lundi 19 mars 2012

Se comparer avec les meilleurs

Avec la nouvelle "politique de l'endettement", Richard Goulet voudra comparer Granby avec d'autres villes québécoises.  Est-ce que ce travail sera un nivellement par le bas?

«Pour montrer à quel point les contribuables québécois se font presser le citron par les municipalités, sachez que l'endettement total net à long terme des municipalités et villes du Québec s'élève à 2094$ par habitant, soit 2,4 fois plus qu'en Ontario. Le pire avec cette statistique? Elle date de 2009.»


Merci à Citoyens de Granby STOP La Dette de nous tenir informer.

jeudi 8 mars 2012

Pascal Bonin n'est pas content ... et avec raison

Il faut vraiment que je donne mon support à Pascal Bonin qui tient à bout de bras un dossier difficile, mais pourtant très important:  L'attribution des contrats de surveillance des travaux.

C'est important d'encourager ce conseiller dans ce dossier, car seul un membre du conseil pouvait nous révéler les dessous de ce que certains pourraient qualifier de «manigances» pour contourner le système.  Pascal Bonin dénonce courageusement ce système odieux malgré le dénigrement et l'indifférence de ses confrères et consoeurs.   Il est triste de voir que ce dossier ne préoccupe pas plus que ça nos journaux locaux malgré des preuves flagrantes.  Il est vrai qu'on doit faire un peu de recherche pour les trouver; ce blog sert à mettre à jour les incohérences des explications de notre conseil à ce sujet.

SERVICES PROFESSIONNELS EN ARCHITECTURE - Surveillance de chantier - Agrandissement et rénovation du poste de police et de la caserne de pompiers

Tout commença l'été dernier alors que la Ville de Granby va en appel d'offres pour retenir les services d'ingénierie pour surveiller le chantier de la caserne de pompier.  Le projet total est évalué à 7,5 M $.

Comme on peut le lire dans l'appel d'offres, la valeur estimée est entre 100 000 $ et 199 999 $, ce qui correspond à 2 % du coût total du projet.  De plus, il y a 3 critères d'admissibilité pour les soumissionnaires:
  • a) Est admissible à soumissionner tout fournisseur ayant un établissement dans le territoire de la Municipalité régionale de comté de la Haute-Yamaska (MRCHY). Un établissement est défini comme suit pour les fins des présentes:
"Un bâtiment ou une partie de bâtiment où le fournisseur exerce des activités professionnelles de service d'ingénierie de façon permanente, clairement identifié à son nom et accessible au public durant les heures normales d'affaires."
  • b) est détenteur de l'accréditation ISO 9001 ou 9002 pour l'établissement de la MRCHY;
  • c) est membre de l'Association des architectes du Québec (A.I.C.Q.);
Première chose à noter:  Un seul fournisseur capable d'effectuer un tel travail répond à tous ces critères, c'est-à-dire Cimaise-FBA, une firme formée en 2009 avec l’agence Favreau et Blais appartenant à l'architecte Denis Favreau.  Tous les gens du milieu le savent pertinemment comme l'a souligné Pascal Bonin le 5 mars dernier:


La deuxième chose à noter est que, comme l'a mentionné Pascal Bonin, ces critères ne s'appliquent que pour les contrats estimés à moins de 500 000 $.  Avec une estimation plus haute, les fournisseurs peuvent venir de l'extérieur de la MRC.

Sans surprise, Cimaise-FBA fût le seul soumissionaire et remporta l'appel d'offres.  Ce qui a surpris, c'est le montant de la soumission, soit 325 000 $ ou 4,3 % du coût total des estimations.  J'avais dénoncé le fait que le conseil ne se souciait pas de cet écart majeur entre l'estimation des fonctionnaires de la Ville et les coûts réels (ici et ici).  Un citoyen avait demandé des précisions à ce sujet durant la période de questions de la séance de septembre et Richard Goulet avait répondu ceci:


Notez bien ses propos car j'y reviendrai:

«Je me serais posé de sérieuses questions s'il y avait un soumissionnaire et que ça aurait été à 8 % ou 9 % exemple, ça je pense que ce n'était pas dans les normes par rapport au travail demandé».
 
Pascal Bonin avait dénoncé les conditions trop restrictives des appels d'offres.  Le reste du conseil a continué de défendre le système en invoquant 3 raisons:
  1. Les prix ne seront pas différent si on sort de la région;
  2. Il faut encourager l'économie locale;
  3. Lorsqu'une firme regroupe les services d'architecture, de génie et de contrôle des matériaux, c'est pour une question d’efficacité et de responsabilité afin que personne ne se lance la balle.
Première preuve:  Les prix peuvent être plus bas lorsqu'on sort de la région

En décembre dernier, un autre contrat est accordé.  Comme le contrat est estimé à plus de 500 000 $, il est ouvert à tout le Québec.  Surprise, une firme de Candiac fait une soumission avec un montant équivalent à 1,8 % du coût total des travaux.  Malgré que ce coût correspond aux estimations traditionnelles des fonctionnaires de la Ville, Richard Goulet maintiendra que 5 % est un montant «normal» et que ce contrat «sort de l'ordinaire».

Deuxième preuve:  Une seule firme n'est pas plus efficace que trois firmes différentes

De retour à notre contrat de surveillance de chantier de la caserne de pompiers, nous apprenions lundi dernier que Cimaise-FBA en est à 111 erreurs.  Pascal Bonin nous expliquait qu'il valait peut-être mieux engager des firmes professionnels dans leur domaine respectif:



Donc le coût du contrat est maintenant de 698 000 $ (soit 325 000 $ plus 373 000 $).  Peut-être est-ce dû à des surprises imprévisibles ?  Voyons ce que M. Favreau a à dire à ce sujet:

«On a eu seulement 120 jours pour préparer les plans complets. Quand t’es pressé par le temps, ça arrive qu’il y ait des erreurs»

«Il y a des choses en génie qu’on n’a pas pu faire parce qu’il fallait déposer la soumission. On n’aurait pas pu tout faire»

«Peut-être que les ingénieurs ont émis des plans qui n’étaient pas parfaitement coordonnés et qui auraient dû être vérifiés»

Non!  Ce sont des erreurs dues à une mauvaise préparation, tout simplement.  Selon M. Favreau, si on aurait pris le temps de bien faire le travail, ce sont les coûts auxquels on aurait dû s'attendre.  Ceci soulève deux questions:

1) Les coûts sont maintenant supérieurs à 500 000 $, donc nous aurions dû aller en appel d'offres sur tout le territoire du Québec et nous aurions probablement eu plus qu'un soumissionnaire;

2) Si Cimaise-FBA aurait soumissionné à 698 000 $, cela aurait représenté plus de 9 % des coûts totaux estimés en septembre dernier à 7,5 M $.  Pire encore, depuis ce temps, nous connaissons la plus basse soumission pour les travaux qui seront de 6,8 M $, comme nous le faisait remarquer Richard Goulet, de façon bien innoncente, lundi dernier:



Donc, si les fonctionnaires de la Ville avait adéquatement estimé les coûts à 6,8 M $ au lieu de 7,5 M $, 698 000 $ représente plus de 10% des coûts totaux des travaux de la caserne.  Revisionnez maintenant la deuxième vidéo de ce blog.


Révision des conditions d'admissibilité

Mais, bonne nouvelle, les conditions d'admissibilité ne sont pas coulées dans le ciment et lundi dernier le conseil devait en faire la révision pour cette année.  Pour aider nos conseillers à prendre une décision, le directeur général, Michel Pinault, y alla de recommendations basées sur le rapport Duchesneau à propos de la collusion dans le monde de la construction.  Voici une présentation des «changements» apportés selon ces recommendations:



Notons d'abord que sans l'intervention de Pascal Bonin, jamais nous n'aurions eu connaissance du rapport «Pinault» - qui est un document interne - et nous n'aurions jamais su que le conseil a refusé de suivre ses recommendations.

Voilà, le seul argument qui demeure pour garder ces critères d'admissibilité qui ne servent pas les intérêts des contribuables granbyens, c'est pour «encourager l'économie locale».  Le conseiller Girard tentera de nous rassurer en nous disant que plusieurs autres municipalités utilisent des façons similaires pour attribuer des contrats. Ce n'est guère rassurant lorsqu'on pense que le rapport Duchesneau existe car on considère qu'il y a un problème généralisé au Québec.

Se poser de sérieuses questions

Ce qui m'a vraiment poussé à écrire ce blog, ce sont les propos tenus par Denis Favreau dans le Journal l'Express:

L’architecte Denis Favreau, responsable du chantier, ne comprend pas la réaction de la Ville.  Selon lui, les travaux vont se conclure sous la limite budgétaire, qu’il chiffre à 7,5M$, malgré les erreurs aux plans et devis qu’il attribue au manque de temps. «Le budget que j’ai, légalement, c’est 7 551 032$. Il a toujours été respecté et on va finir les travaux en dessous du budget j’en suis convaincu», insiste-t-il.

Granby soutient toutefois que le contrat accordé à l’entrepreneur est de 6 011 849,90$ et que c’est là-dessus qu’il faut s’ajuster. «Il faudrait faire un projet sans que ça coûte une cenne de plus? Voyons donc!», réplique Denis Favreau, qui affirme qu’il est inévitable que des dépenses surviennent en raison de diverses conditions de chantier.


Alors, pour M. Favreau, il est «normal» que ça coûte toujours plus cher.  Pour M. Favreau, si la Ville a prévu 7,5 M $ dans son budget, il est «normal» qu'elle le dépense au complet, même si la soumission acceptée est plus basse.

Ce mépris du processus d'appel d'offres, en plus de tout ce qui a déjà été dit - dont le fait que les coûts excèdent 9 % des coûts totaux alors qu'il n'y a qu'un seul soumissionnaire -, devrait être suffisant pour qu'on «se pose de sérieuses questions» comme Richard Goulet nous le disait en septembre dernier.  Or, Richard Goulet ne se pose toujours pas de questions, il préfère chercher des excuses.  Pascal Bonin, lui se pose de bonnes questions:


Les autres conseillers ?  Silence total pour la plupart d'entre eux.  Éliette Jenneau dira que l'augmentation du contrat de la caserne la «fait sourciller» mais elle n'a rien dit quant aux critères d'admissibilité des contrats.  On a déjà mentionné la réplique de M. Girard.  Mais on ne peut passer outre les excellentes réflexions de Michel Mailhot qui, après avoir écouté le questionnement de M. Bonin, nous disait:



Nous voilà maintenant rassurés:  M. Mailhot nous dit qu'il a les intérêts des citoyens à coeur.  Aucun argument face au questionnement de M. Bonin.  Aucun argument pour justifier le refus de suivre les recommendations des rapports «Pinault» et Duchesneau.  Nous devons croire sur parole qu'il fait du bon travail, tout simplement.

Il en rajoutera plus tard dans la séance, avec la complicité du maire après qu'une série de 4 directives de changements furent énumérées avec pour résultat des économies par rapport au prix de la soumission initiale:


Ce qu'il ne dit pas par contre, c'est que ces contrats ne sont pas reliés aux contrats de génie, d'architecture ou de contrôle des matériaux.  Ils ne sont pas reliés aux compagnies «protégées» par les conditions avantageuses de l'attribution des contrats.  Les 3 compagnies impliquées dans les directives de changements précédentes sont:  Les Constructions Bricon ltée, Jonesco inc. et Bertrand Ostiguy inc.  En passant, Jonesco c'est la propriété du «méchant» Michel Duchesneau, ennemi juré de Richard Goulet, qui ne cherche qu'à «causer du tort» à la Ville de Granby selon certains.  Cimaise-FBA - la compagnie «protégée» qui crée des augmentations de coût - c'est la propriété de Denis Favreau, que beaucoup de gens prétendent être un bon ami de Richard Goulet.

Pascal, ne lâche pas l'excellent travail que tu fais dans ce dossier.  Chers journalistes, éditorialistes et autres responsables de l'information, s.v.p., donner à ce dossier la visibilité qu'il mérite.

dimanche 19 février 2012

Un dernier blog pour la route

«Et malgré que plusieurs des 8000 personnes qui ont voté contre les terres Miner soient découragées par l'impertinence du maire, ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles reprennent confiance au système et décident de s’exprimer à nouveau. »

Voilà ce que j'écrivais dans le premier sujet de ce blog publié le 25 janvier 2009.  À cette époque, je croyais que cela prendrait quelques mois et que les gens se mobiliseraient pour les élections de novembre 2009.

Je me suis ensuite servi d'un registre tenu au mois de juin de la même année pour évaluer l'intérêt des citoyens pour une opposition aux prochaines élections.  Le peu d'intérêt montré par la population me poussa à me dire que ça allait prendre un autre 4 ans pour que les gens voient les résultats désastreux de l'administration Goulet.  Nous avons finalement eu des élections, mais avec des candidats qui, au mieux, étaient mal préparés, au pire, étaient de véritables clowns.  Une véritable farce pour une démocratie avec un bassin de population de 60 000 habitants.

Malgré tout, Richard Goulet a obtenu moins d'appui aux élections que je prévoyais et beaucoup de gens semblaient surpris que Richard Goulet soit réélu (mais sans une opposition clairement exprimée, c'était du «wishful thinking»).  Ça m'a redonné un peu d'espoir.

Passer à une autre étape

Ma première attente de la part du conseil a toujours été de voir des conseillers s'exprimer.  Cette étape, elle fût franchie le 29 novembre dernier.  (Voir 5 ans plus tard et Pascal Bonin et Éliette Jenneau)

Comme je le disais, en écrivant ce blog, je croyais dénoncer les échecs de l'administration Goulet durant quelques mois et ainsi éveiller la population afin qu'elle se prépare aux prochaines élections.  Or cela aura pris 3 ans, mais je crois que cette deuxième étape est maintenant franchie.

Le plus difficile aura certainement été que la gestion du maire fasse la une des journaux locaux afin qu'on puisse en discuter entre nous.  Encore une fois, cette étape semble être franchie.  Cette semaine seulement, on compare la gestion du CINLB avec d'autres centres similiaires (J'avais pourtant déjà parlé du Marais de la Rivière-aux-Cerises l'année dernière), on enquête et dénonce l'attitude de la Ville dans le dossier du camping Tropicana (L'année dernière je vous disais qu'on jeterait à la rue ces personnes pour ensuite nous parler de HLM et c'est exactement ce qu'a fait Richard Goulet) et la Ville est maintenant poursuivie pour les refoulements d'égouts.  Petit aparthé pour cette dernière nouvelle:  Devant les tribunaux, la Ville maintient la défense de l'«Act of God» mais, devant la population - malgré que Bromont  a aussi été victime des pluies diluviennes - Richard Goulet maintient la théorie du manque d'investissements durant les adminstrations précédentes, ce qui donnera des arguments pour les compagnies d'assurance qui poursuivent la Ville, comme ici, à la séance du 19 décembre 2011 ou dans une entrevue à TVA, le 7 février dernier:




Heureusement cette théorie du «rattrapage» devrait être démolie bientôt, si on en juge par les propos de Michel Duchesneau.  Cette étape consituerait la dernière étape à franchir pour contrer le négativisme de l'adminstration Goulet et ce ne sera pas moi qui la fera.

Mais 3 ans à ne parler que de choses négatives, c'est beaucoup plus long que quelques mois et c'est dur sur le moral.  Richard Goulet accumulent les gaffes de façon répétitive et ne semble pas vouloir s'arrêter.  Ça devient redondant et lassant de les pointer chaque fois.

Il reste une dernière étape à franchir avant les élections de novembre 2013 et c'est celle où la population devra décider de ce qu'elle veut pour l'avenir, une étape beaucoup plus positive et stimulante.  En juin 2009, j'écrivais la réflexion suivante et elle est, malheureusement, toujours d'actualité:

«La plus grave conséquence du fait que les gens qui s'opposent à la gestion en place ne s'expriment pas librement est qu'il est difficile d'évaluer ce qu'ils attendent du conseil.  Doit-on cesser d'emprunter, dépenser moins ou les deux?  La quantité de projets réalisés en ce moment, est-ce raisonable?  Le rythme d'il y a 5 ans, était-il suffisamment rapide?  Si on réduit le rythme de réalisation de projets, quels sont les priorités?  Le compte de taxes doit-il baisser, rester le même ou pourrait-il encore augmenter? Doit-on vendre les terres Miner au plus vite, sachant qu'il y a risque de perte ou doit-on persévérer dans cette folle aventure de développement résidentiel?  Doit-on vendre le golf ou y investir davantage?  Ce sont toutes des questions dont les réponses sont loin de faire consensus, résultat d'un manque de discussion.  Ce manque de discussion et de discours critique est probablement le plus grave problème à Granby présentement.»

En ce moment, lorsque je tente de parler d'avenir avec d'autres citoyens, la discussion se termine toujours sur le fait que l'administration Goulet n'est pas bonne et qu'on ne doit pas répéter ces erreurs.  C'est bien, mais on doit voir plus loin que ça.  Ce n'est pas sain de constamment ressasser les erreurs du passé.

Puisque les conseillers semblent vouloir s'exprimer, puisque les médias semblent vouloir s'intéresser à ce qui se passe à l'hôtel de Ville, puisque les anciens élus semblent vouloir défendre leur bilan et puisque la population semblent vouloir chercher à s'informer de plus en plus, il est temps pour moi de passer à une prochaine étape:  Donner de la matière pour de saines discussions en vue d'un avenir prometteur.

Prochaine étape: Élections 2013

Je n'accepterais pas qu'il n'y ait pas de candidats de qualité aux prochaines élections, mal préparés et sans un style de gestion qu'ils seront capables de défendre.

Et les problèmes à règler sont suffisamment graves et profonds, qu'une campagne électorale d'un mois ne sera pas assez longue pour aller chercher les citoyens et les impliquer dans la communauté.  Selon l'expérience de la dernière élection, il faudra s'y attarder dès le début de 2013.  Ce qui est beaucoup plus long et ardu que je croyais, c'est d'expliquer les faits tout en gardant l'intérêt des citoyens.

C'est pourquoi je veux m'éloigner de ces constats négatifs de l'administration Goulet dont nous sommes témoins et me concentrer plus sur les leçons positives que nous pouvons en tirer:
  • Redonner à la démocratie ses lettres de noblesse;
  • Encourager l'implication citoyenne dans la communauté;
  • Retrouver un style de gestion qui maximisera chaque dollar dépensé.
Des défis que trop de politiciens ont mis de côté et ce, à tous les paliers de gouvernement.  Le municipal, c'est le plus facile à changer afin de montrer l'exemple aux autres et redonner l'espoir d'un avenir meilleur pour tous.

 Je veux donc m'éloigner des propos négatifs pour créer une vision positive pour les élections de 2013 basée sur les problèmes que nous avons vécu depuis 2005 et les solutions que j'envisage pour éviter de les répéter.  Serai-je candidat à la mairie?  Je ne dis pas non, surtout s'il n'y a pas de candidat sérieux ou qu'il y a seulement des candidats sans envergure qui pronent la «continuité».  Mais idéalement, j'aimerais bien être élu au poste de conseiller, laissant le poste de maire à quelqu'un qui, non seulement n'a pas peur des défis, mais qui possède aussi de bonnes aptitudes de rassembleur.

Peu importe qui se présentera ou combien il y aura de candidats, je sais que Richard Goulet ne sera pas réélu car il est allé beaucoup trop loin et a perdu toute crédibilité.  Cela ne veut pas dire qu'il faut se contenter de n'importe qui pour le remplacer.  Il faut éviter de faire seulement un vote d'opposition à Richard Goulet:  Il faut plutôt penser à notre avenir.

Je n'abandonne rien.  Je maintiendrai l'horloge de la dette ou annoncerai quelques brides d'information ici et là comme la tenue des registres à venir par exemple.  J'ai encore certains dossiers pour lesquels je ferai un suivi (ex.: les assurances du pavillon du golf Miner) et je continuerai de m'impliquer au sein du conseil du quartier #2.

S'il y a des gens qui veulent se réunir, discuter et s'impliquer pour l'élaboration d'une vision positive pour l'avenir de Granby, n'hésitez pas à me contacter sur obreham@gmail.com ou au (450) 372-3652.  J'aimerais me joindre à vous car j'aime bien les assemblées de cuisine.  Je m'intéresse aux méthodes de gestion innovatrices pour les trois points ci-haut mentionnés (améliorer la démocratie, l'implication citoyenne et les méthodes de financement des projets).  Il faudra aussi des gens pour se présenter aux prochaines élections.  C'est le temps de commencer à se faire à l'idée, tranquillement pas vite.

Il ne faut pas que les élections 2009 se reproduisent.

mardi 14 février 2012

Registre à signer

À titre d'information, un registre pourra être signer ce jeudi et vendredi, les 16 et 17 février 2012, à l'hôtel de Ville, de 9h00 à 19h00 concernant un emprunt de 4 590 000 $.

Malheureusement, pour permettre le nouveau programme d'immobilisations de 2012, Richard Goulet a choisi de faire un grave sacrifice:  On a remis à plus tard le renouvellement des infrastructures de rues des secteurs inondés cet été.  Un conseil responsable aurait augmenté les taxes pour faire ces travaux nécessaires (ou fait d'autres choix dans les coupes).  (Plus de détails dans le blog précédent)

Par solidarité pour mes concitoyens − même si je sais que cela signifie une possible augmentation de taxes pour moi − je vais aller signer le registre. Et cette coupe irresponsable dans les infrastructures de rues en est la raison principale. Il est grand temps que notre maire investisse l’argent là où il le faut, qu’il assume ses dépenses et qu’il cesse d’agir de manière enfantine en punissant les élus et les citoyens qui ne disent pas comme lui.

mardi 7 février 2012

Atteindre l'équilibre

Nouveau PTI pour 2012, Richard Goulet a choisi de maintenir la dette à niveau tel que je le recommandais dans ma lettre d'opinion.  Je suggérais d'étudier un scénario où la dette resterait stable et de couper 10M $ des immobilisations de l'emprunt de 20 M $ et d'augmenter le taux de taxes de 10¢ (soit 5 M $ dans les coffres de la Ville).  Richard Goulet a choisi de couper 15 M $ et de ne pas augmenter les taxes.  D'ailleurs il aurait été quasi-impossible d'augmenter les taxes puisque les comptes de taxes étaient déjà à la poste.

Alors, j'ai ajusté l'horloge de la dette avec les nouveaux chiffres.  La dette passe de 83,8 M $ (au 31 décembre 2011) à 83,4 M $ (au 31 décembre 2012).  Bonne nouvelle, ça diminue légèrement.  Mais, attendez!  Lors du dernier budget, j'avais demandé quelle était la dette au 31 décembre 2011 et on m'avait répondu 79,5 M $.  D'où vient le 4,3 M $ supplémentaire?  J'ai posé la question à M . Renaud après la séance du conseil.  Ces chiffres ne sont que des approximations.  Le véritable chiffre, nous le connaîtrons lors du dépôt des états financiers, qui devrait se faire au mois de mai.

Projets prioritaires?

Apparemment, plusieurs projets qu'on nous présentaient comme étant des nécessités pouvaient être reportés.  En cherchant, on a fini par trouver.  La raison pour laquelle je suggérais de couper seulement 10 M $, c'est que dans mon estimation je gardais tous les projets d'infrastructures de rues que je croyais être tous prioritaires.  Richard Goulet a choisi d'en couper quelques uns:  Ceux étant dans les quartiers de M. Bonin et Mme Jenneau ne sont apparemment pas prioritaires!  Drôle de coïncidence, n'est-ce pas?

Faire une coupe aussi massive dans le budget ne sera pas une solution à long terme.  Il faudra nécessairement augmenter les taxes (ou réduire les dépenses courantes, si possible) pour compléter les projets pour le bon maintien des immobilisations de la Ville.  Vous pouvez compter sur Richard Goulet pour se servir de ce même argument pour nous convaincre qu'il faudra nécessairemment augmenter la dette.

Mais pensez à ceci:  Si nous avions gardé tous les projets d'infrastructures de rues dans les quartiers de M. Bonin et Mme Jenneau, nous aurions été obligé d'aller chercher un 10¢ supplémentaire sur le compte de taxes.  Or, en 2012, 16¢ sont nécessaires pour rembourser la dette dont 6¢ pour les intérêts seulement.  Cet argent nous l'aurions si on aurait payé comptant durant les 5 dernières années et nous aurions pu payer comptant si on aurait fait des budgets où les priorités et les taux de taxes auraient été analysés avec un sérieux similaire à celui qu'on a présentement.

L'équilibre

Mais souvenez de ce budget 2012:  Aujourd'hui nous maintenons la dette stable et pourtant nous avons perdu toute la marge de manoeuvre pour faire des investissements, même après avoir fait tant de dépenses dans les 5 dernières années.  Si vous augmenter la dette à 100, 150 ou 200 M $, vous aurez exactement le même problème avec des répercussions un plus grave car vous aurez à payer un peu plus d'intérêt sur la dette.  Et n'oubliez pas que les taux d'intérêts sont bas.  Augmentez les taux d'intérêts sur notre dette de 83 M $ et, même stable, notre pouvoir d'achat sera diminué encore plus.

Je vous présente en rappel les commentaires de M. Mailhot à propos de cet équilibre que nous étions sensé approcher:


Ces propos, il les tenait le 5 décembre dernier.  L'équilibre dont il parle, nous le vivons présentement à l'exception qu'au lieu d'emprunter 15 M $ et rembourser 15 M $, on emprunte 5 M $ et rembourse 5 M $.  Cet équilibre, comme on le voit aujourd'hui, on peut choisir de l'établir au niveau de notre choix.  Plus la dette sera grande, plus les montants de ce qu'on emprunte et rembourse seront grands.

Lorsque la dette se stabilise, c'est-à-dire que nos emprunts égalent nos remboursements, on n'a plus le choix, il faut augmenter les taxes ou se priver de façon excessive.    Je vous conseille de lire ou relire une image vaut mille mots pour bien comprendre ce qui se passe présentement.

Plus la dette sera grande, pire se sera; Plus les taux d'intérêts augmenteront, pire se sera.

mercredi 1 février 2012

Richard Goulet et les parcs

On maintient le rythme avec la série «estimations farfelues» avec les parcs et terrains de jeux.  Celui-ci est d'actualité car on parle beaucoup de la place publique ces temps-ci.  Je vous épargne quelques vidéos cette fois-ci car Richard Goulet est particulièrement fier de ses investissements dans les parcs et terrains de jeux, alors c'est très long lorsqu'il en parle.  Mais faisons un petit résumé de ce qui a été accompli jusqu'à date.

En 2008, on prévoyait dépenser 7,7 M $, 1,6 M $ et 1,3 M $ en 2008, 2009 et 2010, respectivement.  En 2009, on prévoyait dépenser 2,1 M $, 800 000 $ et 400 000 $ en 2009, 2010 et 2011 respectivement.

Ici, je vous montre la vidéo où Richard Goulet nous dit, lors de la présentation du budget 2009, qu'en 2011 nous investirons seulement 400 000 $:


«Il commence à avoir une limite dans nos parcs»; «On aura fait le tour»; «On ne bâtira pas des parcs juste pour bâtir des parcs»; «Je pense qu'on va avoir repris le tempo qui avait été abandonné». 

Je n'ai pas les budgets pour 2010 et 2011, mais vous pouvez lire un petit résumé fait par La Voix de l'Est le 16 juin 2010, intitulé Goulet: «À court terme, on va avoir comblé les besoins». Dans cet article, on dit que «Granby a investi plus de 14 millions$ dans ses quelque 75 parcs et terrains de jeux.»  En ajoutant l'aréna et le centre de baseball Louis-Choinière, «ça fait plus de 30 millions$ d'investissements» selon Richard Goulet.  Selon l'article «Au terme de 2010, "le tour" de tous les espaces verts aura été complété, estime le maire. "À court terme, on va avoir comblé les besoins", dit-il.»  Toujours selon l'article, 14 nouveaux parcs ont été créés en 4 ans.  À ma connaissance, cet article ne tient pas compte de l'achat du boisé Miner et du golf Miner ainsi que des investissements dans le golf Miner.

Voyons voir le PTI pour 2012-2013-2014:

Parcs et terrains de jeux: 
  • 2012:   1 500 000 $ (+ 3 000 000 $ pour la place publique)
  • 2013:  1 200 000 $ (+ 1 000 000 $ pour la place publique)
  • 2014:  800 000 $ (+ 750 000 $ pour la place publique)
On voit clairement qu'il n'y a aucun ralentissement dans les montants investis dans les parc et terrains de jeux (et l'expérience passée avec l'administration Goulet tend à nous prouver que les dépenses réelles sont plus grandes que celles prévues aux PTI précédents).

Après avoir lu l'article de La Voix de l'Est, revoyez les propos de Michel Mailhot et Pierre Breton qui, en voulant justifier la place publique, tentent de nous faire croire qu'on n'a pas suffisamment investi dans les parcs à Granby.

N'oubliez pas toutes ces informations lorsqu'on tentera de vous faire avaler la pilule de la nécessité d'une place publique.

lundi 30 janvier 2012

Richard Goulet et la caserne

Toujours dans la série «estimations farfelues», voici combien on comptait mettre pour l'agrandissement de la caserne d'incendie en 2008 (les travaux étant prévus pour 2009):


L'année suivante, on décide de reporter les travaux en 2010:


Donc, on passe de 1,3 M $ à 4,3 M $ en l'espace d'une année, sans la moindre explication.  Comme on le sait déjà, les travaux seront réalisés en 2011 pour la somme de ... 7,5 M $ !

Encore une fois, je suis certain que les conseillers ont posé toutes les questions nécessaires − en séances préparatoires − pour connaître les raisons qui ont multiplié les coûts par 6 pour l'agrandissement de la caserne d'incendie.  Probablement un oubli de leur part de ne pas avoir partagé ces informations avec nous en séance publique.  En fait, c'est probablement que la raison est trop évidente:  Plus on attend pour réaliser les travaux, plus ça coûte cher.

samedi 28 janvier 2012

Richard Goulet et l'informatique

Dans mon blog Que vaut la parole de Richard Goulet?, je vous disais que j'avais mis la main sur les vidéos des présentations des budgets 2008 et 2009 et que je reviendrais avec les estimations farfelues de Richard Goulet.  Alors je partage avec vous ce que disait Richard Goulet à propos des investissements en informatique.

2008

D'abord, un petit retour sur la présentation du budget 2008.  2008 est la première année où Richard Goulet empruntera massivement, alors tout au long de cette présentation il met beaucoup d'emphase sur le fait que les dépenses sont nécessaires et exceptionnelles.  Voici ce qu'il avait à dire à propos des investissements en informatique pour 2008:


Donc, 600 000 $ est un «gros» montant.  Mais un autre «grosse» année en 2009 et on devrait être «à peu près équipé» et donc on aura des «budget d'entretien» par la suite.

Dans la même présentation, 5 minutes plus tard, il nous parle effectivement du montant prévu pour 2009:



Donc, un autre 600 000 $ et «ça devrait être la dernière année où on investi aussi massivement dans l'informatique parce qu'on a fait les changements appropriés».

2009

Tout d'abord, il semblerait que le montant de 600 000 $ prévu l'année dernière n'ait pas été dépensé en 2009;  Du moins, il n'en est pas explicitement question durant la présentation du budget 2009.  Mais on prévoit des montants pour 2010:


et 2011:


«Cette fois-ci le montant a baissé, félicitations M. Renaud!» On voit que nous sommes sur la bonne voie pour diminuer les montants investis en informatique ... N'est-ce pas?

2012

Bon, je n'ai pas les montants investis en informatique durant les années 2010 et 2011 (peut-être avons nous eu d'autres priorités) mais voici ce que nous comptons mettre en informatique pour 2012:



en 2013:



et en 2014:


Avez-vous remarqué qu'on passe vite sur les montants pour l'informatique?  Faut dire que ces montants sont sensés représenter l'«entretien» du réseau informatique selon les dires de Richard Goulet en 2008.  Bizarre qu'on ait réussi à mettre à jour nos équipements informatiques avec des montants de 600 000 $ en 2008 et 2009 et qu'on doive maintenant payer 1 M $ par année pour l'entretien.  Il faut croire que Richard Goulet a raison lorsqu'il dit qu'il est payant d'emprunter pour acheter aujourd'hui car les prix vont augmenter dans le futur!

Pour ma part, avec 1 M $, j'achète facilement 1000 ordinateurs personnels.  Sachant qu'il y a environ 400 employés à la Ville (incluant les chauffeurs de camion, ceux qui font l'entretien des parcs, etc.),  Comment fait-on pour dépenser 1 M $ par année en informatique?

Je suis certain que toutes ces questions ont été adressées par nos conseillers en séances préparatoires.

Ça devient de plus en plus inquiétant

Je n'aime pas vraiment en faire la publicité, mais ça devient de plus en plus une réalité:  Granby est en train de devenir une risée au Québec.

La  semaine dernière, je vous parlais du Motel Ginette Câble-TV de Granby.  Aujourd'hui, c'est un nouveau commentaire sur le blog du Grand Parleur par nickoleterrible:

«Vous vous souvenez que Drumondville a déjà été la tête de turc du Québec ? Moi j’ai toujours trouvé que ce n’était pas mérité, je connais Granby, j’y ai habité.»

J'imagine que l'adage «Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en!» s'applique ici.

Mais ça serait plus plaisant si on en parlerait en bien, n'est-ce pas?

mercredi 25 janvier 2012

Plus il parle, plus c'est pareil

«Toutes les subventions que nous avons eues, c'est la Ville qui est allée les chercher, assure-t-il. La job de l'opposition, ça ne semble être que critiquer le gouvernement. Et vous, je ne sais pas si ça vous tenterait de donner de l'argent où vous vous faites critiquer à tous les jours. Quand on est dans l'opposition et qu'on est critique sur un paquet de choses, c'est ça que ça donne. Je ne pense pas que M. Bonnardel sera surpris de m'entendre dire ça. C'est un état de fait.»

− Richard Goulet, à propos de François Bonnardel, 14 décembre 2011

Aujourd'hui, le combat de longue date pour un lien routier entre la 10 et la 20 de François Bonnardel commmence à rapporter.  Il avait même réussi à s'allier avec le député Libéral − le parti au pouvoir − de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis pour la cause.  Le ministère des Transports investira pour étudier ce projet.

La phrase suivante ne tient donc plus: «Toutes les subventions que nous avons eues, c'est la Ville qui est allée les chercher»1.  Le travail de François Bonnardel amène le gouvernement à investir chez nous.  Donc, pour que la pensée de Richard Goulet puisse garder une certaine logique, c'est-à-dire qu'un parti à l'opposition n'apporte rien, il faut que le projet ne soit pas bon!  Effectivement, selon Richard Goulet:

«Je n'ai rien contre le projet; ça doit faire 30 ans qu'on en parle. Mais je pense que la priorité du Ministère devrait d'abord être l'élargissement de la route 139 à Granby, à partir de l'autoroute 10 jusqu'à la rue Dufferin. Avant de partir de nouveaux projets, on devrait d'abord régler ceux qui existent déjà»


«Complétons financièrement un projet avant d'en partir un autre»


«L'activité économique se fait plus d'est en ouest que du nord au sud» [Évidemment, puisqu'il n'y a pas de lien routier! Allô!]

Le plus drôle, c'est qu'un lien routier entre la 10 et la 20, qui passe par Granby, va nécessairement passer par la 139.  L'élargissement de la 139 et le lien routier, c'est le même combat.  Mais jamais Richard Goulet ne pourra admettre que quelqu'un d'autre a raison; surtout si Richard Goulet s'en est déjà servi comme «tapis de porte» (voir ici et ici); enfin selon SA définition de traiter quelqu'un comme un «tapis de porte».

Finalement, pour ce qui en est des propos suivants:

« Avant de partir de nouveaux projets, on devrait d'abord régler ceux qui existent déjà »

«Complétons financièrement un projet avant d'en partir un autre»

Nul besoin de noter le paradoxe que c'est Richard Goulet qui tient ces propos.


1 En fait, ce ne serait pas tout à fait vrai si on se fie cet article.  «M. Bonnardel a réussi en cours de mandat à arracher, à force de travail, une subvention de 1 million de dollars pour des infrastructures sportives».


dimanche 22 janvier 2012

La culture populaire

Je suis toujours étonné lorsque j'entend quelqu'un dire qu'il ne savait pas que fumer n'est pas bon.  Généralement, ce sont des personnes devenues malades à cause de la cigarette et qui poursuivent les compagnies de tabac.

Ça m'étonne toujours parce que pour les gens de ma génération (45 ans et moins), nous avons subit un véritable lavage de cerveau concernant les dangers de la cigarette depuis notre plus jeune âge.  Pire encore, je me rappelle un vieux film de Jerry Lewis qui date du milieu des années soixante et où Jerry Lewis, après avoir détruit le cigare d'un des personnages (alors qu'il l'avait encore dans la bouche), lui envoyait une réplique du style: «De toute façon, fumer ce n'est pas bon pour vous.»  Donc, même à cet époque, il était déjà de notoriété publique que fumer était dommageable pour la santé, en tout cas, suffisament pour que ça fasse partie de la culture populaire.  Alors, n'importe quelle personne, disons de 60 ans et moins, qui prétend ne pas avoir été au courant des dangers de la cigarette et que les compagnies de tabac auraient dû l'avertir, je trouve ça gros.  Un moment donné, on doit être responsable des décisions qu'on prend.

Pourquoi je vous parle de ça?  Parce que, quelque fois, en écoutant certaines personnes, j'ai l'impression d'être tout seul à comprendre les dangers de l'emprunt.  Le dernier registre − et surtout les commentaires qui en ont ressorti − est un bon signal de la population qui me rassure.  Mais récemment, j'ai écouté le show de Martin Matte et il y avait un sketch où il comparait le mode de vie d'aujourd'hui avec celui des années 70-80.  Une de ces comparaisons était l'endettement.  Voici l'extrait du spectacle:


«Mais tu l'as eu 1 an gratis.»  En entendant ça, je ne pouvais m'empêcher de penser au film de Jerry Lewis et la cigarette.  C'est tellement clair dans la culture populaire d'aujourd'hui que vivre de l'endettement est un principe tordu, qu'on se permet d'en ridiculiser les propos dans les spectacles d'humour.

Parce que le plus drôle, c'est que le «tu l'as eu 1 an gratis», c'est le seul argument que Richard Goulet a à offrir pour valider sa méthode de gestion (tiré de mon blog Ça se fait, M. Goulet!):


Quand c'est rendu que le seul argument qu'on a pour justifier l'endettement, c'est le même qu'un humoriste utilise pour en rire, c'est qu'on est rendu bien bas.

samedi 21 janvier 2012

Motel Ginette Câble-TV de Granby

Après avoir vérifié mes courriels sur hotmail, je suis toujours redirigé vers le site francophone de Microsoft Canada (ca.msn.com) sur lequel on peut y lire les nouvelles du jour.  Aujourd'hui, dans la catégorie potin, on retrouve cette nouvelle à propos de George Clooney (cliquez sur l'image pour l'agrandir):

En cliquant sur cette «nouvelle», on se retrouve sur cette page, où on apprend que George Clooney a prêté une de ses maisons à l'actrice Viola Davis.  En guise de farce, on termine l'article en disant:

«Pendant ce temps, George se serait reposé au Motel Ginette Câble-TV de Granby, mais cette rumeur est paraît-il sans fondement et inventée de toutes pièces ici.»

Selon le maire, les millions $ investis via nos taxes auront servi à rehausser la réputation de la Ville de Granby.  Alors pourquoi sommes-nous désormais le point de référence du «kétaine» au plan national?

jeudi 19 janvier 2012

Je m'excuse M. le maire

Le 8 décembre 2011:


Le 19 décembre 2011:


Le 16 janvier 2012:


Le 19 janvier 2012:


Sans commentaire.

mercredi 18 janvier 2012

À l'écoute des citoyens ?

Encore une fois, bel exercice de relation publique dans La Voix de l'Est, ce matin:

Michel Mailhot: «La fin de semaine a été propice à la réflexion. On a entendu ce que les gens ont dit. Je pense toujours que pour exercer la démocratie, ça prend un référendum. Mais c'est peut-être un bon moment pour prendre le temps d'expliquer aux gens ce qu'on veut faire»

Louise Brodeur Comeau: «Je ne suis pas déçue. On est à l'écoute des citoyens. On refait nos devoirs».  Patrick Girard dit sensiblement la même chose.

Pierre Breton:  «Je me rallie à ce qui a été décidé. Je suis à l'aise avec ça. On va revoir le PTI et on va présenter quelque chose d'autre à la population».

À l'instar de Michel Mailhot, les conseillers Guy Gaudord et Yves Pronovost sont d'avis qu'ils auront un travail d'information à faire auprès de la population pour mieux expliquer les projets. «Les gens ont des inquiétudes, des questions. On doit répondre à ça», dit Yves Pronovost.

Comme d'habitude, dans les temps durs, Richard Goulet se cache.  Aucun commentaire de sa part.  D'ailleurs, le 13 janvier dernier, La Voix de l'Est écrivait: «Rejoint par téléphone, le maire de Granby, Richard Goulet, a refusé d'émettre ses commentaires sur les résultats hier soir.»  Le lendemain, elle nous rapportait encore: «Pour une très rare fois, le maire Richard Goulet a décliné la demande d'entrevue de La Voix de l'Est.»

Même CHLT a tenté sa chance, mais ce fût sans espoir:


Ce blog existe pour être certain que vous n'oublierez jamais les paroles de Richard Goulet lorsque vous aurez à prendre des décisions.  Voici, à nouveau, ce qu'il disait le 19 décembre dernier, il y a à peine un mois:



Quand on tente de vous faire croire qu'on «écoute» la population, souvenez-vous de comment il considérait les citoyens avant qu'ils le mettent dans une position difficile:  «C'est pas en me disant des choses comme ça sur les sondages, pis un paquet de choses, que ça m'influencent, ça m'influence pas du tout.»

Si vous croyez que l'homme qui a dit ça va se laisser influencer par un registre, vous êtes naïf.  S'il ne va pas en référendum, c'est qu'il n'a pas les moyens de le perdre − politiquement parlant − et qu'il n'a pas les moyens de le payer non plus;  Du moins, sans emprunter.

Mais soyons honnête et présentons ce qu'il avait à répondre à un citoyen lundi dernier concernant une question bien simple, soit:  Pourquoi ne pas faire des règlements qui plaisent à tout le monde de façon à éviter ces coûteux processus de consultation.  Je vous rappelle que les registres et référendums, il s'en fait comme on en voit très rarement dans les autres municipalités.  C'est au conseil à être à l'écoute de la population et d'anticiper sa réaction:


Ici, on tente de se justifier, particulièrement en se basant sur les votes de conseillers, qui adaptent leurs opinions au gré de l'humeur du maire.  Richard Goulet n'est pas à l'écoute des citoyens.  Il tente de faire passer ses idées par tous les moyens, c'est tout.

Désinformation

Je profite de la vidéo précédente pour vous démontrer comment Richard Goulet s'amuse à dire n'importe quoi pour mélanger tout le monde et ainsi passer son message de la «désinformation».  Dans la vidéo précédente, suite à une affirmation du citoyen disant que la dette sera de 100 M $ en 2013, Richard Goulet nous dit:

«Premièrement, c'est pas 100 M $, ça c'est de la désinformation.  C'est pas 100 M $, on s'entend, c'est pas ça.  Vous avancez un chiffre que c'est pas ça.  C'est ça qui est de la désinformation.  C'est pas 100 M $, c'est loin de ça d'ailleurs.»

J'avais anticipé le coup.  J'ai demandé à Richard Goulet lui-même, en séance publique, de nous dire quelle serait la dette au 31 décembre 2011 et au 31 décembre 2012.  Je voulais être sûr qu'on parle des mêmes chiffres, alors dans la même intervention, le trésorier de la Ville a expliqué clairement ce que signifiait les chiffres que le maire m'avait donnés:

«C'est le seul portrait, c'est le seul qu'on doit utiliser. Toutes les autres notions de dettes, ce sont des notions qui sont trop variables.»

Vous pouvez lire ou relire ce blog, avec les preuves vidéo des «informations» officielles données par la Ville, qui répond clairement à la question: C'est combien la dette?

Pour ce qui est de la dette de 100 M $ en 2013, je vous présente en rappel l'extrait vidéo où M. Bonin nous dit quelle sera de 106,9 M $ en 2013.  Ces propos, tenus par un membre du conseil, ont été dit quelques minutes avant ceux que vous avez vus dans le blog C'est combien la dette? et personne, ni le maire, ni le trésorier de la Ville, n'a corrigé M. Bonin:


Qui fait de la désinformation?

mardi 17 janvier 2012

La lâcheté des conseillers

«Contre toute attente, il n'y aura pas de référendum à Granby, même si la majorité des conseillers semblaient en faveur d'une consultation populaire.»

− Marie-France Létourneau, La Voix de l'Est

Voilà la première phrase que la journaliste de La Voix de l'Est a décidé d'utiliser. «Contre toute attente»;  Ce n'est pas moi qui le dit, tout le monde croyait qu'on allait en référendum, surtout après la sortie des conseillers de samedi dernier.

Ce dernier article commençait avec la phrase suivante: «Les discussions s'annoncent houleuses lors de la prochaine rencontre préparatoire du conseil municipal de Granby.»  Or, non seulement il n'y a eu aucun conseiller qui s'est exprimé en séance public lors de l'annonce qu'il n'y aurait pas de référendum, mais une source généralement bien informée m'a dit qu'il n'y a eu aucune discussion en séance préparatoire aussi.  Lorsque le maire a présenté sa proposition, tous l'ont accepté sans broncher, même s'ils ont tous été surpris autant que la majorité d'entre nous.

Pourtant Mme Brodeur-Comeau qui, samedi dernier, disait:  «On ne recule pas. On va de l'avant. On va en référendum. Dans mon esprit, quand les gens vont signer un registre, c'est pour avoir un référendum», n'a pas dit un seul mot (comme d'habitude) alors qu'avec une position aussi claire, elle aurait dû voter contre la proposition du maire.  Elle a ainsi abandonné la partie de la population qui aurait souhaité aller en référendum (c'est certain qu'il y en avait).

Denis Choinière disait: «Mais j'étais d'accord avec le budget qu'on a adopté. J'aimerais mieux continuer comme ça».

Pire que ça, Michel Mailhot qui avait dit: «On va en référendum. On ne peut pas donner raison à 2800 personnes (celles qui ont signé le registre cette semaine). On va exercer la démocratie» a fait pire que de ne pas voter contre la proposition, pire que de ne pas s'exprimer, il a secondé la proposition du maire!

Ces personnes croyaient faire plaisir au maire en anticipant sa réaction et ils se sont écrasés comme des chiens piteux.

Après que le maire et les conseillers disent à qui veut bien l'entendre que la population est mal informée, encore une fois, ils sont muets comme des carpes.  Je n'attends que ça qu'ils nous informent.  Je les défi de nous informer.

dimanche 15 janvier 2012

C'est parce que la population n'a rien compris

Mon travail devient de plus en plus facile.  Les conseillers répètent les mêmes chansons, alors je réutilise les mêmes blogs.

Il a deux mois − pas deux ans, deux mois − La Voix de l'Est avait demandé l'opinion des conseillers face aux résultats d'un sondage.  Vous pouvez relire les propos qu'ils tenaient «à l'époque» dans mon autre blog.

Deux points me sautent aux yeux:

Mme Brodeur-Comeau qui nous disait: «Au cours des prochaines années, elle estime que les investissements nécessaires seront de moindre envergure.»


Et aujourd'hui, elle nous dit: «Quand j'ai voté pour le règlement d'emprunt et les travaux du programme triennal d'immobilisations (PTI), c'est parce que j'étais d'accord avec tout ça.  On ne recule pas.  On va de l'avant.  On va en référendum.  Dans mon esprit, quand les gens vont signer un registre, c'est pour avoir un référendum».

Comment se fait-il qu'il y a 2 mois elle nous disait que les investissements nécessaires diminueraient et qu'elle a accepté un mois plus tard un PTI où il y aurait un des emprunts de 20 M $, 15 M $ et 15 M $ pour les années 2012 à 2014, ceci excluant la bibliothèque (10 M $ et +) et 120 M $ de projets présentement à l'étude au conseil.  Et aujourd'hui, malgré un signal clair de la population, elle réaffirme la nécessité de tels emprunts.

M. Mailhot nous dit: «On a besoin d'expliquer nos projets» et M. Pronovost rajoute: «J'aimerais avoir les moyens de leur transmettre les informations qu'on a quand on prend nos décisions.  On a une job d'information à faire».

Pourtant, il y a deux mois, Michel Mailhot, Patrick Girard, Serges Ruel et Yves Pronovost tenaient le même discours.  Dans mon blog, je rappelais que MM. Ruel, Bélanger et Gévry avaient déjà tenu de tels propos en 2008.  Mais quand est-ce que ces gens vont arrêter de dire que la population est mal informée et qu'ils vont agir et expliquer leurs projets à la population?  Surtout qu'il y a eu plusieurs demandes publiques faites directement au conseil en ce sens.  Ce n'est pas l'«opposition» qui a peur que vous expliquiez vos projets, c'est elle qui vous le demande.  Ce n'est pas nécessaire d'aller en campagne d'«information» à coup de centaines de milliers de dollars pour ça, il s'agit de s'exprimer clairement en séance publique et de tenir des points de presse ou des communiqués avec les médias.  C'est gratuit.

Finalement, une note spéciale à M. Mailhot pour ces commentaires élogieux face à la population qu'il représente:

«Il y a une possibilité de 50 000 personnes qui peuvent voter. On va en référendum. On ne peut pas donner raison à 2800 personnes (celles qui ont signé le registre cette semaine). On va exercer la démocratie»

«J'y tiens mordicus [la place publique]. Le centre-ville, c'est le poumon d'une ville. Si le centre-ville est animé, les gens vont venir ici et tout le monde va en profiter. Même les promoteurs immobiliers»

«On ne peut pas donner raison à 2800 personnes»

Alors voilà, M. Mailhot sait ce qui est bon pour les citoyens, en fait il le sait mieux qu'eux-mêmes.  Vous lui dites que vous ne voulez pas acheter ce qu'il veut vous vendre?  C'est pas grave, il va vous forcer à le faire car il connaît vos besoins mieux que vous.  Après tout, le fait qu'il soit l'architecte derrière l'augmentation de 25% des salaires des élus ne prouve-t-il pas qu'il fait de bons investissements avec votre argent?

Ah oui!  Et on ne peut pas donner raison à 2800 personnes, mais par contre il est légitime de donner raison à 10 personnes sur le conseil sans rien dire.

vendredi 13 janvier 2012

C'est quoi l'essentiel?

Le blog d'aujourd'hui, c'est un deux pour un, où le sujet commun est l'essentiel.

I.  L'essentiel du registre

Durant la période du registre, voici toutes les opinions et commentaires publiés dans La Voix de l'Est sur le sujet (par date de publication):

Un mot à M. le maire (Roger Arbour)
Bonne année Granby! (Émile Roberge)
Lettre à mon maire (André Deschamps)
Registre contre un emprunt de 20 millions $ (membres du conseil de quartier numéro 2)
L'essentiel avant le luxe (André Berthelot)
La bourse ou la vie ? (André Beauregard)
Quel rattrapage ? (Michel Duchesneau)
Une route funeste? (Richard Beauregard)

Le message qui sort de la lecture de toutes ces lettres, c'est que l'augmentation de la dette, ça suffit.  En fait, plusieurs personnes qui ont signé le registre n'étaient même pas au courant des projets concernés comme, par exemple, la place publique.

Oui, il y aura des choix à faire pour le conseil; Oui, la place publique pourrait être un de ces choix.  Mais je trouve très limitatif le fait de parler de ce projet comme étant «le» problème du règlement d'emprunt.  Même en enlevant ce projet du règlement d'emprunt, la dette passera de 80 M $ à 91 M $, au lieu de 94 M $, mince consolation pour des personnes qui croient que la dette a trop augmenté ces dernières années.

L'après-registre

Il n'y a que deux possibilités que le conseil pourra vraisemblablement considérer suite au registre.  La première est d'aller en référendum.  Ce serait l'option préféré de Richard Goulet qui aime bien gagner.  Mais s'il a un moment de lucidité, il verra bien que c'est très risqué de le perdre et, deuxièmement, même s'il le gagne, le temps de faire un référendum (avec tous les délais légaux) causera un retard pour tous les projets dont je doute que le conseil puisse se permettre.  Mais il est assez imbu de lui-même pour forcer la tenue d'un référendum, ajouter des campagnes d'«information» et jouer le tout pour le tout.  Après tout, ce n'est pas son argent.

La deuxième possibilité, c'est de mettre la place publique dans un règlement à part.  En faisant ça, Richard Goulet démontre qu'il est ouvert aux idées de Pascal Bonin et il lui fait fermer la trappe en même temps.  En effet, Pascal Bonin pourra inviter les gens à signer le registre de la place publique, mais comme il n'a rien dit contre les autres projets, le maire l'accusera probablement d'être de mauvaise foi s'il les invite à signer le registre concernant tous les autres projets.  De plus, si les gens ne se déplacent pas pour signer un des registres, il est possible qu'ils ne le fassent pas pour l'autre aussi.  Dans un tel cas, Richard Goulet gagnerait sur toute la ligne.  Les citoyens de Granby semblent désormais déterminés à signer des registres, mais c'est tout de même une possibilité.

Ce que les citoyens devraient exiger du conseil

Par contre, ce qui devrait se passer c'est que le conseil refasse le budget de façon à ce que la dette n'augmente pas, soit qu'elle demeure à 80 M $.  (On aimerait qu'elle diminue, mais bon, il ne faut pas trop en demander au présent conseil.)  En fait, si les conseillers ont  bien compris la population, elle devrait demeurer à 80 M $ jusqu'aux prochaines élections.

Moi, la raison pour laquelle je demande ça, c'est que si le conseil choisit cette voie, il n'a d'autre choix que d'augmenter le taux de taxes d'au moins 10¢ (s'il fait des efforts), ce qui démontrerait à quel point Richard Goulet n'a pas créé de richesse avec sa philosophie de gestion.  Comment j'arrive à ce chiffre?

Les dépenses d'immobilisations de cette année sont de 24 M $.  En les analysant rapidement, je suis incapable d'en couper plus de la moitié (imaginer  Richard Goulet), soit 12 M $ qu'on doit nécessairement investir cette année.  L'emprunt qu'on peut faire pour maintenir l'«équilibre» (voir Une image vaut milles mots)  afin que la dette reste stable à 80 M $ c'est environ 6 M $.  Donc, il nous reste 6 M $ à trouver pour financer nos 12 M $ de dépenses.  Disons que Richard Goulet réussit à couper 1 M $ dans les dépenses courantes (on peut toujours rêver), il restera donc 5 M $ à trouver.  Comme 1¢ sur le compte de taxes équivaut à 500 000 $ dans les coffres de la Ville, il faudra donc 10¢ d'augmentation sur le compte de taxes pour boucler le budget de la Ville tout en maintenant la dette à 80 M $.  Je vous rappelle que cette année 16¢ sont consacrés au remboursement de la dette; montant qu'on ne peut pas utiliser pour les dépenses de cette année.

Mais je rêve.  Jamais le conseil actuel n'aura la capacité de faire un budget aussi serré.  Mais si la population tient son bout, elle ne devrait pas accepter un règlement d'emprunt de plus de 6 M $, peu importe les projets proposés.

II.  Les dépenses essentielles

La deuxième partie de ce blog découle d'une discussion que j'ai eue récemment sur la question suivante: «Qu'est-ce qu'une dette raisonnable?»  Alors que tout le monde était d'accord qu'il n'y a pas de dette «stable» acceptable ou normale, les gens semblent aussi convaincus qu'il est bon de contracter une dette si la dépense est «essentielle».  Mais c'est quoi une dépense essentielle?  Il n'y a pas de bonne réponse à cette question ou plutôt, toutes les réponses sont bonnes;  Ça ne dépend que de nos priorités, de nos choix de vie.

Mais peu importe ce que l'on considère «essentiel», nous devrions être capable de taxer en conséquence.  Si on n'a pas la capacité de payer ces dépenses, alors il faut revoir nos priorités, tout simplement.

Mais pourquoi est-ce que les gens croient que lorsque c'est «essentiel», on doit nécessairement emprunter pour l'obtenir?  Réponse:  C'est à cause de la façon dont les politiciens présentent les projets.  Les politiciens gaspillent l'argent qu'on leur donne (sans en parler ouvertement, naturellement) et, lorsque vient le temps de faire l'«essentiel», ils reviennent nous voir les poches vides en nous disant qu'ils doivent emprunter pour boucler le budget et en nous menaçant que «Cest ça ou rien».

De l'argent, il y en a

La raison pour laquelle je vous parle de ça, c'est parce que j'ai reçu dernièrement un fichier Powerpoint dénonçant les abus du système.  Le document se veut provocateur, mais il semblerait que plusieurs données se vérifient.  le document est très long à lire, mais ça contribue à enrager le lecteur qui en vient à croire que ça ne finira jamais.

Ce qu'il faut retenir c'est que de l'argent, il y en a.  Il s'agit pour nos élus de bien le dépenser et ainsi les emprunts ne sont pas nécessaires pour le bon fonctionnement d'un gouvernement.  Et c'est le devoir de tout citoyen de dire NON lorsqu'un politicien lui dit qu'il veut emprunter en son nom.  Nous devons tous forcer les élus à se contenter de l'argent que nous leur donnons.

Je veux vous présenter le document, mais d'abord je veux vous rappeler que le conseil actuel s'est récemment donné − à l'unanimité − une augmentation de salaire de 25 %, en plus de s'accorder des primes de transition.  Je veux aussi vous rappeler que dans le budget 2012, il est prévu de re-décorer la mairie et changer des meubles comme la table du conseil.  Cette dernière a été refaite il a 5 ans pour faire de la place au conseil de la nouvelle ville qui passa de 6 à 10 conseillers.  Gardant en tête ce genre de dépenses farfelues de notre conseil (et on pourrait en trouver de biens pires dans d'autres domaines, comme le changement des pancartes de nom de rues et autres enseignes), vous pouvez maintenant consulter le document suivant:

Les abuseurs

Comme vous le voyez, de l'argent il y en a, il suffit de serrer la vis et refuser systématiquement que nos élus empruntent en notre nom.  Vous allez voir, ils vont en trouvez de l'argent pour faire les projets «essentiels».

lundi 9 janvier 2012

Que vaut la parole de Richard Goulet?

Lorsque Richard Goulet vous parlera de prévisions d'avenir, il est toujours bon de savoir ce qu'il a dit dans le passé afin d'évaluer ce que vaut sa parole.

En mai 2009, je vous rappelais que le maire ne respectait pas ses prévisions et qu'il avait dit qu'après 2010 nous aurions rattrapé notre retard et que les emprunts, ce  serait terminé.

J'ai réussi à mettre la main sur la vidéo de cette séance du budget 2008.

Il y aura probablement d'autres blogs qui suivront pour vous montrez les estimations farfelues de Richard Goulet dans les budgets 2008 et 2009.  Mais pour l'instant, je vous mets en contexte pour les extraits suivants.  Nous sommes en décembre 2007, le seul emprunt que nous avons fait, c'est celui pour l'achat des terres Miner (8 M $) et Richard Goulet s'apprête à nous présenter son programme de «rattrapage» en utilisant des emprunts.

Avec le budget, la loi québecoise oblige le conseil à présenter aussi une prévision des dépenses en immobilisations pour les trois années suivantes − soit 2008, 2009 et 2010 − afin que les citoyens sachent où le conseil s'en va (Programme Triennal d'Immobilisation ou PTI).

Je vous résume les travaux majeurs qui, en décembre 2007, étaient prévu:

2008:
  • réfection du pont Mountain
  • parc Terry-Fox (terrains de soccer)
  • parc Jean-Yves-Phaneuf (terrain de soccer synthétique et jeux d'eau)
2009:
  • réfection de l'aréna
  • réfection du pont Robinson
  • agrandissement de la caserne de pompiers
2010:
  • bibliothèque
  • construction d'une piscine extérieure
  • réfection des ponts Simonds et Ostiguy
Pour faire ces travaux (et d'autres), on prévoyait emprunter 36 M $ sur 3 ans, soit 15,4 M $ en 2008, 14,3 M $ en 2009 et un petit 6,4 M $ en 2010.

Naturellement, tout ce qui était prévu pour 2008 a été réalisé.  L'aréna a été réalisé en 2010 et l'agrandissement de la caserne de pompiers se terminera cette année.  Tout le reste, ça n'a jamais été fait.

Dans le but de vendre son projet d'endettement, Richard Goulet nous dira qu'«il y a 3 années qu'on veut emprunter et après ça, c'est fini ... pour un bout de temps»:


Mais Richard Goulet − afin de nous rassurer encore plus − nous préviendra que si les travaux prévus ne se réalisent pas, «le montant de l'emprunt sera très différent, va même être à la baisse énormément»:


À la fin de la présentation de ce PTI, il y avait une période de questions.  Alors que Richard Goulet semblait dire que tout ça ne coûterait rien à la population, un citoyen alla à la tribune du citoyen afin de remettre les pendules à l'heure, s'assurant que Richard Goulet avoue qu'il y avait un coût à tous ces travaux; ce qu'il réussit à faire.  Après être retourné à sa place, il continua sa discussion avec le maire et lui demanda «On prend une dette d'environ 30 M $ sur 15 ans ?»  Malheureusement, on n'entend pas de réponse à cette question car M. Mailhot coupera la parole à Richard Goulet, mais on voit bien que ce monsieur avait compris la même chose que nous tous:  une dette de 36 M $ emprunté sur 3 ans et qu'on remboursera sur 15 ans.


Évidemement, rien de tout ça ne s'est produit.  Malgré le fait que la moitié de ces travaux n'ont pas été effectués, non seulement les emprunts n'ont pas diminué, mais ils ont même augmenté.  Non seulement la dette n'a pas stoppé à 36 M $ mais elle est déjà à 80 M $ et on prévoit qu'elle atteindra 107 M $ en 2013.  Et ceci n'inclut pas la bibliothèque ou même une nouvelle piscine extérieure.  Pire encore, alors qu'on prévoyait diminuer l'emprunt annuel à 6,4 M $ en 2010, en réalité il augmentera à 20 M $ en 2012.

Si, en 2007, Richard Goulet nous disait que 36 M $ d'emprunts suffisaient à «rattraper» le retard des années précédentes, c'est donc que depuis belle lurette nous sommes en train de «prendre de l'avance» avec les emprunts.  C'est soit ça ou Richard Goulet n'a pas les qualités requises pour évaluer les besoins des granbyens et de la valeur des travaux à effectuer.

Dans tous les cas, vous ne devriez pas laisser cet homme dépenser votre argent de la sorte.

Signez le registre contre l'endettement de 20 M $.
Conséquences de signer un registre

dimanche 8 janvier 2012

Une «bonne» dette

Il existe de «bonnes» dettes.  Vous vous dites que jamais vous n'auriez pu acheter votre maison si vous n'aviez pas emprunté. Vous avez démarré votre entreprise avec un emprunt et aujourd'hui elle est prospère.   Pourquoi est-ce qu'une municipalité ne devrait pas s'endetter?  Donnons d'abord quelques définitions.

Comment détermine-t-on le montant qu'on peut emprunter?

Il existe deux notions importantes lorsque vient le temps de déterminer un endettement «raisonnable»:  La garantie et la capacité de remboursement.

Garantie

Lorsque quelqu'un veut prêter de l'argent à une autre personne, elle veut s'assurer que si la personne fait défaut de paiement, elle aura suffisamment d'actif pour le rembourser.  C'est ce qu'on appelle une garantie.  Si ce que l'on veut acheter avec l'emprunt est, disons, une maison, c'est très positif pour le prêteur puisque la maison servira de garantie pour le prêt.  Si l'emprunt est pour un voyage ou une opération chirugicale, alors le prêteur exigera probablement que vous mettiez un autre objet en garantie.

Par contre, la garantie ne détermine pas le montant que vous pouvez emprunter.  En effet, allez voir votre banquier et dites-lui que vous voulez emprunter pour acheter la place Ville-Marie, tout en lui disant que le bâtiment servira de garantie et il est évident que vous n'obtiendrez pas l'emprunt.  Pourquoi?  Parce que vous n'avez pas la capacité de faire les paiements.

Capacité de remboursement

Ce qui détermine le montant maximal que vous pouvez emprunter n'est pas ce que vous possédez mais les revenus que vous avez.  C'est bien beau d'avoir une garantie, mais le prêteur n'est pas intéressé à reprendre vos biens et être pris pour les revendre (peut-être à perte) car il n'est pas un acheteur-vendeur.  Sa spécialité, ce qu'il connaît, ce sont les prêts et il veut faire des bénifices en amassant des intérêts.  C'est pourquoi il analyse vos revenus et tente de déterminer votre capacité de remboursement − capital et intérêts.

Vous avez peut-être remarqué que les banques sont prêtes à prêter des montants plus élevés qu'auparavant.  La raison est fort simple:  Puisque les taux d'intérêt ont diminué, il y a moins d'intérêts à rembourser et, par conséquent, pour une même capacité de remboursement, vous pouvez rembourser plus de capital, donc un plus gros emprunt.  Par exemple, si on détermine que vous pouvez rembourser 1000 $ par mois, pour le prêteur ça n'a pas d'importance si c'est 900$ de capital plus 100$ d'intérêts ou 700$ de capital plus 300$ d'intérêts − votre maximum ce sera toujours 1000$ par mois.  Naturellement, plus la part d'intérêts sera importante, plus le prêteur aimera ça.  Avec des taux d'intérêts bas, vous devriez normalement rembourser plus rapidement avec une même capacité de remboursement;  le prêteur préfèrera vous prêter plus d'argent afin d'aller chercher un maximum d'intérêts.

Une municipalité

Pour une municipalité, quelles sont les garanties et la capacité de remboursement?

Même si je considère l'actif d'une ville comme étant peu important pour déterminer sa capacité d'emprunt, je veux en parler un peu car ça revient souvent sur le sujet.  Plusieurs présentent la richesse foncière uniformisée (RFU) comme étant l'actif d'une ville.  C'est faux.  Bien que ce chiffre est utile pour faire des comparaisons entre les différentes municipalités, ça ne représente pas l'actif d'une ville.  La RFU représente la valeur de tous les immeubles d'une ville.  Mais lorsque la ville emprunte, votre maison n'est pas hypothèquée, c'est-à-dire que si la ville ne paie pas, personne ne saisira votre maison.  Alors dire que la dette d'une ville qui représente 2,5% de la RFU, c'est l'équivalent d'une hypothèque de 5 000 $ sur une maison de 200 000 $, c'est de la malhonnêteté intellectuelle.  En fait, il faudrait utiliser le véritable actif d'une ville, par exemple, la mairie, le garage municipale, les parcs, etc.  Encore là, il y a des actifs qui n'ont pas une grande valeur marchande, comme les rues par exemple.  Mais, bref, tout ça n'a pas vraiment d'importance, puisqu'on a déjà défini que ce qui est importe vraiment pour déterminer l'endettement maximal, c'est la capacité de de remboursement et ça, ça dépend des revenus.

Les revenus d'une ville sont directement relié à la RFU.  Plus une ville vaut chère − soit parce qu'il y a beaucoup d'immeubles, soit parce que les immeubles ont une grande valeur − plus elle a de revenus.  Après tout, c'est la façon dont vous payez vos taxes municipales:  Basé sur la valeur de votre immeuble.  Si les revenus d'une ville est basée sur la RFU, alors la capacité de remboursement est aussi, indirectement, basée sur la RFU.  Voilà pourquoi on peut dire que si une ville à une dette supérieure à 4%-5% de la RFU, elle est surendettée.  C'est lié à sa capacité de remboursement.

Avoir une capacité de remboursement ne veut pas dire qu'on doit emprunter

Comparer la dette d'une Ville avec une hypothèque

Il est temps maintenant de parler de la comparaison populaire suivante:  «Si je n'aurais pas emprunté, je n'aurais jamais pu acheter une maison.»  À partir de là, plusieurs personnes justifient l'endettement d'une municipalité.  Comparons les deux cas.

Imaginons qu'une famille possède un revenu de 85 000 $.  Il est normal qu'une telle famille s'achète une maison de, disons, 300 000 $.  Dans tous les cas, l'achat se fera par emprunt, le contraire étant pratiquement inconcevable sans une autre source de revenu (héritage, loterie, etc.).

En ce qui concerne le budget 2012 de la Ville de Granby, les revenus seront de 85 M $, soit 1000 fois plus que les revenus de notre famille.  Donc, une dépense équivalente à la maison de notre famille devrait être aussi 1000 fois plus grande pour que la comparaison soit honnête, donc 300 M $.  Or, il n'y a aucune dépense d'une ville de la taille de Granby qui atteint un tel montant.  Dans les dernières années, je crois que la dépense la plus grande a été la rénovation de la caserne de pompiers au coût de 7,5 M $.  Même des dépenses comme le pont Mountain ou l'aréna ne coûtent que 5 ou 6 M $ à la Ville de Granby.  Notez qu'on parle ici de dépenses qui reviennent aux 20, 30 ou 50 ans.  C'est donc dire qu'une «grosse dépense» pour la Ville de Granby est l'équivalent de 7 500 $ pour notre famille avec un revenu de 85 000 $.  C'est loin d'être une dépense impossible à payer comptant.

De plus, une ville comme Granby doit mettre au moins 10 M $ par année dans ses infrastructures de rues, alors emprunter pour le faire devient ridicule puisque ça revient chaque année, mieux vaut le prévoir dans le budget annuel.

En fait, une ville de la taille de Granby est considérée comme étant surendettée si elle à une dette supérieure à 250 M $ (environ 5% de la RFU).  Alors à 300 M $, il est certain que le ministère des affaires municipales aurait refusé d'autoriser les emprunts il y a belle lurette.

Le problème avec la comparaison de l'achat d'une maison pour une famille, c'est qu'on ne peut pas acheter un «dixième» de maison pendant dix ans jusqu'à ce qu'on obtienne une maison «complète».  Mais un tel achat n'existe pas au niveau d'une municipalité.  On l'a démontré, la plus grosse dépense d'une municipalité pour faire un projet complet est environ 50 fois plus petite que l'équivalent d'une maison pour notre famille.  Il est donc très facile de répartir ces dépenses sur plusieurs années.

Comparer la dette d'une ville avec l'emprunt d'une entreprise

Un autre exemple souvent mentionné pour valider l'endettement d'une Ville est celui où un entrepreneur fait un emprunt qui lui permet d'augmenter ses revenus.  Par exemple, un livreur de pain emprunte pour s'acheter un plus gros camion, ce qui lui permet de faire plus de livraisons et de lui donner un meilleure visibilité.  Ainsi son revenu augmente et compense amplement le coût des intérêts sur l'emprunt.  On utilise ce genre d'exemple particulièrement lorsqu'une ville veut faire un emprunt «payant», avec des retombés économiques.

J''introduis ici la notion de risque.  Dans l'exemple ci-haut, ce qui n'est pas dit, c'est que d'avoir un plus gros camion ne veut pas nécessairement dire plus de revenus.  Au Canada, 15% des entreprises qui font leur apparition sur le marché ne survivent pas plus d'une année, 30% ne vivront pas plus de deux ans et seulement 51% réussissent à dépasser le cap des cinq ans. (source)  Près de la moitié des faillites au Canada sont principalement attribuables à des lacunes de l’entreprise plutôt qu’à des problèmes qui échappent à son contrôle.  Ces entreprises n’ont pas acquis les compétences de base essentielles à leur survie. Les lacunes en matière de gestion ainsi que le manque de débouchés pour leur produit ont causé leur perte.  La faillite découle principalement de l’inexpérience des gestionnaires. Ces derniers n’ont ni l’expérience, ni connaissances, ni la vision nécessaires pour diriger leur entreprise. Même lorsque l’entreprise avance en âge et que les gestionnaires deviennent plus expérimentés, le manque de connaissances et l’absence de vision demeurent des lacunes cruciales qui sont à l’origine de la faillite. (source)

La différence entre une municipalité et une entreprise, c'est qu'on n'a pas le choix de payer nos taxes, mais on peut choisir d'investir dans une entreprise ou non.  Un autre facteur important est que n'importe qui peut devenir «gérant» d'une ville; il n'y pas de compétences requises pour se présenter aux élections.

Je suis toujours étonné de voir les gens ne pas se soucier des projets que les élus font avec leur argent, alors que tous ce que les élus ont à dire c'est «Je suis sûr que ça va marcher» et que si le projet ne fonctionne pas, les élus n'ont rien à perdre personnellement (hormis les prochaines élections).  Jamais quelqu'un n'investirait dans une entreprise privée avec de telles conditions.

Naturellement, on ne peut pas éliminer la notion de risque.  Mais sachant le peu d'exigence qu'on a envers les élus, je considère que le fait de choisir la bonne méthode de faire les rues ou de choisir si investir dans un terrain de soccer rendra plus de service à la population que d'investir dans un terrain de baseball sont des risques suffisamment élevés.

Si un maire veut en faire plus pour sa ville et qu'il est compétent pour le faire, il peut toujours le faire en parallèle comme c'est le cas à St-Joachim-de-Shefford.  Là-bas, on a créé des coopératives («Pays de la poire», «Au coeur du village») pour des projets de revitalisation du village.  Dans ces cas, seul les personnes intéressées y participent (et ils en auront les profits s'il y a lieu) et les gestionnaires de ces coopératives sont beaucoup plus redevables que les élus municipaux pourraient l'être.

Si un maire est incapable de convaincre suffisament de monde pour qu'ils participent à une coopérative pour un projet particulier comme la revitalisation d'un centre-ville, comment peut-il avoir l'autorité de «forcer» toute une population à le suivre?

Remboursement de la dette

Un autre point à noter concernant les derniers exemples:  Que ce soit pour une maison ou un entreprise, les dettes finissent toujours par être remboursées.  C'est après avoir remboursé la dette qu'on peut évaluer si l'investissement en valait le coût.

Par contre, lorsqu'on parle de l'endettement d'une ville, on ne parle jamais de remboursement.  Chaque fois qu'on fait un paiement pour le remboursement, on se dépêche de réemprunter le montant et même, trop souvent, un montant plus élevé.

Si on prendrait le temps de rembourser chaque emprunt avant de passer au suivant, on verrait que ce n'est pas si payant que ça.  En augmentant constamment la dette, on ne fait que s'habituer à payer des intérêts, jusqu'à croire que c'est une dépense «normale» de tout bon budget.

Payer le pont Champlain comptant?

Ceci me rappelle un autre exemple qu'on m'a déjà servi:  «Denny, tu ne peux me dire que tu voudrais payer le pont Champlain comptant, ça coûte 2 milliards $!  Tu ne peux pas être contre les emprunts dans un tel cas?  On doit répartir les coûts sur plusieurs générations.»

Encore une fois, tout ceci est une question de relativiser les montants.  Chaque année, au Québec seulement, nous payons 7 milliards $ pour les intérêts sur la dette.  Deux choix:

1. On considère que 7 milliards $ par année c'est peu d'argent et, donc, 2 milliards $ ne réprésente pas un gros montant à payer dans un budget annuel;
2. On considère que 2 milliards $ par année c'est beaucoup d'argent et, par conséquent, la dette est beaucoup trop grosse puisqu'elle nous coûte 7 milliards $ d'intérêts qui nous rapportent absolument rien.

Peu importe ce que l'on pense, ce genre de montant n'est qu'une portion de ce qu'on l'on paye chaque année et on réussi à le trouver, c'est donc qu'il est possible de le payer aisément en une seule année (contrairement à l'achat d'une maison pour un particulier, par exemple).  Tout est une question de choix.  Et en ce moment nos élus font les mauvais choix.