais on peut aussi y trouver des désavantages et on peut faire une belle argumentation pour d'autres options aussi.  Et payer 3 millions $ de plus qu'une autre option, pour moi, c'est pesant dans la balance; Surtout en période d'austérité et surtout lorsque les subventions ne sont pas garanties et que le projet ne pourra pas se faire sans elles.

Ce qui me choque le plus, c'est qu'aucun conseiller n'a commenté le dossier.  Ç'a passé comme une lettre à la poste.  Et nous avons, pas un, mais deux agents immobilier siégeant sur le conseil.  Jamais vous me ferez croire que, dans le privé, il ne dirait pas que c'est trop cher payé pour ce terrain.  Qu'est-ce que ça donne d'avoir des experts sur le conseil si on ne peut pas profiter de leurs expertises?

Et le compte de taxes, dans tout ça?

L'augmentation de taxes que nous subiront en 2015 rapportera 1,6 millions $ à la Ville.  Pour nous faire avaler la pilule, le maire Bonin nous imageait:

«Avec 1,6 million$, on fait un kilomètre de rue»

Notez qu'il ne parle pas de financer l'achat de son terrain pour la piscine;  Les rues, ça paraît toujours mieux.

Pourtant, si le conseil aurait fait une négociation plus serrée, il aurait pu facilement économiser ce 1,6 millions $ et la hausse de 2015 n'aurait pas été nécessaire et ce, sans réduire les investissements dans les infrastructures de rue.

Pire encore, s'il aurait choisi un autre terrain et économiser 3 millions $, il aurait pu BAISSER le taux de taxes de 2,5 ¢ au lieu de l'augmenter de 2,5 ¢; Toujours sans réduire les investissements ailleurs.

Voilà pourquoi je maintiens encore que la Ville pourrait être gérée à moindre coût.  Et encore, on n'a même pas parlé des 4 millions $ qu'on paye chaque année pour les intérêts sur la dette, soit l'équivalent de 6 ¢ sur notre taux de taxes qui ne nous rapportent absolument rien.

Mais voilà, personne ne lira cet article.  Et même si quelqu'un le ferait, personne n'ira questionner le conseil concernant ses décisions douteuses.  Le fauteuil de notre salon est plus confortable.

Pour ma part, c'est terminé.  Même si je le voudrais, je n'en ai plus l'énergie.  Et le peu d'appui que j'ai eu m'a enlevé toute ma crédibilité dans ces dossiers.  J'ai seulement écrit cet article pour ma thérapie personnelle, donc il n'est pas nécessaire que vous laissiez des commentaires ou que vous me contactiez pour me féliciter.  Si vous voulez faire quelque chose, allez brasser le conseil pour les réveillez un peu et les maintenir sur le qui-vive.

Sinon, continuez d'attendre que les gouvernements dilapident vos fonds avant de réagir.  Mais ne vous plaignez pas quand il n'y en aura plus et que vous vivrez un régime d'austérité.  En démocratie, c'est lorsque les décisions sont prises au conseil qu'il faut réagir, et non pas manifester dans la rue quand notre côte de crédit est abaissée.

En passant, à Granby, les décisions sont prises à la séance publique du conseil et non pas un samedi matin, une fois par mois.  Vous êtes des adultes responsables, capables de comprendre ce qui se passe à ces réunions, du moins si vous en faites l'effort.  Ne vous laissez pas distraire par des réunions qui n'ont aucun poids politique et qui vous distraient des «vraies affaires».  Si vous continuer, on finira par vous retirer le droit de participer aux «vraies» réunions.

Édition:

Incroyable, pas aussitôt terminé d'écrire cet article que je lis le Granby Express où on peut y lire:

«Une fois le terrain remis en état, la Ville va disposer d'un vaste espace de 24 740 mètres carrés (263 393 pieds carrés). Le prix de vente représente donc un peu plus de 117$ du mètre carré. «Ce qui est conforme à l'évaluation que notre directrice Chantal Leduc, du Service de l'évaluation, en a faite pour un terrain sans bâtisse et décontaminé», peut-on lire dans la résolution adoptée lundi soir.»

Apparemment, c'est le service d'évaluation de la ville qui a fait l'évaluation de 2,6 à 2,9 millions $ (J'aimerais bien voir cette évaluation et, surtout, les comparatifs utilisés, car ça ne correspond pas avec ce que j'ai vue de certains terrains que j'ai rapidement analysés).  Mais voilà, c'est pour un terrain d-é-c-o-n-t-a-m-i-n-é.  Y a-t-il quelqu'un qui peut m'expliquer pourquoi on paye, en plus, la moitié de la décontamination alors qu'on donne déjà un montant équivalent au haut de la fourchette de prix?

Je vous le dis, nos agents immobilier qui siègent sur le conseil dorment sur la switch.  C'est pas vraiment plus gratifiant pour les autres conseillers non plus.

samedi 9 mars 2013

Registre à NE PAS signer!

Nous pouvons aller signer un registre les 18 et 19 mars prochains à l'hôtel de ville.

Quoi?  Pour s'opposer à un autre emprunt du conseil?  Non, c'est pour s'opposer au fait que le conseil veuille ... mettre de l'argent de côté!  En effet le conseil veut créer une réserve financière à laquelle il s'engage à y verser 125 000 $ par année pour l'achat de futures terres humides.  J'avais déjà commenté ce projet dans une opinion publiée dans La Voix de l'Est.

Mais pour quelle raison la Ville doit-elle tenir un registre pour ce projet ou celui concernant un emprunt pour la réfection des égouts d'une rue, mais que nous n'avons pas un mot à dire dans le cas des installations de toilettes aux centre-ville?

La loi est bien faite

La loi sur les cités et villes est bien faite, pleine de gros bon sens.  Les gens d'aujourd'hui semblent tout de même avoir de la difficulté à en comprendre les fondements.  Voyons voir comment le système démocratique devrait fonctionner selon la loi.

Le conseil est souverain ...

Nous avons souvent entendu le maire actuel nous dire que puisqu'il a été élu, il a carte blanche pour 4 ans, qu'il peut faire n'importe quel projet sans consulter la population.  Eh bien, c'est vrai ... plus ou moins.

... ou presque! partie I

En fait, la population a été consultée.  Au début du terme de 4 ans, il y a eu une élection.  Malheureusement, les citoyens d'aujourd'hui semblent exiger très peu de la part des candidats aux élections.  Une campagne électorale, c'est le temps de demander aux candidats ce qu'ils envisagent de faire durant les 4 prochaines années, comment ils comptent dépenser l'argent.  Et j'insiste beaucoup sur le «Comment».  On ne devrait jamais se contenter d'une banale généralité tel que «J'encouragerai le développement communautaire»  ou «Je diminuerai l'endettement»;  Oui mais, comment?  Chaque candidat devrait être obligé (par les électeurs) à exposer les détails de leur plan de gestion.  Pourquoi?  Parce que lorsqu'un de ces candidats sera élu, il aura 4 ans de liberté pour faire tout ce qu'il veut.  C'est ça la démocratie «pratico-pratique», car on ne peut pas aller en consultation populaire chaque fois que le conseil pose un geste (sinon on n'aurait pas besoin d'un conseil, toute la population voterait chaque fois par voie de référendum).

En tant qu'électeur n'oublier de poser des questions aux candidats.  Si les journalistes ne vont pas assez au fond des choses, si les candidats ne font que s'amuser avec des jeux de mots, n'hésitez pas à les contacter (par téléphone ou courriel) et à exiger des réponses à vos questions.  S'ils ne répondent pas adéquatement, il ne mérite pas votre vote.

... ou presque! partie II

Du moment qu'il est élu, un conseil peut faire ce qu'il veut ... pour les prochains 4 ans.  Mais lorsqu'un conseil décide d'emprunter ou de mettre de l'argent de côté pour un projet particulier, il se trouve à imposer des obligations aux conseils qui suivront.  Or, en démocratie, c'est le peuple qui doit décider ce que le prochain conseil fera.  Ce n'est pas parce qu'une population décide de quelque chose une année, qu'elle sera toujours du même avis 4 ans plus tard, voire 10 ou même 20 ans plus tard.

C'est pourquoi la loi prend pour acquis que toutes les dépenses du conseil seront payées comptant (Ce n'est pas moi qui a inventé le concept), la population pouvant juger directement des coûts de leur conseil.

Mais la loi laisse une ouverture à l'emprunt ... à condition que la population puisse s'y objecter par voie de référendum.  Comme un référendum coûte cher, il ne sera nécessaire que s'il y a nombre suffisant de citoyens qui le demande, soit 2,5% des électeurs de la municipalité.

Même principe pour mettre de l'argent de côté.  Lorsqu'un conseil est élu, la population s'attend à ce que l'argent qu'elle lui donne durant ces 4 années servira pour la période de 4 ans pour laquelle le conseil a été élu, pas pour faire perdurer sa marque au delà de son terme.  La loi laisse donc aussi une ouverture aux réserves financières sous les mêmes conditions que pour un emprunt, c'est-à-dire que la population doit pouvoir s'y objecter.

Pourquoi je signe les registres concernant les emprunts et pas ceux concernant les réserves financières

Trop de gens croient qu'ils signent un registre «contre» le projet.  C'est faux, nous signons les registres contre les emprunts ou les mises de côté.  Le projet n'a que peu d'importance.  Pourquoi?  Le meilleur exemple est celui des toilettes publiques.  Il est clair qu'une bonne partie de la population en a contre ce projet.  Or, le conseil le paye comptant, donc pas de registre.  Par contre, il y a eu un emprunt tout de même cette année pour faire certains travaux d'infrastructures.  Si tout le monde avait signé ce registre, le conseil n'aurait eu d'autre choix que de réviser l'ENSEMBLE de ses dépenses (incluant les toilettes publiques) et revoir ses priorités.

Morale à retenir:  Le projet soumis au registre n'est pas important (le conseil peut y inclure pratiquement n'importe lequel), c'est l'ensemble des projets présentés dans le budget de l'année qui doit être analysé.

Emprunter ou économiser?

Deuxième point, la notion «payer comptant» à ses limites. Il est possible - je dirais même de façon exceptionnelle - qu'une dépense innattendu se présente, trop lourde à porter pour une seule génération.  Il y a toujours des soubresauts économiques qui doivent être «aplanis».

Deux méthodes existent pour contrer ces soubresauts:  Ou bien on emprunte lorsque le cas se présente, ou bien on se garde une réserve pour palier à de futurs soubresauts encore inconnus. Dans les deux cas, les générations futures devront payer:  soit rembourser l'emprunt, soit remettre de l'argent dans la réserve.

Vous devinez ma préférence envers la réserve.  Ce qui est bien avec la réserve, c'est que la nature humaine n'a pas tendance à «trop» économiser;  C'est difficile d'économiser, ça demande un effort. De plus, advenant qu'un conseil serait excessivement pingre, la loi impose clairement un maximum au montant total des réserves accumulées.  Quel serait la conséquence d'avoir «trop» économisé?  Le conseil serait «condamné» à dépenser l'argent dans le projet de son choix ou, pire encore, à diminuer les taxes.  Quel malheur!

En ce qui concerne les emprunts, c'est tout le contraire.  C'est facile d'emprunter et ça ne demande aucun effort, aucune concession; Emprunter 1 M $ ou 10 M $ ne fait aucune différence sur le budget d'aujourd'hui.  Et le pire, c'est qu'il n'y a aucune limite d'emprunt selon la loi.  Il y a des limites obscures, pas très claires et non-officielles que le MAMROT fait respecter, selon sa bonne volonté.  Lorsqu'une municipalité dépasse ces limites, disons qu'ils sont dans le trouble pas à peu près et ce, pour longtemps.

La cerise sur le sundae:  Piger dans une réserve (qui rapporte des intérêts) coûte moins cher que d'emprunter (qui coûte des intérêts).

mardi 29 janvier 2013

Élections 2013

En prévision des prochaines élections, je vous invite à suivre mon nouveau site:

jevote-granby2013.info

Je recherche 1250 signatures pour appuyer ma mise en candidature pour le poste de maire. Voyez comment vous pouvez m'aider sur cette page.

samedi 12 janvier 2013

Registre à signer

Il y aura un registre à signer concernant un emprunt de 5,915 millions$ (voir l'avis public pour les détails):

Date: 22 et 23 janvier 2013, 9h à 19h
Lieu: Hôtel de ville, 87 Principale, Granby

Pourquoi signer le registre?

Il y a un point qui me titille dans ces dossiers d'emprunts:  Comment considère-t-on l'équité intergénérationnelle?

Dans le présent projet d'emprunt - celui dont je vais signer le registre - il y a un emprunt de 101 500 $ pour l'achat de photographies aériennes sur un terme de 5 ans.  Ces photos servent au département d'urbanisme pour les aider dans leurs décisions.  Elles peuvent aussi servir de preuves dans certains dossiers (par exemple si quelqu'un fait une coupe d'arbres abusive, qu'il n'y a aucun témoin et qu'il dit qu'il n'y avait pas d'arbres lorsqu'il est devenu propriétaire du terrain, les photos aériennes peuvent servir à confirmer ou infirmer ce fait).

Pourquoi un emprunt de 5 ans?  Parce que cette prise de photos est renouvelée à tous les 5 ans et que la loi sur les dettes et les emprunts municipaux dit:

1. Le terme de remboursement d'un emprunt contracté par toute municipalité ne peut excéder 40 ans, sous la réserve que ce terme ne peut excéder la durée de vie utile des biens que le produit de l'emprunt permet à la municipalité d'acquérir, de réparer, de restaurer ou de construire.

J'ajoute personnellement une autre petite note:  Étant donné que le budget annuel de la Ville de Granby est de 90 millions $, si on fait la comparaison avec un budget d'une famille ayant un revenu de 90 000 $ annuel, c'est comme si cette famille déciderait de payer ses photos de vacances qui coûtent 100 $ en empruntant sur 5 ans.  Une petite comparaison pour mettre les choses en perspective.

Mais encore, certains diront qu'une ville c'est différent, on ne compare pas ça avec le budget familial.  Qu'il en soit ainsi, disons qu'il est normal que nous empruntions pour cet achat.  Après tout, le 1er octobre dernier le conseil approuvait un cadre financier nous disant que les emprunts favoriseraient l'équité intergénérationelle.  Voici ce que l'expert Pierre Fortin de la firme RCGT, engagée par la Ville de Granby, nous disait à ce propos:

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Donc payer comptant, ce ne serait pas bon.  Du moins pour des biens qui ont une longue durée de vie et, apparamment, dans le cas qui nous concerne, 5 ans ce serait assez long.

Mais il y a un autre projet dans le même budget de cette année: le bloc sanitaire du centre-ville.  Il coûtera 500 000 $ et on le payera comptant.  Sa durée de vie estimée?  Écoutons ce que le maire en pense lorsqu'un citoyen lui suggère que ce sera bon pour 25 ans:

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Pourquoi il n'est plus question d'équité intergénérationnelle ici?  Pourquoi les citoyens de 2013 doivent assumer entièrement les coûts de biens qui pourraient être utilisés pendant 75 ans par les citoyens de Granby, selon notre maire?  Pourquoi le conseil ne respecte pas la vision du cadre financier (version média, p.9) qu'il a adopté il y a quelques mois, soit:

Le fardeau fiscal des investissements sur les citoyens devrait être réparti de façon équitable dans le temps parmi les générations en fonction de la durée du bien.

Bref, on paye comptant quand ça nous adonne et on emprunte quand ça nous adonne, l'équité intergénérationnelle n'a rien à voir dans ces décisions.

Ça, c'est la raison pour laquelle je vais signer le registre, particulièrement parce qu'on rit des citoyens avec ce petit emprunt de 100 000 $ pour des photos aériennes alors qu'on refuse d'emprunter pour des toilettes à 500 000 $.  Avec ce qu'on va mettre comptant sur des toilettes inutiles cette année, on pourrait se payer des photos aériennes pour les 25 prochaines années.  Pensez-y.


samedi 15 décembre 2012

Granby, ville entrepreneuriale

Lu dans La Voix de l'Est du 15 décembre:
J'aime bien vérifier les sources.  C'est la FCEI qui fait ce classement.  Deux choses à retenir en analysant les rapports originaux:
  1. Il ne s'agit pas de la Ville de Granby, mais bien de l'AR de Granby, qui inclut Granby, Bromont, St-Alphonse et St-Paul;
  2. Ce classement n'existe que depuis 2008, donc difficile de faire des comparaisons sur le long terme.
Voici le classement de l'AR de Granby depuis 2008:

2008: inconnu (seulement le 11 premières positions sont dévoilées)
2009: 89e
2010: 51e
2011: 74e (69e selon les nouvelles méthodes de mesure de 2012)
2012: 28e

Pourquoi ce soudain gain en 2012?  Ce ne sont pas les politiques locales (une note considérée de 'modeste' à 'modérée' au cours des années 2010-2012), mais plutôt le niveau d’optimisme et de réussite élevé de nos entreprises locales (considéré de 'modéré' à 'fort' au cours des années 2010-2012) qui influence le plus notre note.

On note aussi que les données sont colligées à partir de sondages effectués auprès de leurs membres (109 000 propriétaires de PME) ainsi que des données de Statistiques Canada.

Voici les notes qui concernent l'«adminstration locale»:

Pourcentage des répondants qui signalent que le coût du gouvernement local est une principale préoccupation pour leur entreprise:

2010: 48.3 %
2011: 50 %
2012: 26 %

Pourcentage des répondants qui estiment que la sensibilisation de leur administration locale aux PME est bonne:

2010: 11.1 %
2011: 9 %
2012: 5 %

Pourcentage des répondants qui pensent que le fardeau réglementaire et adminstratif suscite une forte inquiétude à l'égard de leur entreprise:

2010: 67.6 %
2011: 80 %
2012: 66 %

mardi 4 décembre 2012

Tout vient à point à qui sait attendre

Comme à l'habitude, j'ajuste l'horloge de la dette suite au dépôt du budget.  La dette sera à 81 M $ au 31 décembre 2012 et est estimée à 82,8 M $ pour le 31 décembre 2013.  On observe donc un ralententissement important de l'augmentation de la dette.  Pour être honnête, toutes proportions gardées, c'est même l'équivalent d'une lègere diminution, car les revenus de la Ville ainsi que sa richesse foncière augmentent.

Pourquoi est-ce que le conseil a choisi d'atteindre l'équilibre budgétaire cette année alors que les citoyens s'en plaignent depuis le début?  (Je vous rappelle que selon un sondage de La Voix de l'Est, 76% des répondants se disaient inquiets de l'augmentation de la dette, malgré que la dette totale n'était estimée qu'à seulement 59 M $)

Je laisse à Pascal Bonin le mot de la fin, car il m'enlève les mots de la bouche:

video



lundi 5 novembre 2012

Cadre financier 2013-2017 de la Ville de Granby

Voici une copie de mes conclusions à propos du cadre financier 2013-2017 de la Ville de Granby, dont j'ai déposé une copie à la séance du conseil de ce soir:


J'avais aussi écrit deux lettres d'opinion sur le sujet:


Pour référence, voici le lien pour le cadre financier 2013-2017.

Ajout, 23 novembre 2012:

 Voici un commentaire de RCGT, tiré de la p. 31 du cadre financier 2013-2017 concernant l'analyse financière comparative:

Ratios entourant la dette

Au niveau du service de la dette, comme nous l’avons mentionné précédemment, à 8,8 % des dépenses, celui-ci est très faible pour une ville de la taille de celle de Granby. Rappelons que la moyenne du groupe de comparaison est de 15,8 % et que la moyenne du Québec est de 15,5 %.

L’analyse de la dette à long terme et des différents ratios nous démontre que la situation de la Ville n’est pas inquiétante. Le rattrapage effectué a eu comme incidence de rapprocher les indicateurs de la Ville de la moyenne du groupe, mais ceux-ci demeurent toujours en deçà de la moyenne.

Le rapport ne ment pas:  comparé à la moyenne nous sommes très bons.  Mais est-ce que la moyenne est bonne?  Voici ce que l'UMQ avait à dire sur le sujet en février 2012 (connu lors de l'étude de la situation, mais (volontairement?) oublié dans le rapport):

État des infrastructures publiques

Le recours des municipalités à la dette (évaluée à 21 milliards de dollars en 2010) pour financer les  infrastructures atteint ses limites : le contribuable municipal supporte un endettement deux fois plus élevé  qu’en Ontario (2 116 $ contre 875 $, en 2009). Le service de la dette pèse lourdement sur les budgets municipaux (15,5 % des dépenses) comparativement au gouvernement du Québec (10,4 %). Faute d’engagements à long terme, l’état des infrastructures pendra comme une épée de Damoclès sur l’avenir des municipalités d’ici.

document de consultation
Février 2012 
UMQ


Si nous étions en Ontario, notre dette serait supérieure à la moyenne provinciale.  Selon l'UMQ, il semblerait que l'endettement moyen des municipalités québécoises «pèse lourdement sur les budgets municipaux» et ne serait donc pas une référence de bonne gestion.

dimanche 29 juillet 2012

Démocratie municipale à Granby

J'ai trouvé cette archive de CHEF radio datant de novembre 1969 intitulée Démocratie municipale à Granby.  C'est long (1h18), mais c'est intéressant; particulièrement la deuxième moitié.  Le meilleur de cette émission est probablement l'entrevue avec le maire Paul-O. Trépanier qui débute un peu avant la moitié de l'émission.

On fait de belles réflexions sur des sujets qui sont, malheureusement, toujours d'actualité:  Le manque de participation des gens à la politique, particulièrement les jeunes et les femmes, la nécessité d'avoir des conseils de quartier ou le problème des conseils qui travaillent en cachette et des maires qui agissent en dictateur.

mardi 17 juillet 2012

Étouffer la culture populaire

Ça y est, le Santa Patata est démoli.  Je ne savais même qu'il y avait eu un avis de démolition d'émis.  Encore une fois, on démoli sans savoir ce qu'on fera pour remplacer le bâtiment:

Pour le moment, le terrain ne fait l'objet d'aucun projet, affirme le propriétaire.  Le site sera recouvert de gravier et demeurera dans cet état, le temps que les choses se précisent, dit Denis Langlois.  «Ça dépendra des oppurtunités.  On verra si on reconstruit ou si on vend le terrain» laisse-t-il savoir.

J'avais déjà parlé de ce problème à la fin de ce blog.  C'est toujours Richard Goulet qui porte le chapeau du président du comité de démolition.

Mais Richard Goulet avait bien hâte d'une chose:  Voir le graffiti sur la vitrine de la rue Principale disparaître.  Il voulait tellement le voir disparaître, qu'il a même dépensé 5 000 $ pour acheter un écran visuel:

«Ça fait sept pieds de haut par 65 pieds de long. C'était pour cacher la devanture et le côté de l'immeuble incendié. On ne voulait pas montrer ça à 80 000 personnes», dit le maire Goulet.

La honte, croirait-on.  Dans l'article de La Voix de l'Est, on sent bien l'extase du maire:

L'édifice incendié, qui a déjà abrité les restaurants Santa Patata et l'Express Plus, a été démoli. Juste à temps pour la Fête des mascottes qui débute demain, s'est réjoui le maire, Richard Goulet.

(...)

«C'est une excellente nouvelle», a-t-il lancé d'emblée,

(...)

Qu'à cela ne tienne, la disparition de l'édifice, ravagé par les flammes en septembre dernier, est une bonne nouvelle, selon Richard Goulet. «On remercie M. Langlois de l'avoir fait», dit-il.

Étouffer la culture populaire

Loin de moi l'idée de vouloir encourager les graffitis faits sans la permission des propriétaires, mais je dois reconnaître que celui qui était sur la devanture du Santa Patata était très bien fait et enjolivait cet édifice, désormais devenu nature morte.

Dommage qu'il ne reste plus rien de cette oeuvre anonyme, faite sans subvention ou autre programme débile qui tente de contrôler l'art populaire.  Mais, attendez ...


Oui, il nous reste des vestiges de cette oeuvre!  Ironie du sort, cette photo a été prise par une blogueuse montréalaise qui visitait Granby.  Vous pouvez voir sur son blog des photos de quelques oeuvres d'art  et oeuvres architecturales de Granby (non, les bâtiments de M. Favreau n'y sont pas).  Celle-ci est publiée avec la mention «Mais j'apprécie aussi l'art urbain...»

Je dis «ironie du sort», car c'est une des très rare fois où je trouve des commentaires positifs à propos de Granby sur le Net.  Enfin, provenant du peuple, pas de ces organismes qui se donnent mutuellement des tapes dans le dos.

Ce que les visiteurs - et les résidants comme moi - apprécient, Richard Goulet veut le cacher et le détruire.  C'est sûr, ça ne coûte rien, alors ...

Et c'est le genre de choses qui m'inquiète avec la direction que la Ville de Granby prend ces dernières années.  J'ai l'impression qu'on s'en va de plus en plus vers une société où la beauté est déterminée par une dizaine de personnes siègeant sur le conseil.

On multiplie de façon exagérée les PIIA, contrôlant l'architecture, les matériaux et même les couleurs utilisées sur nos bâtiments.  Dans quelques années, ces programmes seront très coûteux à gérer, car tout le monde devra demander la permission au conseil, simplement pour renouveler les bardeaux de sa toiture.  Aussi, on subventionne un petit groupe d'artistes, souvent les mêmes, qui résulte en un travail trop souvent apprécié par seulement quelques dizaines de personnes (et j'hésite à utiliser le pluriel pour le mot «dizaine»).

Mais qui décide de tous ces critères de beauté?  Qui a l'autorité de les imposer à tous?

Vous savez, ce graffiti aurait pu être fait légalement, en demandant une permission pour faire une murale à la Ville.  Croyez-vous que le conseil actuel aurait autorisé une telle oeuvre?

Pour conclure ce blog, je vous invite à passer devant la nouvelle caserne de pompiers, coin Simonds et Léon-Harmel, afin de voir ce que le conseil autorise - et finance avec notre argent  - comme oeuvre architecturale.  Voici le commentaire que quelqu'un m'a déjà écrit à propos de cet agrandissement:

Le bon coté, une fois que ces « réalisations » auront atteint leurs durée de vie utile, nous n’aurons pas besoin de comité pour la sauvegarde du « patrimoine ».  Les pelles pourront mettre un terme à ces souffrances visuelles.

mercredi 20 juin 2012

L'horloge de la dette s'emballe à nouveau

Avec le dépôt des états financiers 2011, nous avons un peu plus l'heure juste concernant l'augmentation de la dette à Granby.  La dernière fois que je l'avais ajustée, la dette devait rester stable durant 2012, subissant même une légère baisse pour se finaliser à 83,4 M $.

Avec les chiffres officiels, ce rêve fût de courte durée.  La dette au 31 décembre 2011 était en fait à 71,9 M $ et elle augmentera de 15,2 M $ − comme à l'habitude − pour terminer à 87,1 M $ au 31 décembre 2012, soit légèrement plus que prévu (Ce montant est toujours une prévision pour le moment).

Alors, l'horloge de la dette s'emballe à nouveau.

Petite note à propos des chiffres qu'on nous donne.  Je vous avais déjà dit que la dette que nous avons est plus grande que ce qu'on nous dit.  Les chiffres que vous voyez sur l'horloge de la dette représente la dette de la nouvelle Ville de Granby.  C'est-à-dire que ça ne représente que les montants empruntés depuis la fusion.  Les dettes de l'ancienne Ville et de l'ancien Canton sont considérées à part, comme des dettes de «riverains», puisque seulement une partie de la population payent l'une ou l'autre de ces dettes.  Or, tout le monde est «riverain» d'une façon ou d'une autre et donc rembourse une plus grande part d'endettement que ce que le conseil nous dit.  (Les détails en p. 15 et 16 de la présentation de la Ville)

Selon les états financiers 2011 (p. 25), l'endettement total net à long terme réel est de 80 025 937 $, ce à quoi on doit déduire 3,3 M $ pour la dette des «véritables» riverains (on retrouve ce montant dans la présentation de la Ville en p. 15).  Soit une dette de 76,7 M $ au lieu de 71,9 M $ tel que spécifié officiellement par la Ville.

Il y a pire encore, mais je m'en garde pour le nouveau site sur lequel je travaille.

mardi 12 juin 2012

Le déboisement

Ce matin, en lisant La Voix de l'Est, je tombe sur cet extrait d'un article:

"Parce que le copropriétaire du camping, Philippe Lussier, «a l'intention» d'abattre des arbres et de niveler le terrain dans une zone visée par un jugement, les élus ont adopté hier soir une résolution afin d'entreprendre les actions légales pour l'en empêcher."

Ça m'a ébranler de lire à quel point le conseil peut vouloir «protéger» des arbres ... quand il le veut.  Mais je reviendrai là-dessus un peu loin car, tout d'abord, j'aimerais clarifier les détails de l'affaire Granby (Ville de) c. Camping Granby inc. afin de bien comprendre ce qui se passe.

Il était une fois un camping ...

La situation des campings n'a jamais vraiment été règlementée sur le territoire de la Ville.  Du moins, elle n'était pas très claire.

En 2003, il y a eu une refonte complète du règlement de zonage.  On en a profité pour clarifier celle du Camping Granby.  Au départ, on voulait tout simplement classer le terrain en zone commercial pour usage de camping.  Mais des résidants qui bordaient ce camping se plaignaient de la présence des campeurs et on a utilisé un subterfuge plus compliqué pour contenter tout le monde.

Les usages conditionnels

La loi permettait désormais d'avoir un règlement sur les usages conditionnels.  Grosso modo, cela permet à la Ville de dire qu'un usage autre que celui permis par le règlement de zonage peut être légal ... sous certaines conditions.

Alors on créa ce règlement (en même temps qu'on faisait la refonte du règlement de zonage) et on y a incorporé la zone IN04R - une zone résidentielle - pour laquelle on pourrait l'utiliser comme terrain de camping ... sous certaines conditions.

La zone IN04R n'existait pas.  On a créé cette zone sur le terrain de Camping Granby, adjacent aux résidences voisines.  Le restant du terrain de camping fût zoné commercial pour usage de camping, la zone IN03C.
Naturellement, c'est un camping (déjà partiellement développé), personne n'a l'intention de construire de résidences sur cette portion de terrain.  Mais tout est dans les détails.

Grâce au nouveau règlement sur les usages conditionnels, cette nouvelle zone résidentielle a maintenant un usage conditionnel autorisé:  terrain de camping.  En fait c'est la seule zone dans le tout Granby qui a cet usage conditionnel.  Voici un aperçu des conditions (selon la nouvelle version du règlement de 2008):

Les renseignements siuvant doivent être fournis:

Pas trop pire.  Mais le conseil doit autoriser la demande suivant certains critères d'évaluation.  Voici ceux pour la catégorie «terrain de camping» (Je vous rappelle que dans la Ville de Granby, seulement une partie du Camping Granby peut se qualifier pour demander cette autorisation,):

Mais pendant l'évaluation, il faudra aussi tenir compte de certaines caratéristiques:

Pour vous démontrer à quel point la Ville a poussé le règlement (je vous rappelle que seul le Camping Granby est visé), voici l'annexe I du règlement qui propose un aménagement paysager (quelqu'un a été payé pour faire ces dessins).  Cliquez les images pour les agrandir:

Donc, on «suggère» la sorte d'arbres à planter, comment les disposer et la hauteur du sol sur lesquels on les plantera.  Grosso modo, on veut une zone tampon de 60 m,  dont 20 m boisé.  On voudrait aussi réduire le nombre de bâtiments de service, ainsi qu'espacer les sites de camping afin d'en diminuer le nombre à mesure qu'on s'approche de la zone tampon.

Mais Camping Granby voit les choses autrement.  Il considère avoir un droit acquis et qu'il peut fonctionner comme s'il avait un zonage commercial «terrain de camping».  Les propriétaires font fit du règlement et continu le développement du camping comme si de rien n'était.  Si la Ville n'est pas contente, qu'elle poursuive.  Ce qu'elle fît.

Le jugement

À en croire certain, la Ville a gagné sa cause.  Selon moi, pas tant que ça.  Voici ce que le jugement dit:

  • Camping Granby a un droit acquis dans la zone IN04R, sauf pour une bande de 66 m longeant ses voisins;
  • Camping Granby ne peut pas agrandir son camping là où il a un droit acquis, sauf s'il se conforme au règlement sur les usages conditionels;
  • Camping Granby ne peut plus utiliser la bande de 66 m pour un usage non autorisé par le règlement de zonage ou celui sur les usages conditionels;
  • Camping Granby doit cesser d'utiliser la bande de 66 m comme terrain de camping tant qu'elle n'aura pas l'autorisation du conseil;
  •  Camping Granby doit cesser de faire des travaux de terrassement, d'aménagement et d’abattage d’arbres en vue d'aménager ou d'utiliser un terrain de camping dans la bande de 66 m tant qu'elle n'aura pas les autorisations nécessaires;
  • Camping Granby doit procéder à l’enlèvement des matériaux utilisés pour aménager tous les ouvrages, chemins ou sites de camping dans la bande de 66 m et, une fois l’enlèvement des matériaux complété, à la re-végétalisation au moyen de terre végétale des chemins ou parties de chemins et des sites (on ne parle pas de reboisement, comme certain pourrait le laisser croire);
Rappellons, qu'en ce moment, Camping Granby jouit d'un droit acquis et n'a pas demandé d'autorisation pour un usage conditionel et ce, en toute légalité.  Rien ne le force à aménager une zone tampon ou à réduire la densification des sites de camping dans cette zone «résidentielle».

Mais la ville voulait forcer Camping Granby à suivre son règlement.  Elle demandait des choses qui lui ont été refusées:

[213]Même si le recours de la demanderesse [La Ville de Granby] doit être accueilli, toutes les conclusions recherchées ne peuvent être accordées. Ainsi, la demanderesse [La Ville de Granby] demande au tribunal d'interdire aux utilisateurs du camping l'accès à la partie du lot située dans la zone IN04R que l'on peut qualifier de boisé. Le tribunal ne peut accorder une ordonnance aussi large. Le fait que certains campeurs puissent s'aventurer dans le boisé pour y cueillir des petits fruits ou le bois sec nécessaire à l'alimentation d'un feu de camp ne signifie pas nécessairement qu'il s'agit d'une utilisation comme camping.


[216]La demanderesse [La Ville de Granby] demande également qu'il soit ordonné à la défenderesse [Camping Granby], une fois l'enlèvement des matériaux et la re-végétalisation complétés, de mettre en place un écran végétal à une distance de 40 mètres de la ligne est de la zone IN04R. Le tribunal ne peut faire droit à cette demande. En effet, une fois que le tribunal a déterminé que la défenderesse [Camping Granby] a un droit acquis à un usage dérogatoire jusqu'à l'orée du boisé situé à l'est du terrain, rien n'empêche la défenderesse [Camping Granby] de couper les arbres situés dans ce boisé, pourvu que cela n’aille pas à l'encontre de toute autre loi ou réglementation municipale.

Plus de zone tampon obligatoire.  Pourtant la raison première de faire ce changement de zonage.

Ceci nous ramène à l'article d'aujourd'hui:

"Parce que le copropriétaire du camping, Philippe Lussier, «a l'intention» d'abattre des arbres et de niveler le terrain dans une zone visée par un jugement, les élus ont adopté hier soir une résolution afin d'entreprendre les actions légales pour l'en empêcher."

Le jugement ne l'empêche pas d'abattre des arbres ou même de niveler le terrain.  Seulement il ne peut pas abattre des arbres ou niveler le terrain en vue d'aménager ou d'utiliser un terrain de camping.  Nuance!  Car il ne faut pas oublier qu'il est toujours chez lui et - grâce au nouveau zonage - le propriétaire pourrait faire un développement résidentiel dans cette zone tampon!  Et qui dit construction, dit abattage d'arbres.

Donc, lorsque le conseiller Denis Choinière nous dit:  «S'il avait respecté les règlements, ça ne serait jamais rendu là», on pourrait répondre: «S'il n'avait pas affronté la Ville, la Ville n'aurait jamais reconnu son droit acquis.»

Lorsque le conseiller Pierre Breton dit:  «La Ville protège les droits des citoyens de la rue Lemieux qui ont été brimés» ou que le conseiller Michel Mailhot dit:  «On vient de voter plutôt une protection.  On fait notre travail à 150%», il semblerait qu'il se cache derrière le conseil de grands protecteurs de nos boisés.  Mais ...

Camping Granby et Terres Miner:  Deux poids, deux mesures?

Voyons voir la raison pour laquelle tout ceci est venu me chercher.  Depuis un certain temps on sait qu'il y a eu une coupe d'arbres sur les terres Miner.  On ne parle pas d'«intention», le mal est déjà fait:  Une coupe à blanc d'une vingtaine d'acres.  Des arbres centenaires de plus de 2 pieds de diamètre.  Une forêt dévastée, même une portion longeant les terres humides qui se devait d'être remise à la Ville pour fin de parc.

Sur la photo suivante, on voit, en rouge, la portion déboisée et, en jaune, la portion où est entreposé le «déblai des terres Martel».  Je mets ça entre guillemets car il y a là un tamiseur pour la terre, un concasseur pour le roc et une scie mobile pour faire du bois de construction.  Il y a définitivement plus que de l'«entreposage» qui y est fait.


 Alors que les propriétaires actuels n'ont pas payé la Ville pour leur achat, alors que le développement est bloqué pour l'instant, alors que même si le développement avait lieu, il n'était pas prévu de développer cette zone avant 10 ans, la Ville a tout de même autorisé cette coupe à blanc.  Raison invoquée:  les propriétaires ont demandé un permis pour déblai/remblai, tout est conforme.

C'est quoi un permis déblai/remblai?

Voici comment un inspecteur de la Ville explique ceci:

À la base, vous ne pouvez pas couper un arbre, sauf s'il est malade ou dangeureux ... ou si vous avez un permis déblai/remblai.

Faire du déblai/remblai signifie niveler le sol.  Si vous ne compter pas changer le niveau du sol de plus de 1 mètre, vous n'avez pas besoin de permis mais, évidemment, vous ne pourrez pas couper d'arbres non plus car vous n'avez pas le permis.

Si vous prévoyez changer le niveau du sol de plus de 2 mètres,  non seulement vous devez obtenir un permis déblai/remblai, mais il doit être autorisé par le conseil en séance publique.  Beaucoup de trouble.  Beaucoup de visibilité.

Par contre, si vous prévoyez changer le niveau du sol entre 1 et 2 mètres, vous avez toujours besoin d'un permis déblai/remblai (qui vous permet de faire une coupe à blanc), mais ce permis peut être autorisé par l'inspecteur de la Ville seulement.

Voici le critère pour délivrer un tel permis par l'inspecteur:  Si quelqu'un lui en fait la demande ... il doit lui donner!  Aussi simple que ça!  Aucune justification nécessaire.  Provenant de l'aveu même d'un employé municipal, des permis sont délivrés, les arbres sont coupés et le sol n'est pas nivelé!  Personne ne fait rien, car tout serait légal!

Alors tout ceci nous ramène à l'article d'aujourd'hui:

"Parce que le copropriétaire du camping, Philippe Lussier, «a l'intention» d'abattre des arbres et de niveler le terrain dans une zone visée par un jugement, les élus ont adopté hier soir une résolution afin d'entreprendre les actions légales pour l'en empêcher."

Pourquoi la Ville est prête à entreprendre des actions légales pour empêcher quelqu'un qui aurait «l'intention» d'abattre des arbres (j'ai parlé au propriétaire et il me confirme que c'est faux, il ne fait que suivre le jugement et remettre en état les sites et les chemins), mais pour des arbres de meilleur qualité et en plus grande quantité, on donne un permis?  Pour le nivellement du sol - si c'est en deçà de 1 mètre - il n'a pas besoin de permis.

D'où vient cet élan soudain pour la protection des boisés?  Encore une fois, La Ville ira en cour contre une personne qu'on sait capable d'aller jusqu'en Cour Suprême.

Je crois que Pascal Bonin a - encore une fois - été le seul à faire preuve de jugement:

«La culture d'affrontement a assez duré».

mardi 29 mai 2012

Transport en commun: Granby et Shawinigan



GranbyShawinigan
population63 43550 060
passages annuels200 000290 701
prix passage régulier2.75 $2.75 $
taxi-busdisponibledisponible
contribution municipale − terminus1 000 000 $s.o.
budget d'opération annuel1 900 000 $1 600 000 $
coût moyen par passage9.50 $5.50 $
contribution municipale annuelle1 200 000 $714 421 $
contribution municipale par passage6.00 $2.46 $

mardi 22 mai 2012

1 533 348 $ de contrats pour une seule firme d'architecture

Enfin!  Des commerçants qui dénoncent publiquement, des journalistes qui fouillent de plus en plus et une première page digne de ce nom:

vendredi 11 mai 2012

Le golf Miner: 5 ans plus tard

Il y a une seule raison pour laquelle je me suis toujours opposé à l'achat des terres Miner: l'acquisition de terrains dans le but d'en faire de la spéculation et l'acquisition d'un golf d'en le but de l'exploiter commercialement.

Malgré les belles promesses et une soi-disant étude, les dépenses sont plus grandes que les prévisions et il n'y a toujours aucune rentrée d'argent.

Aujourd'hui, nous avons un compte-rendu des coûts du dossier du golf Miner:  Selon le directeur de finances, 2,5 M $ ont été investis pour la construction du pavillon, du terrain d'exercice, d'un garage, d'un système d'irrigation et de deux lacs.

Au début, il avait le rêve ...

Voulant convaincre la population de la qualité de l'investissement de l'achat des terres Miner, Richard Goulet avait promis qu'aucun argent ne serait injecté dans le golf et que l'entente entre le club de golf et la famille Miner serait maintenu.

à cet effet, en 2008, Mme Guylaine Lévesque rappelait ce fait à Richard Goulet lors d'une période de questions du 18 août 2008  et le maire lui-même avoue ce fait:

Cette dernière est d’avis, tout comme M. Serge Nadeau, propriétaire du golf Les Cèdres, que le maire a manqué à sa parole en autorisant l’implication financière de la Ville dans le projet du golf Miner.  «Vous savez ce n’est pas tout le monde qui est heureux de ce projet. C’est un fiasco! Vous auriez peut-être dû consulter la population, d’autant plus que vous avez dit en 2007 qu’en aucun temps la ville de Granby n’avait l’intention d’investir dans le golf Miner?» Le maire a rappelé qu’il avait déjà fait son mea culpa le jour où le projet a été annoncé publiquement. «Maintenant, c’est voté, c’est fait et il n’y a rien à faire», a-t-il lancé.

Surprise!

Puis, la réalité frappe:  Le pavillon du golf est «désuet et dangeureux».  Alors le club de golf Miner doit investir.  Malgré que cet état de fait ne constituait pas un « vice caché » lors de l'achat, l'année précédente, aucune provision n'est fait pour ce genre de dépense par la Ville.  Pour financer un tel investissement, selon Marc Roy, président du club de golf Miner, «le golf Miner n'a d'autre choix que d'aménager un terrain de pratique pour aller chercher une source de revenu supplémentaire.»  Le projet est évalué à 700 000 $ et, malgré les futurs revenus estimés, il devra être financé en partie par la Ville de Granby, à raison de 35 000 $ par année pendant 15 ans.  C'est un projet «gagnant-gagnant» car:

«Dans 15 ans, la Ville va se retrouver avec un actif de plus de 1 million $ et elle ne va en avoir payé que la moitié. Et elle aurait quand même investi un montant similaire pour aménager un bloc sanitaire pour les randonneurs».

Le club de golf subventionne la Ville de Granby

Une opinion qu'avait d'ailleurs partagée Richard Goulet avec M. Richard Labonté lors de la période de questions du 18 août 2008.  Durant cette même période de questions, Richard Goulet expliquera à Mme  Marie-Josée Lacroix qu'il en vient même à la conclusion que «c’est plutôt le Club de golf qui investit et subventionne la Ville pour la construction d’un bâtiment».

Pas d'inquiétude

Le président du club de golf Miner nous rassure:  «À plus de 700 000 $, on ne le fera pas».  Mieux encore, Richard Goulet nous donne sa parole: «Il est clair que si le montant total excède 700 000 $, la Ville n’endossera pas ce projet».  Même dans le procès-verbal du 18 août 2008 on peut y lire dans une réponse faite à M. Luc Deschamps: «M. le maire explique que, sur le plan monétaire, la Ville n’investit pas 700 000 $ mais c’est le Club de golf qui fait un tel investissement et que, si les coûts dépassaient ce montant, la Ville n’autoriserait plus le projet, coûts comprenant également les raccordements aux égouts et à l’aqueduc.»  Et ce malgré que personne ne croit que le projet est réalisable pour un tel montant (voir ici et ici).

Rien d'illégal

En mars 2009, suite à une poursuite de la part des clubs de golf locaux prétextant un subvention illégale à un de leur compétiteur, Richard Goulet répondra:  «C'est évident que la Ville ne fait rien d'illégal et qu'elle va se défendre. Nous n'annulerons pas la résolution, parce qu'économiquement, ça demeure la meilleure solution dans les circonstances

En décembre 2010, il nous dira: «Quand le projet est parti, il y a quelques années, le club de golf devait le faire construire lui-même et il parlait d'environ 700 000 $. Nous, nous devions endosser le projet, mais le ministère nous a dit que c'était défendu, qu'il fallait prendre en charge la construction et aller en soumission publique

Toujours plus

Abandonner le projet?  Jamais.  Non seulement la Ville le financera en totalité mais, comme par magie, les coûts doublerons.

Pour faire suer ses opposants, Richard Goulet poussera l'audace à rajouter un système d'irrigation et des lacs ainsi que des filets de protection dans le projet; Des manques que lui avait reproché les autres propriétaires de golf de Granby. Pourtant, à l'époque, Richard Goulet leur avait répondu:

 [concernant l'utilisation de l'eau potable pour arroser le golf] «Le rapport déposé par Serge Robert, directeur des projets spéciaux pour la Ville, indique que l’utilisation de l’eau de l’aqueduc pour arroser les verts au golf Miner est l’équivalent de deux bungalows par année. De plus, le golf est ouvert que quatre mois par année, alors je ne vois aucun problème»

[concernant les filets protecteurs] «Ce n’est pas à la ville de Granby de voir à la sécurité des golfeurs. C’est au conseil d’administration du golf Miner de gérer cela»

De plus, la facture sera payée comptant.  En plus de lui permettre d'éviter un registre sur le projet, c'est un pied de nez pour ceux qui ne cesse de lui reprocher d'endetter la Ville.    En 2012, le conseil devait changer son PTI et reporter des travaux d'infrastructures majeurs, faute de moyens financiers.

Finalement, au lieu de payer 35 000 $ par année sur 15 ans, ça aura coûté 2 500 000 $ sur 2 ans.

Des toilettes pendant 165 ans

Au début, quelle était l'avantage pour la Ville de participer à ce projet?  Ah oui! «Et elle aurait quand même investi un montant similaire [520 000 $]  pour aménager un bloc sanitaire pour les randonneurs [du boisé Miner]».  Et selon le maire, dans l'article d'aujourd'hui:

"Selon lui [Richard Goulet], la Ville épargne par ailleurs de l'argent, notamment pour l'entretien des installations sanitaires du nouveau pavillon, accessibles aux randonneurs qui fréquentent les Boisés Miner.  L'organisme Golf Miner en assure l'entretien.  «Juste pour l'entretien du bloc sanitaire à côté du kiosque d'information touristique, près de la piste cyclable, rue Denison, ça coûte 12 000 $ par année.  Il y a des gens engagés pour ça», souligne le maire."

En admettant que nous aurions construit un bloc sanitaire de 520 000 $ (voir comparatifs), avec les 1 980 000 $ qui restent, à 12 000 $ par année, nous aurions pu l'entretenir pendant 165 ans. 

De mieux en mieux pour le club de golf

Au début, quelle était l'avantage du club de golf de participer à ce projet?  Ah oui! «Le golf Miner n'a d'autre choix que d'aménager un terrain de pratique pour aller chercher une source de revenu supplémentaire.» «Avec les revenus qu'espère générer au cours des prochaines années le golf Miner, les administrateurs souhaitent notamment améliorer les trappes de sable et aménager un lac au trou numéro trois, de façon à pouvoir arroser les verts avec de l'eau naturelle, plutôt qu'avec l'aqueduc municipal».

Rappelons qu'à l'époque «la Ville de Granby a renouvelé le loyer de l'organisme gestionnaire du club au coût annuel de 35 000 $, plus indexation.»   Le conseiller Réal Bernard rappelait à M. Luc Deschamps que selon l'entente précédente − celle faite entre la famille Miner et le Club de golf et reconduite par la Ville après son achat − que le 30 000 $ de loyer annuel que payait le Club de golf comprenait 10 000 $ pour la location et 20 000 $ pour les taxes et frais à la Ville [note:  la distribution des montants est peut-être inversé].   Et selon le président du Club de golf Miner, dans l'article d'aujourd'hui:

«Les clauses financières prévoient le versement annuel d'une redevance, indexable, de 20 000 $ en plus d'un pourcentage des bénéfices nets. Ce pourcentage varie de 4 % à 10 %, selon les bénéfices dégagés lorsque ceux-ci sont supérieurs à 30 000 $.


Aussi, Golf Miner versera à la Ville 10 700 $ par année, sur une période de 10 ans, pour acquitter une partie des coûts de l'aménagement récent des lacs et du système d'irrigation qui les accompagnent.»

Alors qu'en 2008 on avait 35 000 $ plus indexation, en 2012 on n'a plus que 20 000 $ plus indexation, plus 10 700 $ pour les 10 prochaines années − montant qui ne correspond qu'au tiers du coût du système d'irrigation (voir novembre 2011) qui, rappelons-le, le club de golf devait se payer lui-même à même les revenus du nouveau terrain de pratique.

Le pourcentage des bénéfices nets?  D'abord, ils doivent être supérieurs à 30 000 $ pour que la Ville en profite. Selon Marc Roy, en 2008: «Les marges de profit annuelles dégagées au cours des dernières années étaient grosso modo de 10 000 $.»   Rêvons et admettons qu'il y ait désormais 50 000 $ de profit annuellement, si on assume le maximum de 10%, ça ne correspondrait qu'à 5 000 $ par année.  Ça coûte encore beaucoup moins cher au club de golf qu'avec l'ancienne entente et ils ont reçu 2,5 M $ d'investissement 100% gratuit.

Du golf pendant 60 ans

Oui mais, il ne faut pas oublier que les citoyens de Granby ont maintenant droit à 20% de rabais.  Premièrement, encore faut-il jouer au golf pour en profiter.  Vous vous dites peut-être qu'il faut encourager les gens à faire du sport et au diable ceux qui ne veulent pas en profiter?  On m'a toujours dit que le membership du club de golf Miner était d'environ 300 personnes.  Selon cette source, il y avait seulement 225 membres en 2008.  Rêvons et admettons qu'il y aura désormais 1000 Granbyens qui iront jouer au golf Miner chaque année.  Un droit de jeu pour jouer 20 X 9 trous au golf Miner coûte aujourd'hui 200 $; 20% de ce montant étant 40 $.  Donc, si on donnerait l'équivalent de 40 $ par année à 1000 Granbyens qui vont jouer au golf 20 fois par année au golf Miner, avec 2 500 000 $ on pourrait payer ces frais durant les 60 prochaines années.

Est-ce bien fini?

L'entente prévoit que nous partagerons les bénéfices ... s'il y en a.  Qu'arrivera-t-il s'il y a des déficits au lieu de bénéfices?  Comme avec tous les OSBL qui gèrent nos actifs immobiliers (Les loisirs de Granby ou le Palace, par exemple), la Ville de Granby les absorbe et ce, à tous les ans.  Et tous les futurs conseils auront la même bonne raison pour financer ces déficits et faire des investissements à perte comme Richard Goulet l'a si bien utilisée:

«[Ceci] fait en sorte que la Ville ne sera [pas] prise à maintenir un club de golf vieux de 95 ans par des employés municipaux.»

Peut-être qu'il aurait mieux fallu ne pas acheter le golf Miner et seulement exproprier le boisé Miner?  Si seulement quelqu'un l'aurait mentionné avant l'achat aux 16 personnes qui siègeaient sur le conseil.

Si seulement.